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Rencontre avec Raymod Couderc , Sénateur-maire de Béziers, Président de la CABM

Mardi 11 juin 2013
Raymond Couderc, Sénateur-maire de Béziers, Président de la CABM ( Communauté d'Agglomération Béziers Méditerranée) répond au besoin de la demande sur le marché de l'immobilier en lançant plus de 1 100 logements neufs.

Raymond Couderc, Sénateur-maire de Béziers, Président de la CABM*

Pour Immobilier Mode d’Emploi, Raymond Couderc revient sur les raisons de la relative bonne santé de Béziers et fait le point sur l’état d’avancée des projets urbains.

« Pour répondre aux besoins, nous allons réaliser 1 100 logements par an !

En matière de logement, Béziers et son agglomération semblent bien résister. A quoi l’attribuer ?

Raymond Couderc : C’est une réalité ! Entre 2000 et 2010, nous avons autorisé environ 1 300 permis de construire de logements par an. Ce niveau s’est hissé à 1 800 en 2011 et il vrai que cette situation est atypique dans la région. Et nous observons, en outre, que le nombre de logements collectifs a tendance à s’accroître et représente 60 % de ce volume. La réduction des avantages fiscaux n’a pas eu réellement d’incidence sur la communauté d’agglomération et la baisse des investisseurs sur Béziers a été compensée par une forte croissance de leur présence sur les autres communes alors que nous pouvions effectivement craindre un effondrement. Les investisseurs nationaux qui avaient quitté Béziers en 2009 reviennent aujourd’hui sur le terrain de l’agglomération !

Comment l’expliquer ?

Raymond Couderc : L’élément déterminant est le prix du foncier et celui de l’immobilier ancien. Le foncier est abordable tout comme le marché de la revente. Ces deux paramètres confèrent au territoire les conditions permettant de créer un marché très rentable. Pour mémoire, le prix moyen du foncier est de 183 €/m2 sur l’agglomération. C’est bien moins que sur Montpellier, où l’on peut estimer que le marché connaît quelques tensions, même s’il se dit qu’il n’y aurait aucune difficulté à trouver des locataires.

Quelles sont les projections en matière de production de logements ?

Raymond Couderc : Entre 2013 et 2018, nous visons la réalisation de 1 100 logements par an, dont un millier dans le secteur du neuf et une centaine sous la forme d’une requalification du parc ancien. L’objectif est d’accentuer un rééquilibrage territorial, avec 50 % des logements sur Béziers et les 50 % restants sur les douze communes de l’agglomération. C’est le cas, par exemple, pour les 300 logements sociaux visés par an, dont la moitié hors Béziers. Les communes sont toutes engagées à réaliser 20 % de logements sociaux, et jusqu’à 30 % sur certaines communes comme Villeneuve-les-Béziers.

En matière de requalification urbaine, la Devèze est-elle un succès ?

Raymond Couderc : Qualité de l’habitat, des équipements, recomposition urbaine, désenclavement : la rénovation urbaine de la Devèze a incontestablement engagé une dynamique positive pour les habitants de ce secteur de Béziers. Demeurent dans mon esprit ces images fortes que sont la destruction des barres de Capendeguy en 2008, symbole de la démolition puis de la reconstruction de quelques 1.000 logements sur notre territoire, où encore l’inauguration de l’Espace de quartier Albert Camus, haut lieu culturel et social de Béziers solidement implanté dans la vie du quartier. L’opération de requalification urbaine est quasiment terminée et il reste une opération, celle de la requalification du centre commercial Frédéric-Mistral avec un Intermarché qui devrait notamment voir le jour sur cette zone d'ici septembre 2013. Certes, de nombreuses difficultés sociales subsistent mais l’on peut imaginer ce que ce serait devenu ce quartier si rien n’avait été entrepris !

Quelle est la place de Béziers dans le concert des villes régionales ?

