Enquêtes

Ville d'Agde

Lundi 28 janvier 2008

 

« Agde est un archipel de vie et veut le rester ! »

Gilles D’Ettore, Député-Maire d’Agde

 

Agde : la ville aux trois visages offre un territoire qui s'étire en triangle jusqu'à la Méditerranée. Du centre ville il suffit de longer durant 3 kilomètres les méandres du fleuve Hérault pour arriver à son estuaire formé des stations balnéaires typiques et traditionnelles du Grau d'Agde et de la Tamarissière. De là, en suivant la mer on rejoint la célèbre et très touristique station du Cap d'Agde .Trois visages qui s’offrent aujourd’hui un vrai lifting. Rencontre avec Gilles d’Ettore, Député-maire d’Agde.

 

Immobilier Mode d’Emploi : De nombreuses grues apparaissent dans le ciel agathois. Quels sont les réalisations en cours les projets de la Ville en matière d’habitat ?

Gilles D’Ettore : Citons tout d’abord la Zone d’Aménagement Concerté du Capiscol adossée au Mont Saint-Loup dont l’aménagement a été confié à Guiraudon Guipponi Leygue. La création de ce quartier sur environ 34 hectares a été pensée afin de répondre à deux problématiques : d’une part, la nécessité d’un accroissement du parc de logements sur la commune et d’autre part, la requalification de l’entrée Est de ville avec un aménagement respectant l’environnement naturel qui se situe à la frontière du tissu urbain. Enfin, le dernier secteur correspondra à un habitat pavillonnaire avec des îlots qui seront plus particulièrement accessibles aux jeunes ménages agathois. C’est ainsi que 650 habitations seront réalisées sur le site afin d’accueillir près de 2 000 résidents. Le quartier sera divisé en trois secteurs. Le premier se situera en interface avec la zone commerciale existante et participera à la requalification de l’entrée de ville. Il comprendra un habitat collectif composé notamment de 50 logements locatifs sociaux et 55 logements en accession sociale à la propriété. Le deuxième sera constitué d’un habitat semi-collectif, avec quatre à cinq logements par unité L’aspect paysager de l’ensemble sera particulièrement soigné. Il représente un investissement supérieur à 3 millions d’euros. Cet aménagement paysager se traduira par la création d’une perspective sur le Mont Saint-Loup. Perspective qui marquera l’entrée de ville et constituera l’un des éléments forts de l’identité future de ce nouveau quartier. Quelques pâtés de maisons seront équipés d’énergie solaire. Le quartier sera également équipé de la wifi. Antoine Garcia Diaz, architecte conseil de l ZAC souhaite proposer une thématique sur les volcans. Peu de gens savent qu’Agde est construite sur un ancien volcan… La zone des Cayrets est en cours de réalisation. Les deux tiers des permis de construire ont été autorisés. Rester ensuite le quartier de Malfato contre le golf, entre le Grau d‘Agde et le secteur de la Prunette. Cet aménagement passe par une révision du PLU. Ce n’est pas pour tout de suite…

Immobilier Mode d’Emploi : Souhaitez-vous grâce à tous ces aménagements, lier les trois parties de la ville en une seule ?

Gilles D’Ettore : Pas du tout. Nous souhaitons au contraire conserver l’actuel triptyque. Agde est un archipel de vie et veut le rester. Je pense qu’il ne nous fut pas dépasser à termes, 25 à 30 000 habitants afin de rester une ville à tille humaine.

Immobilier Mode d’Emploi : ces dernières années beaucoup de logements construits à Agde, ont été vendus à des investisseurs. Ne craignez-vous pas une saturation du marché locatif ?

Gilles D’Ettore : S’il y avait un risque, les promoteurs auraient arrêté de vendre ce type de logements ! Jusqu’à ce jour l’offre et la demande locative sont en adéquation. La zone des Cayrets se développe bien. Elle attire toujours de nouveaux habitants. Je pars du principe que la moitié de la population mondiale veut vivre au bord de l’eau. Ajouté à cela, l’attrait du Languedoc-Roussillon surmultipliée à Agde par la proximité de l’A9. Je pense que si saturation du marché locatif il doit y avoir, elle se produira avant ailleurs que chez nous…

Immobilier Mode d’Emploi : Avez-vous l’intention de favoriser le logement en primo accession ?

Gilles D’Ettore : Nous avons été les premiers à mettre en place une opération en accession sociale avec le Groupe Arcade, sur la zone des Cayrets. Beaucoup de jeunes couples souhaitent acquérir un logement. Nous avons prévu dans le règlement de la ZAC l’obligation pour l’aménageur de réaliser des maisons à 150 000 e. Ce prix est bloqué. Les maisons seront venues à prix coûtant.

Immobilier Mode d’Emploi : Les saisonniers qui travaillent au Cap d’Agde rencontrent des difficultés pour se loger durant l’été. Qu’envisagez-vous pour résoudre ce problème récurrent ?

Gilles D’Ettore : Nous avons en effet 5 500 saisonniers qui travaillent sur la commune et se logent souvent dans des campings ou des logements bas de gamme, quand ils ne dorment pas dans leur voiture ! Une maison des saisonniers a été prévue dans le nouveau quartier du Capiscol. C’est un début. Il faudra renouveler cette opération. Mais il faut que les employeurs garantissent le paiement du loyer durant les 6 mois d’occupation. Pour les 6 mois restants, il nous fut trouver une solution pour rentabiliser cette structure.

Immobilier Mode d’Emploi : Où en êtes vous de la réhabilitation du parc immobilier de résidences secondaires du cap d’Agde ?

Gilles D’Ettore : L’opération de Réhabilitation de l’Immobilier de Loisirs (ORILAH) que nous souhaitions mettre en place avec la Mission Littoral patine. Nous ne sommes pas partisans d’un système trop compliqué comme la mise en place d’une SEM qui rachèterait les logements pour les réhabiliter et les revendre. Je crois beaucoup plus à une incitation fiscale sous réserve que les logements soient labellisés. Le problème des logements du Cap d’Agde tient surtout à leur taille qui ne correspond plus à la demande actuelle. Acheter deux appartements pour en faire un seul pose des problèmes de double imposition. Les campings qui s’adaptent plus vite à la demande représentent une concurrence très vive pour l’immobilier de loisirs. Je suis inscrit en tant que député dans la Commission des affaires économiques relative au tourisme. Il faut que l’Etat, les communes et les Régions travaillent ensemble à trouver une solution. Déjà le Comité départemental de Tourisme a entrepris une réflexion.

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