Paroles

Philippe Ribouet

Jeudi 10 mars 2011

« En matière de logements, le littoral est un marché d’offre »

 

Philippe Ribouet,
Président de la Fédération des Promoteurs Constructeurs du Languedoc-Roussillon

 

Immobilier Mode d’Emploi : Quel bilan dresser de l’activité de la promotion en 2010 ?

Philippe Ribouet : Le département de l’Hérault a enregistré 4 700 ventes en 2010 contre 4 400 en 2009 et la seule aire de Montpellier a réalisé 3 200 ventes. La loi Scellier, et la perspective du couperet entre logement BBC et non BBC, a clairement produit son effet par une progression des ventes au dernier trimestre. L’écart a été de 300 ventes entre les 3èmes et 4èmes trimestres et l’année 2010 est une année record, même sur Sète et Béziers. Il faut remonter à 2007 pour observer une telle activité.
La preuve que la demande est toujours présente, c’est l’état de l’offre disponible qui n’est que de trois à quatre mois. Et la pression de la demande est d’autant plus forte que l’offre est faible ! Or, il n’est pas possible de disposer d’un marché stable si l’on ne possède pas entre huit et dix mois d’offre de logements.

Immobilier Mode d’Emploi : Qu’attendez-vous du nouveau dispositif  Prêt à taux zéro ?

Philippe Ribouet :
Le PTZ universel est plus favorable que le précédent, dans la mesure où il concerne une population désormais plus importante et où il permet de disposer jusqu’à 35 % du montant d’un bien en B1 et 30 % en B2. Il reste bien évidemment 65 % à financer sur un prêt complémentaire et nous souhaitons que les taux d’intérêts ne remontent pas de façon excessive. En effet, un  point d’augmentation aurait pour effet de désolvabiliser deux millions de ménages dans le cadre de l’accession à la propriété. Ce ne serait pas un signe positif sur la sortie de crise et dans une région comme la nôtre, où l’on observe une déconnexion du prix entre les ménages et le marché, il est légitime de s’interroger sur le réel impact de l’effet PTZ. En secteur B1, pour être capable de financer un ménage en primo-accession, le prix ne devrait pas dépasser les 3 300 E/m2, ce qui constitue une part faible de l’offre. Et la seule façon de trouver une offre correspondante à ce niveau de prix, c’est d’en proposer plus sur le marché. Il convient donc de libérer du foncier en masse, sans quoi les objectifs du PLH, sur Montpellier, ne seront pas atteints. C’est l’effet Scellier qui permet, pour l’instant, de répondre aux besoins  car il s’agit d’un système lisible pour tous. Ceci dit, il n’existe pas de logements investisseur : nous construisons avant tout des logements pour qu’ils soient habités !

Immobilier Mode d’Emploi : Dans ce contexte, a quoi ressemblera l’année 2011 ?

Philippe Ribouet : Les promoteurs qui proposeront des opérations ne connaîtront aucune difficulté cette année. Le seul bémol vient de l’évolution des taux d’intérêt avec une crainte d’un effet ciseau car, en matière d’investissement locatif, nous arrivons à la partie haute des prix. C’est un élément à prendre en compte alors que nous n’assisterons pas à une hausse des loyers sur l’aire de Montpellier, loyers déjà installés à un très bon niveau. Quant au PTZ universel, je ne suis pas particulièrement pessimiste sur son impact mais, là encore, il faudra observer la façon dont progressent les taux d’intérêts.

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