Paroles

Denis Rey, Directeur d’URO Habitat*

Mercredi 9 octobre 2013
L'accession pour tous est un sujet qui préoccupe particulièrement IME. L'occasion de faire le point avec Denis Rey sur le dispositif très avantageux du PSLA (Location Accession) sur la région du Languedoc-Roussillon ou l'opportunité pour les primo accédants d'acquérir un logement neuf sur Montpellier et l'ensemble de la région LR.

« La priorité : créer un partenariat fort entre les acteurs »

 

Immobilier Mode d'Emploi : Où en est la situation du logement social dans la région de Montpellier ?

 

Denis Rey : La tendance en matière de demande de logements sociaux est toujours la même. Chaque jour qui passe aggrave un peu plus la situation et la croissance démographique ainsi les faibles revenus des ménages n’est pas de nature à nous rendre optimiste. Si le constat est inquiétant au niveau régional, ça l’est encore plus dans le département de l’Hérault et dans la région de Montpellier. J’assimile le paradoxe à celui de l’emploi. La région est l’une de celles qui crée le plus d’emplois, mais c’est aussi l’une de celles qui affiche le plus fort taux de chômage. Il en va de même pour les logements sociaux. La demande est de plus importante et même si l’on construit plus de logements, c’est encore trop peu proportionnellement au rythme de la demande. Nous avons là deux courbes qui ne se rejoindront jamais. Le second point concerne le taux d’occupation des logements sociaux, qui diminue aux alentours de 10 %. Enfin, malgré la hausse de la production tous les ans, la proportion de logements baisse sensiblement, le nombre de constructions privées progresse plus rapidement.

 

IME : Les logements en PSLA sont-ils la solution que tout le monde attend ?

 

Denis Rey : Le nombre de logements en PSLA augmente. C’est vrai et quand on traverse une situation de crise, ce qui est le cas, tout est bon à prendre. Si le PSLA fait partie des logements comptabilisés, ils sont encore insignifiants et ne doivent pas cacher l’essentiel. L’essentiel de la demande ne se situe pas là et rares sont les personnes à pouvoir prétendre être bénéficiaires du PSLA. Restons les pieds sur terre ! Le vrai problème reste la production de logements sociaux pour le plus grand nombre.

 

IME : L’occupation sociale est l’une de vos principales préoccupations. Pourquoi ?

 

Denis Rey : La loi exige que les opérations immobilières soient réalisées dans le respect de la mixité sociale. Cette mixité est menacée par le jeu mécanique de la loi DALO car les familles prioritaires augmentent de façon exponentielle. Une résidence peut être ainsi occupée au minimum par 30 % de public prioritaire. Dans les cinq ans qui viennent, la totalité des logements livrés devraient servir à loger les publics prioritaires, mettant en péril l’équilibre social des résidences. La situation est à ce point critique que des personnes risquent même de refuser l’attribution d’un logement social. De plus, même si le pacte national signé en l’USH et l’Etat confirme le financement du logement social pour 2013 dans la région, l’augmentation – nécessaire - de la production engage des fonds propres plus importants, que les organismes n’ont plus. Si nous atteignons 4 500 logements financés ce sera probablement le maximum et encore, grâce au soutien de la Région, du Conseil général et de l’Agglomération de Montpellier. Malgré tout, l’Agglomération multiplie les initiatives avec les promoteurs à travers la FPI et l’URO HLM. Créer un partenariat fort entre les acteurs, éduquer les communes à une meilleure appréhension du logement social, ce sont les priorités pour produire plus, mieux et autrement.

 

 

 

*Union régionale des organismes de HLM du Languedoc-Roussillon

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