Construire des logements pour anticiper les besoins de la métropole
Forte de ses compétences « historiques » en matière d’urbanisme et d’habitat, la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) a pris à bras le corps la question du logement, qu’elle place au cœur du développement harmonieux de la métropole bordelaise.
Le constat est souligné depuis déjà plusieurs années par de nombreux rapports : l’état du logement se dégrade, il devient le premier poste de dépense des ménages.
Le renchérissement du foncier, les décohabitations des couples, la hausse du chômage et des précarités modifient en profondeur les équilibres socio-économiques traditionnels du logement un peu partout en France, en milieu rural comme en ville. Un sentiment de déclassement social se fait plus lourdement ressentir, et il passe essentiellement par une perception dégradée de l’état de mal logement. Les demandes sont fortes en logement abordable, souvent de taille plus modeste pour s’adapter à une taille réduite des ménages, des logements fonctionnels, économes en énergie et proches des axes de transport collectif.
Le défi est immense pour une collectivité comme la CUB d’autant plus que le gouvernement persiste à mener une politique socialement injuste, réduit les autorisations et les financements du logement social mais maintien des avantages fiscaux qui encouragent la spéculation sur le prix du foncier et l’augmentation des loyers ou encore ponctionne les organismes sociaux locaux pour masquer le déficit budgétaire abyssal qu’il a lui-même créé.
Dans ce contexte et pour répondre aux besoins de ses habitants, la CUB a fait le choix du volontarisme et de l’inventivité. En 2010, elle s’engage en faveur du logement durable des communautés marginalisées qui vivent en squat en demandant le soutien de l’Etat pour mettre autour de la table tous les partenaires concernés en faveur de la création d’une Maîtrise d’œuvre urbaine et sociale et, parallèlement, recense les terrains qu’elle peut mettre à disposition des familles qui s’inscrivent dans un parcours d’intégration. Dans le sillage de l’appel à projet international « 50.000 logements autour des axes de transport collectif » lancé en avril 2010, elle affiche son ambition de faire passer de 5000 à 9000 par an, le nombre de logements construits sur l’agglomération afin de répondre de manière anticipée et satisfaisante à l’attractivité constatée de la « métropole millionnaire » qui se profile à l’horizon 2030.
Quinze sites pilotes sont aujourd’hui retenus pour lancer des opérations exemplaires devant combiner mixité sociale et fonctionnelle pour que des ménages, jeunes notamment, puissent enfin faire le choix de la ville et du développement durable tant par la qualité du bâti que par une localisation offrant des alternatives à la voiture. Au-delà, c’est une volonté forte de mise en cohérence des politiques de la CUB qui s’est manifestée. Dans le domaine du logement, cela s’est traduit, lors de la mise en révision du Plan local d’Urbanisme rebaptisé pour l’occasion PLU 3.1, par une intégration du Plan des Déplacements urbains et du Plan Local de l’Habitat révisés. Au-delà, la question de l’habiter en ville, en lien avec les travaux de l’A’Urba et les réflexion d’experts locaux, nationaux ou internationaux comme celles de nos voisins de Bilbao ou du groupe de recherche de l’INTA, a, tout au long de l’année 2010 et 2011, enrichi les débats du projet métropolitain que nous avons souhaité le plus ouvert possible aux regards citoyens des habitants de l’agglo.
Cette mise en cohérence s’est assortie d’une mise en application concrète et concertée à travers une responsabilisation globale de tous les acteurs du logement autour de la question de l’habitat, la CUB agissant ici encore en coordinateur et en meneur de jeu. C’est ainsi que nous avons lancé une démarche systématique de contractualisation avec les acteurs du logement : bailleurs sociaux, promoteurs, Caisse des Dépôts et Consignations, partenariat avec les notaires, mise en place d’une Charte d’urbanisme commercial… tout cela en vue de maîtriser les ressources foncières, et donc, en bout de chaîne, les loyers.
Et demain, nous souhaitons aller encore plus loin à travers la création d’une Société Publique Locale d’Aménagement qui pourrait être, pour notre établissement public, un outil efficace pour nous permettre de bâtir une nouvelle manière de faire la ville, au bénéfice des habitants de l’agglomération bordelaise d’aujourd’hui comme de demain.
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