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SICOVAL, une stratégie rationnelle d'aménagement pour un développement maîtrisé

Mercredi 23 septembre 2015
100 000 habitants en prévision à l'horizon 2030... Un défi pour la communauté d'agglomération du SICOVAL, au sud-est de l'agglomération toulousaine, qui affirme sa volonté de développer une offre de logements accessibles, ouverte aux primo-accédants.

SICOVAL, une stratégie rationnelle d'aménagement pour un développement maîtrisé

Le 5 juin dernier Sylvia Pinel, ministre du Logement, inaugurait sur les côteaux de Ramonville la première tranche de l'écoquartier Maragon Floralies. Un moment qui représentait, dans sa solennité, l'aboutissement d'une opération dont la genèse remonte à plus de dix ans. 289 logements collectifs, dont 140 en accession sociale à la propriété, pour cette première phase, habités en fait depuis quelques mois pour nombre d'entre-eux, était ainsi officiellement livrés. Confiée au groupe de logement social Les Chalets, cette réalisation concerne une opération de démolition-reconstruction, ou plutôt, compte-tenu de son phasage, de construction-démolition, de la résidence des Floralies, une copropriété fortement dégradée malgré une construction, à la fin des années 70, relativement récente.

Une seconde phase est actuellement en cours qui représente, d'ici à 2018, la construction de 200 logements, locatifs et toujours en accession, classique ou sociale. Cette opération, remarquable dans son montage autant que dans des choix architecturaux résolument contemporains, se distingue aussi par des caractéristiques particulièrement innovantes. A commencer par la mise en œuvre dans ce cadre d'un programme d'habitat participatif, concernant 14 logements, à travers la création d'une SCI APP (société civile immobilière accession progressive à la propriété), la première du genre au plan national.

Autre élément, déterminant pour la labellisation écoquartier, une production collective d'énergie thermique à travers une chaufferie bois, l'une des plus importantes en capacité de la région Midi-Pyrénées, appelée à desservir, au delà des bâtiments actuels, l'ensemble d'un quartier dont les Floralies représente le premier élément. Comme le rappelait en effet Christophe Lubac, maire de Ramonville Saint-Agne à l'occasion de cette inauguration, ce ne sont pas moins de 850 logements, avec près de 7 000 m2 de commerces de proximité, équipements publics et activités tertiaires, qui doivent être construits à terme sur le périmètre du quartier Maragon. Une opération d'urbanisme structurante sur l'un des rares espaces encore disponibles sur le territoire communal.

Une charte qualité habitat


Autre récente inauguration, en septembre, celle du quartier répondant au joli nom de «Canto Coucut», sur la commune de Deyme, plus au sud. A l'entrée du village, sur près de 6 hectares, l'opération, de dimension sensiblement plus réduite que les Floralies, comprend 94 logements. Dont un programme de 57 logements, 25 locatifs sociaux et 32 logements en accession sociale à la propriété PSLA, confié à Promologis, autre opérateur du logement social, ainsi que 37 lots à bâtir destinés à des maisons individuelles d'une superficie de 650 m2 à 1 200 m2, commercialisés en direct par le SICOVAL pour un prix de vente, particulièrement raisonnable, de 134 euros le m2. Au delà de leur évidente différence, tant dans l'ampleur que dans leur gouvernance avec une maîtrise d'ouvrage du SICOVAL à Deyme, les deux opérations témoignent des principes majeurs qui président à l'action de celui-ci en matière d'habitat et d'urbanisme en général. Tout d'abord une forte mixité avec une présence affirmé de logements accessibles à travers l'intervention conséquente d'un organisme HLM. Une volonté aussi d'aménagement équilibré du territoire en dimensionnant les opérations en fonction de leur localisation.sur celui-ci. Et qui doivent s'inscrire, ainsi que le rappelle Alain Serieys, vice-président chargé de l'habitat, dans les objectifs fixés par le PLH et dans le respect d'une charte qualité habitat. Soit un minimum de 20% de logements locatifs sociaux, favoriser l'accès à la propriété des primo-accédants, accueillir les jeunes ménages et contribuer au déroulement des parcours résidentiels.


