Enquêtes

Ville de Balma

Vendredi 21 novembre 2008

Le passage en communauté urbaine permettra de renforcer les interventions de la puissance publique en matière d’urbanisme

 

Alain Fillola, maire de Balma, vice-président de la communauté d’agglomération du Grand Toulouse chargé du développement urbain

 

Immobilier Mode d’Emploi : Quelles sont les grandes orientations de la communauté d’agglomération du Grand Toulouse en matière d’urbanisme ?

Alain Fillola : Nous souhaitons avant tout mettre de la cohérence dans la politique d’urbanisme. Le Grand Toulouse avait déjà, depuis plusieurs années, renforcé ses interventions en la matière. Le passage en communauté urbaine va permettre d’aller plus loin, notamment grâce à la mise en œuvre d’un PLU sur l’ensemble de l’agglomération. Il faut bien entendu mettre en place les conditions favorables à la production de logements. Mais en inscrivant ce développement dans une démarche de mixité, urbaine et sociale. Une autre grande priorité réside dans le rapprochement de l’habitat avec les pôles d’activités économiques. Il faut désormais réduite autant que possible la distance domicile-travail. Ce qui implique également, en parallèle, de développer les transports en commun. Il faut mailler le réseau de transports en commun, en fonction des zones d’habitat, sur l’ensemble de l’agglomération. L’urbanisme doit par ailleurs d’inscrire dans une véritable démarche de développement durable, ce qui implique une réflexion sur la qualité des constructions.

Immobilier Mode d’Emploi : Quelle politique mettez vous en œuvre pour répondre au problème du foncier ?

Alain Fillola : Il s’agit d’une question de première importance. Pour apporter une réponse au problème du logement, il faut s’attaquer avant tout au problème du foncier. La maîtrise foncière est une nécessité. Et il faut tout faire pour éviter, en la matière, la spéculation. Pour ce faire nous disposons d’un outil, l’établissement public foncier local. Celui-ci doit trouver toute sa place. Son rôle et ses moyens seront renforcés. L’EPFL représente un outil de régulation au service de toutes les collectivités de l’agglomération.

Immobilier Mode d’Emploi : Est-ce que l’agglomération, toujours en matière de foncier, offre encore un potentiel important ?

Alain Fillola : Oui. Il existe des possibilités au nord-est entre autre, mais pas seulement, le potentiel est relativement réparti à la périphérie de l’agglomération. Mais je veux insister sur l’importance des opérations publiques d’aménagement. Il existe prés d’une quinzaine de ZAC, habitat ou activités, en cours ou en projet. Certains s’interrogent sur leur évolution compte tenu de la conjoncture et de la crise immobilière. Les ZAC sont d’autant plus nécessaires qu’elles permettent justement d’amortir les variations de la conjoncture en jouant sur le rythme des constructions tout en préservant le foncier. Nous devons poursuivre cette politique d’acquisitions, en restant fermes sur nos objectifs. Il faut ensuite rappeler que dans les années 90 on avait aussi connu une crise de l’immobilier. Le problème, dans le contexte actuel, n’est pas celui de la demande de logements qui demeure constante. Par ailleurs, en matière de prix, après des années de hausse parfois déraisonnable, on peut espérer que la crise actuelle ait au moins un effet positif en revenant en un peu plus de réalisme, avec un niveau de prix qui corresponde à la demande solvable.

Immobilier Mode d’Emploi : En ce qui concerne les ZAC, quelle est votre stratégie d’aménagement ? Certaines opérations pourraient-elles éventuellement être remises en cause ? 

Alain Fillola : La plupart des ZAC, et c’est un principe qui devrait se généraliser à l’avenir, sont mixtes, associant programmes de logements, locaux d’activités et surfaces commerciales. Dans des proportions respectives à définir au coup par coup. C’est une question d’équilibre. Et cela doit permettre de véritables opérations d’urbanisme, des quartiers vivants, animés. Mais chaque commune a naturellement un droit de regard, et elle le conservera, sur ce qui se passe sur son territoire. Le projet urbain sur lequel nous travaillons actuellement, en relation avec l’ensemble des collectivités qui composent l’agglomération, impliquait d’effectuer avant tout un diagnostic de l’existant. En tant que président du Grand Toulouse, Pierre Cohen est particulièrement attaché à ceci. Une phase d’audit était donc nécessaire. Certains points pourront être corrigés. Mais en ce qui concerne les ZAC sous maîtrise d’ouvrage de la communauté d’agglomération, je ne parle pas de celles réalisées par la Ville de Toulouse, aucune ne devrait être remise en cause.

Immobilier Mode d’Emploi : Il existe un empilement de documents d’urbanisme, SCOT, PLU… Comment ceux-ci s’articulent-ils et quel rôle jouent-ils dans la définition de votre projet urbain ? 

Alain Fillola : Le SCOT, schéma de cohérence et d’organisation territoriale, constitue la trame de base. Comme son nom l’indique il doit permettre, au niveau de l’aire urbaine, c’est à dire toute  la zone d’influence de la métropole toulousaine, de définir les grands axes, les grands thèmes de développement dans une perspective de vingt ou trente ans. Le PLU, plan local d’urbanisme, permet de préciser les règles d’aménagement au niveau de chaque collectivité. Dans le cadre du passage en communauté urbaine, au 1er janvier prochain, le PLU sera l’une des applications des nouvelles compétences de celle-ci en matière d’urbanisme.

Immobilier Mode d’Emploi : Vous êtes maire de Balma. Quelles sont les perspectives de développement pour votre commune ?  

Alain Fillola : Actuellement la commune de Balma compte environ 13 500 habitants. D’ici une vingtaine d’années nous devions atteindre 20 000 habitants. Il ne faudrait pas dépasser un seuil de
25 000 habitants à terme. La superficie de la commune représente 1 700 hectares et moins de 50% de celle-ci sont actuellement urbanisés. Nous avons donc un potentiel important, et des atouts naturels que nous ne voulons pas gaspiller. De plus nous sommes à 5 minutes du Capitole, bien desservis par les transports en commun grâce à la ligne A du métro…La pression est donc forte. Nous avons défini un projet de ville il y a déjà une vingtaine d’années. L’aménagement de la ZAC Gramont, appelé à devenir un véritable éco-quartier, entre autre exemple, s’inscrit dans cette perspective, la commercialisation va être lancée dés le début 2009. Mais il existe d’autres opérations d’aménagement, tels la ZAC du Ciprié, avec 450 logements sur une dizaine d’hectares, avec des équipements scolaires, un centre social… Nous réfléchissons à d’autres projets, au sud de la commune du côté de Lasbordes.

Immobilier Mode d’Emploi : Vous êtes également président de la SETOMIP, l’une des trois SEM qui interviennent actuellement sur le territoire de l’agglomération. Cette situation est-elle susceptible d’évolution ?   

Alain Fillola : Nous sommes favorables à  une fusion de ces trois outils d’aménagement. D’ici la fin de l’année nous sélectionnerons un cabinet qui réalisera un audit afin d’étudier un rapprochement entre la SETOMIP, la SEM Constellation et la SEM de Colomiers d’ici 2010. Ceci dit je rappelle qu’il s’agit de structures de droit privé, qui sont désormais soumises à la concurrence sans le cadre du nouveau code des marchés publics.

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