« Nous récoltons les fruits du projet voulu par les maires »
Crédit photo Julien Thomazeau ® Immobilier Mode d'Emploi : On observe l’éclosion de nombreux projets sur des communes de l’agglomération de Montpellier. A quoi correspond ce phénomène ?
Thierry Laget : Les projets qui s’installent sur des communes de l’agglomération sont issus d’un basculement opéré en plusieurs phases. C’est déjà le résultat du SCOT, approuvé en 2006, un schéma de cohérence territoriale où l’ensemble des maires de l’agglomération ont redéfini les fonctions de ce territoire, sur la base d’un projet d’aménagement qui passe par des objectifs quantifiés, par la localisation de secteurs de projets. Nous sommes actuellement dans une seconde phase de construction d’urbanisme d’agglomération avec une phase de réalisation, la première ayant été la définition du projet. Nous récoltons les fruits de ce projet décidé et voulu par les maires. La communauté d’agglomération a ainsi lancé une vingtaine d’études urbaines avec des projets de nature dense, le plus important concernant celui de la Route de la Mer, qui a bénéficié du label EcoCité. Les grands projets sont desservis par les transports collectifs et l’on voit se développer des projets dans l’agglomération qui obéissent à une meilleure maîtrise par les collectivités. A la démarche urbaine poussée s’ajoute une programmation définie avec un niveau de densité urbaine. C’est la Route de la Mer mais aussi Sablassou, le Gérontopôle, la gare de Baillargues, des axes structurants autour desquels on urbanise. L’objectif est de favoriser la desserte par les transports collectifs tout en réalisant les objectifs du PLH. L’étage supplémentaire de ce dispositif est la SAAM, une SPLA que vont intégrer 12 communes et qui a été créée par l’agglomération. Aux côtés de la SERM, elle a la capacité d’aider les communes dans le montage de ces projets.
Immobilier Mode d'Emploi : C’est une façon de susciter la croissance démographique ?
Thierry Laget : Il n’est pas possible d’arrêter la croissance démographique. Nous pouvons juste la maîtriser mais l’idée n’est pas d’attirer plus de monde. L’impératif est que ces projets urbains qui accueillent cette population ne consomment pas trop d’espace et soit plus respectueux du territoire de l’agglomération qu’il ne l’était il y a quelques années. Le développement démographique est en réalité plus faible que les hypothèses de croissance. Parmi les projets, on peut citer celui de Saint Georges d’Orques qui va voir une extension de son centre ville sur 6 ha, au Sud de la commune, pour la réalisation, sous deux ans, de logements et de commerces. C’est le cas de Baillargues, c’est celui de Lattes, au Nord de Boirargues, celui de Saint jean de Vedas avec la Zac Roque Fraisse, mais aussi Saint-Brès, Prades…Il ne faut pas oublier Montpellier avec le projet de la Zac Saint-Roch, la Zac Rive Gauche, la Zac République, la partie Sud de Parc Marianne. A l’Ouest de Montpellier, nous allons atteindre la fin de la Zac des Grisettes, de celle d’Ovalie et voir le développement du projet de la Restanque ainsi que le projet de renouvellement urbain sur 120 ha, sans oublier le lancement de la 3ème ligne de tramway. Il faut ajouter le projet sur les terrains de l’EAI ainsi que l’extension de Malbosc avec la Zac des Coteaux.
Immobilier Mode d'Emploi : Comment analysez-vous le marché du logement neuf ?
Thierry Laget : Nous avons joué un rôle de régulateur du marché. Sous l’effet du dispositif Scellier, nous avons essayé de tempérer une offre que certains promoteurs souhaitaient voir être accentuée. Or, les faits ont démontré que l’offre était assez abondante. Au premier semestre, l’agglomération de Montpellier s’est bien tenue par rapport au marché du logement neuf au niveau national. Cette régulation a donc joué dans le bon sens, avec de bons rythmes de commercialisation. Au cours du semestre à venir, avec la fin du dispositif Scellier, les acquéreurs vont essayer d’optimiser leur avantage fiscal. Quant à l’année prochaine, nous sommes dans l’attentisme mais nous sommes engagés dans une logique de bonne adaptation entre l’offre et la demande de produits immobiliers, bien implantés, c’est-à-dire desservis par le tram, à des prix maîtrisés.
Immobilier Mode d'Emploi : Les projets menés hors Montpellier ont-ils une spécificité par rapport à la ville centre ?
Thierry Laget : Nous appliquons hors Montpellier des règles spécifiques et il est hors de question de reproduire Montpellier sur le reste de l’agglomération ! Le type de projet de logements obéit à des exigences adaptées à l’environnement, par exemple de la proximité de centres de village. L’offre est adaptée et avec cette exigence, elle devient attractive. Cette exigence de projet se justifie car nous travaillons, en relation avec les promoteurs, toujours avec un différé de 18 mois à deux ans. Quant aux logements intermédiaires que nous avions annoncés, nous essayons de les lancer à travers nos dernières consultations sur Ovalie et Consuls de Mer. Cette catégorie de logements à 3 000 €/m2 basés sur le PTZ+ nécessitent un montage spécifique. Enfin, la communauté d’agglomération réfléchit actuellement, dans le cadre du PLH, au montage d’une formule d’accession abordable.
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