Paroles

Marc Pigeon

Mardi 8 mars 2011

« Le PTZ+ est d’une grande simplicité! »

 

Marc Pigeon,
Président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI)

 

Immobilier Mode d’Emploi : Quels sont les éléments à retenir de l’activité de la promotion en 2010 ?
 
Marc Pigeon : Les ventes de l’année 2010, constatées à partir de l’échantillon de notre observatoire, affichent une hausse de 13% par rapport à la même période de 2009, ce qui nous permet d’estimer pour l’ensemble du territoire le niveau des ventes à 117 000 logements pour 2010. C’est un progrès par rapport aux années de crise mais c’est encore insuffisant au regard des besoins. Les ventes sont toujours portées par le dispositif Scellier en faveur des investissements locatifs neufs et ils représentent 63% des ventes en 2010. Quant à l’accession à la propriété, elle demeure faible, malgré un puissant dispositif d’aide (doublement du prêt à taux zéro et Pass Foncier en 2010). Les ventes en accession ne représentent que 37% des ventes dont 42% ont été réalisées en TVA à 5,5% (11 327 ventes en 2010 contre 8461 en 2009). L’accession à la propriété classique (en TVA à 19,6%) est, de fait, marginale (15 473 ventes en 2010 contre 17 282 ventes en 2009.

Immobilier Mode d’Emploi : Qu’attendez-vous du dispositif PTZ + ?
 
Marc Pigeon : La profession compte donc sur la capacité du dispositif PTZ+ à développer l’accession à la propriété des catégories intermédiaires. L’optimisation du prêt est liée à des surfaces plus réduites, comme le 3-pièces de 60 m2 ou le 4-pièces de 70 m2, surfaces auxquelles on n’est pas habitué en Province. Le PTZ + est un progrès significatif au regard de l’ancienne formule du PTZ et il est bien moins compliqué que le Pass-Foncier. L’idée est de favoriser l’accession dans les villes, compte tenu de taux d’intérêts favorables. Il est en outre d’une grande simplicité et l’acquéreur potentiel n’a qu’à se rendre sur le simulateur du Prêt à taux zéro proposé par le gouvernement (www.ptz-plus.gouv.fr) pour s’en rendre compte. En quelques questions, on en connaît le montant ! Franchement, ça ne peut pas être plus simple !

Immobilier Mode d’Emploi :
Les logements en BBC surenchérissent-ils le prix des logements ?
 
Marc Pigeon : Le surcoût des logements BBC est compris entre 8 et 12 %, ce qui, en termes de prix de vente, correspond à une fourchette comprise entre 3 et 5 %. Il aurait pu être encore plus important si les entreprises du Bâtiment étaient en surchauffe d’activité. Grâce à des conditions d’un marché concurrentiel qui ont été réunies, nous avons ainsi pu, à la fois en tant que promoteurs mais aussi en tant que citoyens attentifs au développement durable, nous engager dans cette voie.

Immobilier Mode d’Emploi : Quelles sont les priorités de la FPI ?
 
Marc Pigeon : Il importe de proposer une offre suffisante au regard du niveau de la demande et ceci passe par la nécessité de dresser un état des lieux des opérations bloquées et d’agir sur les recours abusifs. Par ailleurs, il existe une marche très importante entre le logement social et le logement libre à tel point qu’il manque des marches intermédiaires qui permettraient de faciliter le parcours résidentiel. C’est vrai dans le secteur locatif où il n’y a pas de PLS mais ça l’est aussi dans le domaine de l’accession où l’on peut passer dans une même commune de 2 300 ?/m2 à 3 800 ?/m2 sans offre intermédiaire, empêchant par là de satisfaire les classes moyennes. C’est la raison pour laquelle j’ai créé un think tank  (un laboratoire d’idées ndlr) avec de nombreux acteurs pour essayer d’appréhender une dimension plus intéressante et plus large des problématiques liées à l’habitat.

Immobilier Mode d’Emploi : Comment se profile l’année 2011 ?
 
Marc Pigeon : Il est possible que l’on observe une légère baisse du volume des ventes en Scellier en 2011, mais  l’évolution du dispositif risque d’avoir encore plus d’effets en 2012. En matière de BBC, la demande est réelle et je note une convergence entre les produits des opérateurs et les attentes des investisseurs. Il convient de trouver des points d’équilibre entre les attentes des politiques publiques et celles des investisseurs, en permettant, par exemple, à l’investisseur de se tourner vers du logement social.  Je souhaite enfin que le marché trouve une fluidité et que la production atteigne 135 000 logements privés avec une parité entre investissement locatif et accession qui constituerait un point d’équilibre.

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