Paroles

Corinne Giacometti: La région investit fortement dans l'habitat

Mercredi 12 juin 2013
Portage foncier, réhabilitation du parc privé, aide sur le PLAI...Les moyens mis en œuvre par le Conseil Régional en matière de logement, sont à la hauteur des enjeux.

Corinne Giacometti, Vice-Présidente du Conseil régional Languedoc-Roussillon, en charge de l'Habitat et du Logement social

 

« La Région investit fortement dans l’habitat »


Quel est l’engagement de la Région en matière de logement ?

Corinne Giacometti : Avec 2% de son budget consacré au logement, la Région Languedoc-Roussillon se place dans le peloton de tête des régions françaises pour le développement du logement social. Sans aucune contrainte légale dans ce domaine, la Région poursuivra en 2013 sa forte implication dans la construction et la rénovation de logements sociaux, en y consacrant plus de 13 M€. Depuis 2010, nous avons contribué au financement de 12 000 logements (20 600 depuis 2004) pour un total de 76 M€. La Région s’est toujours fortement investie en faveur de l’habitat, préoccupation de premier plan pour les ménages aux côtés de l’emploi. En effet, le logement représente le premier poste de dépense des foyers français, qui lui consacrent aujourd’hui en moyenne 22 % de leurs ressources contre 18% en 1984. En 2010, 1,2 million de personnes étaient en France en attente d’un logement social. Ce sont près de 55 000 demandes qui ne sont pas, à ce jour, satisfaites, en Languedoc-Roussillon. Par ailleurs, alors que 2 personnes sur 3 sont éligibles au logement social, l’ensemble du territoire régional est également touché par des prix élevés de l’immobilier et le phénomène sociétal de décohabitation. La crise est clairement là, dans une région marquée par une forte croissance démographique. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, la population de la région Languedoc-Roussillon a progressé en 10 ans de plus de 14% pour atteindre en 2011, 2 611 000 habitants, ce qui correspond à la plus forte croissance à l’échelle nationale. Par conséquent, malgré la production de logements sociaux, la part de ses derniers stagne.


Vous présidez l’établissement public foncier (EPF) Languedoc-Roussillon. Quelle est sa mission ?

Corinne Giacometti : L’EPF du Languedoc-Roussillon est un outil opérationnel à la disposition des élus, qui a pour mission de constituer des réserves foncières pour l'habitat. Il assure, pour le compte des collectivités locales qui le souhaitent, le portage des terrains destinés à la production de logements à condition que 25% soit réservé aux locatifs sociaux. Son action permet de minimiser les coûts financiers, d’anticiper les acquisitions sur des lieux stratégiques et donc de produire davantage de logements. En raison des besoins très importants en matière de logement en Languedoc-Roussillon, nous avons collectivement décidé que la destination des terrains portés par l’EPF sera à 70 % pour des projets d’habitat dont un quart de logement locatif social, à 15% pour le développement économique et à 15% pour la prévention des risques, la préservation de l’environnement et pour l’accompagnement des grandes politiques d’aménagement et de développement du territoire régional. L’établissement public foncier a signé à ce jour 130 conventions opérationnelles pour 146 M€ qui permettront d’envisager à terme la production de 46 000 logements, dont 12 000 à caractère social. Ce n’est pas encore assez et même si la période connaît quelques soucis en matière d’activité de construction, il ne faut rien arrêter ! Nous disons aux collectivités : « Vous avez une volonté d’aménagement et pas de moyens ? Au bout de 5 ans, de 8 ans, vous rachetez les terrains grâce à un prêt sans intérêt ». Pour la collectivité l’intérêt est de pouvoir lancer rapidement ses opérations de logements.

A quoi attribuez-vous certains blocages en matière de production de logements ?

Corinne Giacometti : Le contexte économique explique en partie le ralentissement de la production de logements. Cependant, quand le logement social ne représente que 10,3 % du parc des résidences principales, c’est insuffisant ! Et encore, faut-il distinguer les disparités régionales : ainsi l’Hérault représente 40 % du parc social régional quand les Pyrénées-Orientales en totalisent 14,5 %. Il manque de logements et nous avons beau être l’une des régions les plus créatrices d’emplois, ce n’est hélas pas suffisant au regard de l’apport continuel de population. Il existe également des problèmes plus locaux, comme des difficultés inhérentes aux PPRI. Peut-être faut-il réfléchir autrement pour construire et ne pas s’en servir d’excuse. Ainsi, l’agglomération de Nîmes est loin d’avoir atteint son quota de logements sociaux. Se cacher derrière le PPRI, c’est facile ! Expliquer les différences de volumes de construction par le seul PPRI (de Nîmes ndlr) alors qu’il en existe ailleurs dans la région, c’est faire abstraction d’autres paramètres, comme, par exemple, les prix du foncier. Certains n’ont pas encore de vraie politique du logement. Il convient de travailler tous ensemble, avec les bailleurs sociaux, les agences d’urbanisme.

Quelles actions menez-vous en faveur du logement étudiant ?

Corinne Giacometti : Là aussi, la région est dans une situation atypique. En effet, nous comptons 36 % de boursiers ! Nous avons ainsi accompagné 3 400 logements, pour un montant de 8,2 M€, avec un travail mené en collaboration, par exemple, avec le CROUS. Nous avons la volonté de travailler avec l’ensemble des acteurs concernés. Il existe également un souci en matière de caution des étudiants. La Région mène actuellement une réflexion pour voir si elle peut être en mesure d’intervenir en faveur des étudiants mais aussi des actifs auprès de qui cette question pose problème. Ceci reste une piste de réflexion car elle aura forcément un coût.

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