Enquêtes

Serm Montpellier

Mardi 15 mars 2011

« Avec le PTZ +, nous lançons des logements intermédiaires sur les ZAC »


Thierry Laget,
Directeur Général de la SERM

 

Immobilier Mode d'Emploi : Quelle évolution importante la SERM, aménageur  historique de Montpellier, a-t-elle connu en 2010 ?

Thierry Laget : L’année 2010 a été marquée par la création d’une
Spla (Société publique locale d'aménagement), baptisée Société d’aménagement de l’agglomération de Montpellier (Saam).
Avec un statut à 100 % public, elle permet de proposer aux collectivités de l’agglomération des outils adaptés, comme une ingénierie de montage intégrée, en amont d’une opération d’aménagement. L’agglomération de Montpellier a ainsi confié des opérations à la Spla sur Baillargues pour un mandat d’étude mais aussi au Crès et à Castelnau-le-Lez. Elle aura vocation à intervenir sur le dossier de la route de la mer. Tandis que les SEM sont dans l’opérationnel, les Spla interviennent plus en amont, ce qui peut être très utile aux collectivités.

Immobilier Mode d'Emploi : En matière d’opération d’aménagement, quels sont les projets de la SERM ?

Thierry Laget : Depuis de nombreuses années, la SERM était très centrée sur la ville de Montpellier et a finalement peu construit à l’extérieur. Dans le prolongement du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale), approuvé en 2006, nous intervenons sur des communes de première et deuxième couronne avec une typologie d’habitat diversifiée et adaptée aux différentes communes. Plusieurs opérations ont ainsi été lancées. C’est le cas à Prades-le-Lez, avec la Zac Prata, une Zac multi sites qui permet de mener une démarche globale à l’échelle de la commune et de recomposer l’espace de manière cohérente. Elle comprendra 500 logements, dont 25 % de logements sociaux et 15 % d’accession abordable. Les travaux d’aménagement sont réalisés et les premières livraisons d’opérations devraient intervenir en 2013. C’est encore le cas avec la Zac Roque-Fraïsse, à Saint-Jean-de-Védas, qui représentera environ 1 700 logements à terme – dont 25 % de logements sociaux conformément au PLH- avec les premières attributions de lots aux promoteurs à la fin du premier semestre 2011. A Saint-Brès, la Zac Cantossel représentera un total de 1 300 logements, dont un premier périmètre de 24 ha pour 650 logements. Cette première phase se déroulera en quatre ans. Ce projet, conforme aux orientations du SCOT, s’inscrit en greffe du noyau villageois existant et se maille sur le réseau de voirie en cohérence avec le village existant. Bien que le tram n’arrive pas là, se dessine un projet de pôle multimodal, notamment avec la ligne TER, qui mettra Baillargues à 12 mn de la gare Saint-Roch, à Montpellier mais aussi avec la LGV qui décrochera à Saint-Brès vers la future gare TGV. Pour l’instant, il importe d’appréhender les typologies de logements pour ce projet de pôle d’urbanisation important.

Immobilier Mode d'Emploi : Le PTZ + modifie-t-il l’approche  de l’accession sur les Zac ?

Thierry Laget : En dehors de l’accession aidée pratiquée sur les Zac à Montpellier, à un prix d’environ 2 200/2 400 e/m2, nous réfléchissons à aborder un niveau de logement intermédiaire en nous appuyant sur le nouveau dispositif du PTZ +, à 3 000 €/m2 et qui représenterait 15 à 20 % des logements des opérations d’aménagement.
En dehors du logement social, du logement libre et de l’accession aidée liée aux conditions de ressources, c’est une nouvelle catégorie de logements qui devrait être lancée rapidement sur les Zac. Nous allons fournir aux promoteurs une typologie de logement souhaitée qui soit compatible avec un prix de sortie de 3 000 €/m2 avec le PTZ +. En contrepartie, et pour favoriser l’accession en direction des jeunes ménages et des actifs, nous vendrons des charges foncières à un niveau de prix qui permette cette péréquation et qui constitue une aide indirecte.


Immobilier Mode d'Emploi : Est-ce une façon de rééquilibrer le rapport entre investisseurs et accédants  ?

Thierry Laget : On ne peut pas simplement ouvrir les vannes de foncier à l’infini sans tenir compte de la nécessité d’être en perpétuelle adaptation au regard de la politique de peuplement. Et c’est le rôle de la SERM de suivre en permanence l’état du marché afin de permettre une diversification de l’offre qui corresponde à la demande. Le foncier n’est pas ouvert au plus offrant. Dès les prochaines consultations, nous allons encadrer le niveau des charges foncières dans des intervalles de prix par nature de logement (libre…). Le choix du promoteur ne doit pas porter uniquement sur le prix mais sur la typologie des programmes et des logements, sur le choix de l’architecture ou sur la qualité environnementale. Aucun promoteur ne peut affirmer que la SERM favorise la hausse des prix du foncier. C’est faux et les collectivités tentent, malgré la présence de multiples acteurs, d’appliquer une politique foncière le plus rigoureusement possible.

 


Immobilier Mode d'Emploi : Certains constructeurs de maisons individuelles pourraient faire leur arrivée sur des Zac ?

Thierry Laget : Les constructeurs de maisons individuelles pourront effectivement répondre sur certains projets, comme à Prades-le-Lez où la part de logements individuels est d’environ 60 %. Non seulement les CMI ne doivent pas être exclus des consultations mais nous trouvons intéressant de les impliquer sur ces opérations.

Immobilier Mode d'Emploi : Quelles sont les prochaines consultations et comment appréhendez-vous l’année 2011 ?

Thierry Laget : Les prochaines consultations où la part de logements intermédiaires, liée au PTZ +, sera appliquée concerne 130 logements à Parc Marianne et 275 logements à Ovalie. Nous allons profiter de ces deux premières consultations pour tester le dispositif. Les consultations suivantes concerneront 300 logements sur les Grisettes, 120 sur Consul de Mer. Le lancement de la consultation de 250 logements sur Rive Gauche est prévu en novembre 2011 et si, elle est programmée, nous lancerons une consultation pour une première opération de 300 logements sur Saint-Roch début 2012. La production de logements sur les Zac de Montpellier sera comprise entre 1 200 et 1 400 logements, mais il faudra compter en plus 500 logements hors Montpellier avec les Zac de Saint-Jean-de-Vedas, Prades-le-Lez et Saint-Brès.
Quant au faible stock de logements sur Montpellier, il n’est pas si inquiétant que cela dans la mesure où il est la conséquence du ralentissement de l’activité en 2008-2009. Nous enregistrons les conséquences du creux de cette vague et il ne s’agit en aucun cas d’une insuffisance de logements mis sur le marché. Augmenter l’offre serait donc inconsidéré !

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