Paroles

Nous devons créer une offre de grands logements familiaux

Vendredi 31 mars 2017
À une semaine de l'ouverture du Salon du Logement Neuf de Bordeaux, rencontre avec Alain Ferrasse, président de la FPI Aquitaine - Poitou Charentes.

Parole d'expert : Alain Ferrasse, Président de la FPI Aquitaine Poitou-Charentes

Comment peut-on résumer l’année 2016 en matière de logement neuf ?

Alain Ferrasse : En matière de réservations, on peut qualifier l’année 2016 de boom extraordinaire sur Bordeaux Métropole, en étendant même cette aire au bassin d’Arcachon. Le terme n’est pas galvaudé puisque en l’espace d’un an, les ventes ont progressé de 41 %, nous ramenant à un niveau d‘avant la crise. Je tiens à souligner que l’offre de logements neufs monte en puissance dans le secteur diffus grâce à une augmentation du nombre d’opérateurs, tous pertinents. Et même si l’offre du secteur aménagé se tasse, la FPI a effectué un bon travail en demandant aux communes d’être plus fluides en matière de dépôts de permis de construire.
Pour autant, l’offre s’essouffle avec moins de six mois de stock au rythme actuel, le niveau le plus faible depuis 2012. L’année va cependant voir de nombreux lancements sur les secteurs aménagés, comme Euratlantique, Brazza, Niel et le secteur diffus va rester actif, à Villenave d’Ornon, Bègles ou encore Mérignac. Enfin, nous attirons l’attention sur la flambée des prix du foncier sur le territoire de Bordeaux Métropole et il importe que l’on retrouve une certaine raison car, déjà, en l’espace d’un an, les prix ont progressé de 2,3 % et les nouveaux prix de sortie risquent de s’afficher au-delà des 4000 €/m2. Ceci étant dit, 2017 bénéficie de l’élan des permis de construire déposés et le marché va continuer de progresser.

La FPI régionale vient de remettre un Livre Blanc à Alain Juppé autour de l’offre de grands logements sur la métropole bordelaise. Pourquoi ?

Alain Ferrasse : La FPI régionale contribue par les réalisations de ses membres à l’attractivité économique de notre agglomération, mais nous sommes conscients de ne pas produire un nombre suffisant de grands logements familiaux au regard de l’attrait de ce territoire.
Nous travaillons aux côtés des aménageurs de l’agglomération à baisser les prix, mais cela ne suffira pas. Il nous semble que ces grands logements pourraient intéresser les investisseurs privés à condition de faire évoluer les dispositifs de défiscalisation en portant leur plafond de 300 000 à 400 000 €. Pour ne pas modifier les dotations de l’Etat, en contrepartie, il suffirait de baisser d‘autant le taux de défiscalisation.
La FPI étant force de proposition, nous avons demandé à trois architectes de réfléchir sur la configuration de grands logements à la fois pour le confort des locataires et en vue de leur transformation à l’issue de la période de location. L’enjeu est de taille : celui d’amener les familles à Bordeaux et sur sa métropole !

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