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SICOVAL, un territoire préservé, une urbanisation contrôlée

Mercredi 7 décembre 2016

Au sud-est de la métropole toulousaine, la communauté d’agglomération du SICOVAL met en œuvre une politique d’aménagement articulée sur la prise en compte de l’hétérogénéité d’un territoire partagé entre les communes urbanisées de la première couronne toulousaine et les secteurs ruraux du Lauragais. Avec la volonté de développer une offre de logements accessible au plus grand nombre.

Jacques Oberti, président du SICOVAL, le rappelait récemment, les élus de la communauté d’agglomération resteront particulièrement attentifs au respect des engagements concernant le prolongement de la ligne B du métro, depuis son terminus actuel à Ramonville jusqu’à son interconnexion, au niveau de l’Institut National Polytechnique, avec la future troisième ligne Toulouse Aerospace Express qui devrait desservir l’Innopole de Labège, jusqu’au site de la Cadène. Des engagements lié à un accord, politique et technique, entre les différents partenaires concernés, SICOVAL, Tisséo-SMTC, Toulouse Métropole, Département, Conseil Régional, qui fait suite à des mois de débats, sinon de conflit ouvert, concernant l’éventualité du prolongement de la ligne B. Si la question est aussi épineuse, c’est qu’elle ne concerne pas seulement les transports au sens strict, mais, à travers la problématique des déplacements, elle impacte tout le projet de développement du SICOVAL.
Développement économique d’abord. C’est sur cette base en effet que cette intercommunalité a vu le jour, avec la création de Labège Innopole, zone d’activités et commerciale, qui représente aujourd’hui, sur près de 300 hectares, quelque 17 000 emplois. Un parc d’activité qui demeure l’un des éléments forts de l’attractivité de ce territoire, au sud-est de l’agglomération toulousaine. Une attractivité liée par ailleurs autant à la proximité, pour les communes de première couronne, telles Ramonville, Auzeville, Castanet, de la ville centre de l’agglomération, qu’à des espaces naturels largement préservés. Avec, en corrollaire, une demande résidentielle particulièrement conséquente. Les 36 communes qui constituent la communauté d’agglomération comptent aujourd’hui près de 74 000 habitants. La question du logement demeure donc, à divers niveaux, une question majeure.

Une urbanisation territorialisée

Une question liée par définition à la politique d’urbanisme du SICOVAL. Et qui se trouve largement déterminée par un document fondateur : une charte d’aménagement du territoire qui prévoit de réserver plus de 60% aux espaces naturels, ou dédiés à les activités agricoles. Ce qui implique en conséquence une stricte maîtrise de l’urbanisation et de la construction. Sans obérer pour autant la nécessité de développer une offre résidentielle susceptible de répondre, de manière rationnelle, à la demande. Ainsi le PLH, en cours de renouvellement pour la période 2017-2022, fixe un objectif de 1 000 nouveaux logements produits par an, avec une volonté de mixité associant logements destinés au marché libre et logements locatifs sociaux et en accession sociale à la propriété. Avec une répartition territoriale qui, outre le principe fondateur de la charte d’aménagement du territoire, est amenée à obéir aux préconisations du SCOT qui imposent de privilégier l’urbanisation dans les secteurs déjà largement urbanisés et classés « ville intense », c’est à dire les communes les plus proches de Toulouse, ou les secteurs proches des infrastructures de transport et des zones d’activités, par exemple Montgiscard-Bazièges.
Ramonville Saint-Agne est ainsi concernée en premier chef par cette logique d’urbanisation, en fonction bien entendu du foncier disponible qui est devenu rare dans cette commune de première couronne. L’opération en cours dans le quartier Maragon-Floralies, sur les côteaux dominant le centre-ville, illustre bien cette démarche. Initiée depuis plusieurs années, cette opération au long cours, concerne tout d’abord une opération de démolition-reconstruction, confiée au groupe des Chalets, d’une copropriété dégradée, les Floralies, avec la réalisation de 311 logements, dont 140 logements en accession sociale à la propriété, avec un programme d’habitat participatif appuyé sur la première SCI APP (société civile immobilière accession progressive à la propriété) créée au niveau national. Une deuxième tranche de 200 logements est en cours de lancement. Opération mixte, celle-ci implique donc aussi l’intervention d’opérateurs privés. Avant la fin de l’année Green City va ainsi lancer sur le site deux opérations de respectivement 40 logements et 30 logements. «Le secteur est en plein développement et est particulièrement bien placé, avec une position dominante et un accès rapide autant au centre-ville qu’à l’entrée de Toulouse ou aux zones d’activités de Labège et du Parc du Canal» souligne Stéphane Aubay. Au delà de ces opérations l’ensemble du quartier Maragon-Floralies doit faire l’objet d’une vaste opération d’aménagement, dans le cadre d’une ZAC, susceptible d’accueillir à termes 900 logements, avec des locaux d’activités, surfaces commerciales et équipements publics. «Du fait de sa situation, Ramonville fait effectivement l’objet d’une demande conséquente, nous étudions un foncier susceptible de déboucher prochainement sur un programme résidentiel» indique pour sa part Jean-Marc Dubernat (Vinci Immobilier).
   
