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Bordeaux, "le logement abordable signe le retour de la puissance publique"

Samedi 28 septembre 2019
Pour la sortie de la nouvelle édition Bordeaux - Landes - Pays-Basque de J'achète mon 1er logement neuf, nous avons interviewé Jacques Mangon, PDG de la Fabrique de Bordeaux Métropole (FAB), vice-président de Bordeaux Métropole et Maire de St-Médard-en-Jalles.

 

Que recouvre le nouveau concept de « logement abordable » sur la métropole ?

 

Jacques Mangon : C’est une initiative réglementaire de Bordeaux Métropole qui consiste à inscrire au PLU une obligation de production de 50% de logements aidés en complétant avec de l’accession abordable.

L’objectif recherché est de mieux répondre aux besoins et aux ressources des habitants en renforçant le dispositif actuel (35% en moyenne de logements aidés sur la métropole), qu’il s’agisse de logement locatif social ou de logement en accession sociale ou abordable.

L’objectif est ainsi de permettre aux ménages aux revenus moyens de pouvoir acquérir un bien immobilier sans s’éloigner du territoire métropolitain. Cette répartition sera variable selon les communes et concerne les opérations à partir de 2 000 m². Le logement abordable est une réponse aux prix du logement neuf sur la métropole et, même si plusieurs facteurs ont permis d’enrayer la flambée (autorégulation du marché, conférence permanente des acteurs immobiliers, expression des prix plus en rapport avec la valeur vénale des biens, adhésion depuis deux ans à l’Établissement Public Foncier Nouvelle Aquitaine qui permet de préempter si nécessaire), ceux-ci sont encore trop élevés.

 

 

 

Des clauses anti-spéculatives sont-elles prévues ? 

Jacques Mangon : Vous imaginez bien que mettre sur le marché des logements à 25 % en dessous du prix de marché exige la mise en place de telles mesures.

Celles-ci s’appliqueront pendant 15 ans au propriétaire, qui ne pourra pas vendre à plus de 10 % du prix d’achat. Le logement abordable signe le retour de la puissance publique ! Les effets secondaires de ce segment de production seront bénéfiques,  puisque tous les opérateurs seront obligés d’en tenir compte. Les conséquences devraient se traduire par une baisse sur les prix du foncier.

 

 

L’opération « 50 000 logements autour des axes de transports collectifs » a changé de nom. Pourquoi ?

Jacques Mangon : Avec le changement de nom de ce programme pour « Habiter, s’épanouir 50 000 logements accessibles par nature », il s’agissait de lever un quiproquo quantitatif pour répondre à certaines attentes observées par la Fab, vers un « logement augmenté », inscrit dans un écrin naturel.

Renommer la démarche, c’est associer l’accession sociale – toujours avec une offre à 2 500 €/m² – à celle de la nature. Pour l’instant, même si nous faisons évoluer le curseur, le planning du programme est conforme aux attentes.

Entre 2019 et 2020, 3 000 logements seront livrés, en dépôt de permis de construire ou en cours de commercialisation.

 

 


ACCESSION ABORDABLE : COMMENT ET COMBIEN* ?

L’accession abordable est destinée à des ménages sous plafonds de ressources du prêt à taux zéro (PTZ) : les revenus moyens sont de 2500 € par mois pour une personne seule, 3500 € par mois pour un couple (revenus médians entre les plafonds du prêt social à la location-accession et plafonds du prêt à taux zéro). Le prix au m² du logement abordable est plafonné à 3 000 € hors parking, avec une modulation pour les surfaces annexes quand elles sont supérieures à 6 m².

* Bordeaux Métropole


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