Enquêtes

Ville de Montpellier

Lundi 28 janvier 2008

« Nous souhaitons une densification maîtrisée »

Hélène MANDROUX, Maire de Montpellier

 

La Ville de Montpellier poursuit sa politique volontariste en matière de logements. Zones d’Aménagement Concerté (ZAC), mixité sociale, primo accession, logement abordable etc. Autant de thématiques développées par la municipalité via la Société d’Aménagement de la Région Montpelliéraine (SERM). Le point sur la politique de logement de la ville avec Hélène Mandroux, Maire de Montpellier.

 

Immobilier Mode d’Emploi : Le PLH de l’agglomération prévoit une production de 5 000 logements par an sur l’ensemble des 31 communes. Un effort important est nécessaire pour y parvenir. Quelle est la part prise par Montpellier dans cet effort de construction ?

Hélène Mandroux : Compte tenu de l’attraction exercée par la Ville, les autorisations de permis de construire ont enregistré une augmentation de 23 % en 2007 par rapport à l’année précédente. Au total, plus de 3 600 logements ont été autorisés alors qu’en 2006, nous n’étions pas arrivés à 3 000 logements. Le logement social tient une place importante avec 24% des autorisations. Nous prévoyons pour les années à venir une moyenne annuelle de 3 000 logements autorisés dont une majorité dans les ZAC.
Je rappelle également que le Plan Local d’Urbanisme (PLU) prévoit que les logements réalisés sur les ZAC seront divisés en trois tiers : un tiers de logements social, un tiers de logements destinés aux primo accédants et un tiers en accession libre.
Le prix de vente du m2 de Surface Hors Oeuvre Nette (SHON) est abaissé de 300 e à 200 e pour les logements sociaux et les logements intermédiaires (primo accession).

 

Immobilier Mode d’Emploi : Quelle est la part prise par les constructions en ZAC ?

Hélène Mandroux : En 2006, les constructions en ZAC ont totalisé 57% des autorisations. La part prise par les ZAC a augmenté de 70% par rapport à l’année précédente. La production en ZAC a plus que doublé en quatre années. Les ZAC en cours représentent à terme 16 000 nouveaux logements ! Je ne citerai pas les zones dont l’aménagement est déjà amorcé depuis plusieurs années. Parmi les nouvelles ZAC dont il convient de parler, il y a tout d’abord « le Nouveau Saint-Roch » dont l’aménagement a été confié aux architectes Paul Chemetov et Emmanuel Nebout. Ce projet avance. Il est étroitement lié à la restructuration de la gare. Jean-Marie Duthilleul, (architecte-ingénieur, qui dirige l’agence qui a conçu toutes les gares construites ou réaménagées par la SNCF, depuis la conception de la ligne TGV. Atlantique – ndlr-) fait un travail remarquable. Cette restructuration est intéressante pour la gare. Elle serait ouverte à la circulation dans les deux sens : Comédie-Saint-François et Saint-Roch-Polygone. Autre aménagement important à venir : la ZAC « Restanque » entre Près d’Arènes et Tournezy qui vient combler une zone pauvre en habitat. Cette opération prévoit la construction de 8 à 10 000 logements sur 15 à 20 ans. Nous avons choisi cinq équipes parmi les 36 qui avaient déposé un dossier de candidature. « Restanque » sera un éco quartier, comme la ZAC « Rive gauche » qui sera aménagée le long de l’avenue de la Mer. Vers 2020-2030, la ville sera terminée…

Immobilier Mode d’Emploi : Ne craignez-vous pas que la ville soit trop dense ?

Hélène Mandroux : Nous souhaitons une densification maîtrisée. Le logement individuel est minoritaire (7% des autorisations de permis de construire en 2006) mais les immeubles de logements collectifs ne dépassent pas huit à neuf étages. Le but n’est pas de bétonner. Il s’agit de limiter les déplacements et par conséquent les dépenses d’énergie, dans le cadre d’une réflexion globale sur le Développement Durable. Nous préservons par ailleurs les espaces verts. La densification permet justement de créer des espaces verts et des équipements nécessaires à la qualité de vie des habitants en libérant de l’espace. De même nous avons entrepris le maillage de la ville par un réseau de pistes cyclables. Cinq cent vélos ont été mis à la disposition des montpelliérains. Ce n’est qu’un début…

Immobilier Mode d’Emploi : Comment se porte le projet « Grand Cœur » ?


Hélène Mandroux : Ce projet suit son cours. En 2010, comme prévus nous aurons réhabilité 1500 logements dont 500 logements sociaux. Grand Cœur c’est aussi la revitalisation des commerces du cœur de ville. Déjà la différence se fait sentir. La piétonisation a nettement « boosté » le centre. La ville est plus propre, il y a moins de tags sur les murs. Il convient également de parler de la politique de la Ville en matière de rénovation urbaine qui porte sur trois quartiers prioritaires : Cévennes, Mosson et Centre, soit environ 50 000 habitants. Ce programme répond à deux priorités : impulser une nouvelle dynamique économique et développer un habitat de qualité par la rénovation, la reconstruction et la résidentialisation de logements.

Immobilier Mode d’Emploi : Tous les grands noms de l’architecture sont présents à Montpellier… Comptez-vous poursuivre cette politique ?

Hélène Mandroux : Très franchement, je choisis ce qui me plait et ce qui me paraît convenir à notre ville. Au moment de la décision, je ne connais pas le nom de l’équipe qui se cache derrière le projet. Je suis médecin… Je n’ai pas l’oeil de l’architecte.

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