Des opérations sur des sites sélectionnés

Au même titre que Ramonville, Castanet bénéficie largement de sa proximité avec Toulouse, sur l’ancienne nationale 113, axe urbain marquant l’entrée sud de la métropole. Avec plus de 12 500 habitants, la commune a connu une nette progression démographique. Bien que plus d’un tiers de la commune soit classé en zone verte, la municipalité a pu mettre en place une démarche de restructuration du centre pour ouvrir la possibilité à des opérations de logements. La société de logement social la Cité Jardins a pu ainsi réaliser une opération de démolition-reconstruction de 142 logements. Toujours en centre ville, Bouygues Immobilier réalise une résidence de 63 logements «Central Parc», avec une architecture traditionnelle en accord avec le style des bâtiments anciens, destinée principalement à des propriétaires occupants. «Les logements déjà commercialisés l’ont été à des personnes qui habitaient déjà Castanet et qui ont souvent vendu une maison pour se rapprocher du centre » affirme Baptiste Cazaux. D’autres programmes en cours témoignent de cette volonté d’ouverture.
Acantys, avec «Terracita » construit ainsi 22 logements, Eiffage Immobilier réalise « En Aparté » rue des Ecoles, Kaufman & Broad avec «Les Portes du Lauragais », Fonta avec la résidence « Villa Carlotta » et Zelidom avec les logements en accession sociale à la propriété de la résidence « Pampalheta » se positionnent avenue de Toulouse, LP Promotion, réalise « Le Domaine du Lac », un ensemble qui comprend logements collectifs et villas… Entre Ramonville et Castanet, Auzeville, après avoir aménagé la ZAC du Pont-de-Bois, environ 500 logements, réserve désormais les droits à construire à quelques emplacements soigneusement sélectionnés. C’est le cas pour la résidence «Terra Romana », 33 logements, réalisée par Saint-Agne Immobilier sur les côteaux. Dans les communes plus éloignées, les programmes de nouveaux logements font la part belle aux lotissements ou à quelques opérations publiques d’aménagement.
A l’exemple d’Escalquens avec celui d’une zone jouxtant le centre bourg, avec 150 à 200 logements, privés et sociaux, prévus, réalisés par la Cité Jardins et Promomidi. Et c’est aussi dans le cadre d’une ZAC que doit prendre forme l’aménagement du site de la Cadène, point de jonction multimodal entre le terminus de la future de métro et une gare SNCF. Plusieurs centaines de logements, ainsi que des locaux d’activités devraient être réalisés dans ce cadre, point d’orgue du projet d’urbanisme  Innométro, lié à la mise en service de ce transport en commun, et que ne saurait, affirme Alain Seyriès, vice-président du SICOVAL chargé de l’aménagement et de l’habitat, être remis en question.

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