Des principes qui relèvent de l'histoire et de la logique de développement spécifique d'une communauté d'agglomération qui bénéficie, au sud de l'agglomération toulousaine, d'une remarquable dynamique. Elle s'appuie sur une très forte intégration intercommunale, dont le SICOVAL a su faire une véritable marque de fabrique. Une démarche qui prend sa source dans la mise en œuvre et l'aménagement d'une zone d'activité, Labège Innopôle, devenue au fil des ans, avec le pôle aéronautique du nord-ouest, l'un des deux premier bassins d'emplois de l'agglomération rassemblant plus de 8 000 entreprises de diverses tailles . Avec une vocation essentiellement tertiaire, commerciale, mais aussi tournée vers la recherche et les hautes-technologies avec des filières telles les TIC (informatique et télécoms), les biotechnologies et la santé, les agrobiosciences...

Un espace hétérogène

Un dynamisme qui justifie, avec les atouts d'un vaste territoire qui s'étend jusqu'aux frontières de l'Aude, avec des espaces naturels largement préservés, une croissance démographique que les élus souhaitent accompagner sans se laisser déborder: environ 75 000 habitants aujourd'hui,100 000 en prévision à l'horizon 2030... La question du logement, dans ces conditions, est en toute logique devenue prioritaire. Mais elle demeure aussi largement tributaire, pour un espace hétérogène qui conserve dans de nombreuses communes un caractère rural affirmé, des préconisation du SCOT. En substance privilégier l'habitat nouveau dans les secteurs relevant de la « ville dense », ou à proximité des axes de communication. Deux éléments qui reviennent, pratiquement, à privilégier de fait les communes les plus proches de Toulouse, c'est à dire Ramonville, véritable porte d'entrée de la capitale régionale, Auzeville et Castanet. Avec les limites imposées inévitablement par le foncier encore disponible.


Ainsi Auzeville, qui a terminé l'aménagement de la ZAC du Pont-de-Bois, avec 500 logements, autorise une urbanisation de «précision» dans des secteurs largement protégés. La réalisation par Saint-Agne Promotion de la résidence «Terra Romana», 33 logements dans deux petits bâtiments d'un étage, relève de cette logique explique Joshua Palme, chargé de l'opération. « Nous bénéficions d'un emplacement privilégié sur les côteaux et à deux pas du centre ancien. Le fait d'être dans un secteur protégé, avec le regard de l'architecte des bâtiments de France, implique un soin particulier apporté à la conception architecturale. Nous ciblons une clientèle mixte qui comprend aussi des primo-accédants». Castanet poursuit pour sa part la restructuration de son centre ville dans le cadre d'une ZAC multisites. Kaufman & Broad développe ici deux programmes de respectivement 30 et 40 logements, Green City démarre une opération de 73 logements «Les Balcons du Midi » sur l'avenue du Lauragais, axe principal de la ville, Vinci Immobilier réalise une résidence seniors en coproduction avec Les Sénioriales, et Bouygues Immobilier prépare une opération sur un terrain situé en plein centre. «Il existe une demande réelle sur la commune et il n'existe pas pléthore d'offres. Nous espérons toucher une clientèle qui souhaite réaliser ici un investissement patrimonial» affirme Baptiste Cazaux.

Recomposition urbaine de l'Innopôle


Un autre sujet est désormais à l'ordre du jour. Le SICOVAL a prévu un vaste programme de restructuration et d'aménagement le long du prolongement, très fortement souhaité, ainsi que le rappelle Alain Sérieys, de la ligne B du métro. Un projet dans la logique des «contrats d'axe » qui concerne, sur les 5 kms d'un tracé appelé à desservir, depuis le terminus actuel de Ramonville, l'ensemble de la zone d'activités de l'Innopôle. Aménagement paysager, recomposition urbaine, nouveaux d'activités, InnoMétro est appelé à redessiner dans une large mesure l'ensemble du secteur. Avec, en point d'orgue, la construction de plusieurs centaines de logements autour du futur terminus de la Cadène. Un projet qui demeure cependant, pour le moment du moins, tributaire de la décision de la composante principale de Tisséro, l'opérateur des transports publics de l'agglomération toulousaine.
 

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