Paroles

Philippe Ribouet, Président de la FPI Languedoc-Roussillon

Mardi 18 octobre 2011

 « La règle de l’emplacement reste essentielle »

Immobilier Mode d'Emploi : Quel va être l’impact de l’effet d’aubaine du dispositif Scellier à 22 % ?

Philippe Ribouet : Tout d’abord, il faut comprendre que ce n’est pas toute l’offre de logements neufs qui est actable pour la fin d’année. Il est cependant évident que nous assistons à un réflexe traditionnel, à un effet d’accélération pour des acquisitions qui devront passer devant notaire avant le 31 décembre. Ce phénomène est à tel point sensible que ces dernières semaines (en septembre ndlr), je n’ai pas, à titre personnel, enregistré de ventes en résidence principale. Après, il appartient à l’investisseur de réaliser des simulations et d’opter, de façon déclarative, entre le Scellier libre ou intermédiaire. Pour autant, cet effet d’aubaine ne rattrapera pas la baisse d’activité enregistrée depuis ce début d’année.

Immobilier Mode d'Emploi : Etes-vous inquiet pour 2012 ?

Philippe Ribouet : Le dispositif Scellier va être raboté de façon sensible et cela aura un effet sur les ventes de l’année prochaine. C’est donc une préoccupation et nous serons très attentifs à l’évolution de cette disposition. De plus, la taxation des plus-values risque de gripper le marché de l’ancien, dans la mesure où ceux qui auront besoin de vendre une résidence secondaire pour investir ne le feront plus. Nous affichons une offre théorique importante mais n’oublions qu’en fonction des niveaux de commercialisation des opérations, nous risquons d’assister à certains retraits sur le marché. C’est alors cette offre réelle qui pourra avoir un impact possible sur le niveau des ventes en 2012.

Immobilier Mode d'Emploi : Que pensez-vous de la multiplication des projets d’aménagement sur le territoire de la communauté d’agglomération ?

Philippe Ribouet : Territorialement, c’est une bonne chose que d’assister au lancement de tels projets, mais les prix affichés vont définir l’opportunité - ou pas - de cette offre.  Les prix ne peuvent être pas identiques à Montpellier, Juvignac, Saint-Jean-de-Védas ou Pignan, ne fut-ce qu’en fonction du niveau d’équipement des communes. Il en va de même pour la question de la primo-accession. Il n’y a aucune raison que les prix soient identiques sur toutes les Zac montpelliéraines. La règle de l’emplacement reste la même et il ne faut pas y déroger. Il n’y a rien d’anormal à payer moins cher un premier logement en accession situé dans un quartier périphérique qu’un autre situé à proximité du centre. Diversifier géographiquement l’offre est donc une très bonne chose mais les prix doivent également suivre cette diversité. Il s’agit de simple bon sens !

 

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