Raymond Couderc : Nous nous sommes mis à niveau, avons rattrapé notre retard en matière d’équipement. Béziers peut être considérée comme une ville d’équilibre entre perpignan et Montpellier avec un vrai potentiel de développement généré par le croisement des deux autoroutes. Nos gouvernants finiront-ils par reconnaître ce besoin d’équilibre de nos territoires alors qu’ils semblent plus nous entrainer vers des politiques de métropolisation ? Cette recherche de concentration vers laquelle on nous fait évoluer est à mes yeux une attitude d’arrière-garde et l’on tente de copier des modèles qui ont vécu. Désormais, il est impératif de penser l’aménagement du territoire autrement. Nous offrons les services de grandes villes plus peuplées que la nôtre avec une qualité de vie qui est incomparable.

 
Quels sont les principaux projets hors Béziers qui sont en cours de réalisation ou qui seront lancés en 2013 ?  

Raymond Couderc : Ils sont nombreux, géographiquement diversifiés, et courent sur les prochaines années. A Bassan, d’ici à 2014, la Zac multisites le Traïsor verra la réalisation de 110 logements. A Boujan, la Zac de la Crouzette, lancée l’an dernier, prévoir une dernière tranche de 70 logements tandis qu’à Cers, 50 logements sont prévus sur la Zac Sud Est. A Corneilhan, 125 logements vont constituer la Zac multisites. Sur la Zac du levant, à Espondeilhan, 160 logements. A Sauvian, la Zac Font-vive va permettre, comme ailleurs, de répondre à une croissance urbaine continue depuis 30 ans. Ce sont là 430 logements qui vont être réalisés. A Servian, Bel Ami permettra l’apport de 400 logements, tandis qu’à Valras, une production diffuse de 290 logements répondra à la demande sur le terrain. Je pourrais également citer Villeneuve-les-Béziers qui s’est engagée à produire 200 logements en diffus ou Sérignan, qui via la Zac La Garenque-Les Sorbiers permettra une offre de 200 logements.

Et Sur Béziers même ?

Raymond Couderc : D’ici à l’an prochain, nous aurons achevé la 8ème OPAH/PNRQAD pour environ 300 logements. Dans les trois ans, les deux dernières tranches de la Zac de l’Hours. La ZAC de L'Hours, à 500 m du coeur de ville et 200m de la gare SNCF, couvre un territoire de 11 ha, occupé jusqu'en 2003 par des friches industrielles, hangars et logements vétuste. Il s'agit de métamorphoser un secteur en déshérence par la création d'un nouveau quartier de ville durable, le quartier Wilson, symbole du renouveau de Béziers, et dynamiser le tissu commercial du centre ville. L'implantation sur 3ha du centre commercial et de loisir Polygone Béziers, ouvert en septembre 2010, propage ce nouveau dynamisme économique sur tout le territoire de l'Ouest Hérault. L'implantation de la nouvelle Cité Judiciaire qui regroupera sur 6000 m2 l'ensemble des tribunaux et instances judiciaires est programmée en 2015. Avec la Zac de la Courondelle, où le bâti encadre l'espace public, chaque programme immobilier doit nécessairement créer une continuité avec son ou ses voisins, 400 logements restent à réaliser dans les tranches finales. Béziers est une cité typiquement méditerranéenne, une ville dans l'espace public avec ses esplanades, ses allées où l'on se retrouve, une cité où le patrimoine est omniprésent. Il fallait donc que la Courondelle se nourrisse de cet esprit méridional. Avec les 450 logements du Frigoulas, les 350 logements des Grandes Vignes et le projet urbain du Gasquinoy, qui porte sur 385 logements, c’est au total une offre nouvelle de 2 635 logements qui va prendre forme à Béziers, sur des localisations identifiées, au plus tard d’ici à 2017. En tout cas, nos objectifs sont adaptés aux besoins exprimés.


* Communauté d’Agglomération Béziers Méditerranée
 

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