Paroles

François Payelle Président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI)

Mardi 24 mars 2015
Parole d'expert de François Payelle Président de la FPI : « La remontée des ventes se confirme »

François Payelle Président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI)

« La remontée des ventes se confirme »

Le redressement significatif des ventes de logement au détail au 4ème trimestre (+ 14,6 %) vous a-t-il surpris ?

François Payelle : Nous avions observé des signes annonciateurs en septembre et en octobre dernier. Nombreux étaient ceux qui voyaient du monde sur les bulles de vente, mais encore fallait-il que ce mouvement se concrétise par des démarches d’acquisition. Pour comprendre ce qui s’est déroulé, il convient de revenir à fin août 2014, lors de l’annonce, par Manuel Valls, des nouvelles mesures en faveur du logement neuf.
Nous étions alors dans un climat défavorable, alimenté par la loi ALUR et se greffant sur une économie peu vaillante. Dès lors que les ajustements indiqués par le Premier ministre ont été confirmés dans la loi de Finances, nous avons assisté à la remontée des ventes, accentuée depuis plusieurs semaines. Cependant, si le 4ème trimestre fait mieux que rattraper les trois premiers de 2014, le secteur ne totalise que 76 580 logements sur l’année. Nous sommes donc encore loin de 100 000 logements, une moyenne au cours des 15 dernières années qui doit être rapidement résolu, une fois de plus, se pose au niveau local.

 

Les investisseurs sont de retour ?

François Payelle : Avec 33 609 logements en 2014, la part des investisseurs progresse de 11,6 % et cette évolution témoigne d’un retour de la confiance pour l’investissement dans la pierre, suite aux annonces du gouvernement et au lancement du dispositif d’investissement Pinel. En proposant plusieurs durées d’amortissement et donc de sortie, le dispositif répond à la critique d’un manque de souplesse constaté jusqu’ici. Ceci permet à des investisseurs de se dégager en cas de besoin. De plus, même si elle n’est pas bouleversante dans l’équilibre du projet, la possibilité de louer à des enfants ou des parents, participe à la sécurisation de l’investissement locatif. Cette progression des investisseurs est un début et nous espérons atteindre le cap des 40 000 en 2015.

Pour les accédants, c’est aussi une nouvelle phase ?

François Payelle : Malgré une baisse de 2,8 % sur l’année, il faut souligner que le 4ème trimestre a vu leur progression de plus de 8 %. Et ce mouvement pourrait se poursuivre, encouragé par l’évolution récente des barèmes d’allocation du prêt PAS. Celui-ci répond aux besoins des primo-accédants, qui disposent de peu d’apport et recherchent des durées de 25 à 30 ans en durée initiale. Le prêt PAS ainsi révisé est adapté et donne droit à l’APL, une aide dont nous démontrerons au cours de l’année toute son utilité dans le processus d’accession.

Assistons-nous au redémarrage du marché du logement ?

François Payelle : Les promoteurs ont retardé les lancements commerciaux pour ne pas gonfler inutilement les stocks et si le niveau des ventes confirme son amélioration, les promoteurs pourront remobiliser leurs capitaux propres sur d’autres projets, notamment dans l’acquisition de foncier.

Dans ce domaine nous attendons beaucoup des annonces faîtes en matière de mobilisation du foncier public. Il est ensuite nécessaire de stabiliser les prix en maîtrisant la croissance des coûts, ce qui est en cours avec les 30 mesures de simplification techniques déjà prises et celles encore en attente. Le grand bémol à la reprise tient à la frilosité d’un nombre croissant de collectivités locales qui estiment avoir trop construit alors qu’au regard de la croissance démographique, elles risquent de générer une pénurie de logements d’ici deux à trois ans et de créer des tensions sur les prix.

Ces derniers mois, trop de projets, pourtant conformes aux règles d’urbanisme, ont été bloqués sans fondement réel, hypothéquant la relance qui se dessine. Les maires bâtisseurs doivent être soutenus et une réflexion doit être menée sur des compétences transférées aux collectivités, comme l’aménagement du territoire ou la production de logements, et que celles-ci n’assument pas toujours.
Cette situation ne doit pas durer, car la rechute pourrait être rapide et les besoins en logements encore moins satisfaits ».
 

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