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Rencontre avec Jean-Paul Alduy, Président de Perpignan Méditerranée Communauté d'Agglomération

Lundi 10 juin 2013
Jean Paul Alduy nous explique l'augmentation de la production de logements sociaux, le lancement de Zac communautaires et donc ainsi pourquoi l'agglomération de Perpignan est aux avants postes du logement.

Jean-Paul Alduy, Président de Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération

Augmentation de la production de logements sociaux, lancement de Zac communautaires, l’agglomération de Perpignan est aux avants postes du logement.

« Nous répondons au défi de la croissance démographique »

La production de logements neufs a fortement reculé sur l’aire Perpignanaise. Comment observez-vous ce phénomène ?

Jean-Paul Alduy : Elle s’est même effondrée ! Or, le diagnostic perdure : les revenus des ménages sont très bas dans un contexte d’économie résidentielle et touristique assez précaire. La crise a renforcé ce fossé même si, économiquement, il n’a pas frappé directement le département : le tourisme est maintenu et nous n’avons pas reçu de choc industriel à l’instar d’autres territoires. Cela dit, la stagnation du pouvoir d’achat se maintient et la disparition du dispositif Scellier ainsi la limitation du nombre de bénéficiaires du PTZ + vont sans doute, même avec la loi Duflot, laisser perpignan de côté, même si celle-ci enregistre le 3ème niveau de croissance démographique de France. Nous voyons arriver des programmes qui sont transformés en logements sociaux et le risque est grand d’arriver à des taux de logements sociaux équivalent à 60 % sur certaines opérations. Là se pose un vrai problème de mixité et de diversité sociales.

Quelles sont les solutions ?

Jean-Paul Alduy : Il existe des palliatifs. Nous accélérons la production de logements sociaux. Nous étions à un niveau de 450 logements par an en 2008. Le PLH actuellement en cours d’approbation par l’Etat, indique 650 logement sociaux à produire par an sur 6 ans, soit un taux moyen de 25% de logements sociaux. Ce niveau sera bien au-dessus de cet objectif initial et pour les cinq ans à venir, l’accélération de la construction sociale devrait avoisiner le millier de logements par an. Par ailleurs, nous voyons bien que le marché de l’ancien constitue une solution : nous assistons ainsi au retour sur l’habitat ancien à Perpignan, mais à condition de l’accompagner avec l’Anah. Il faut y ajouter le PQRNAD qui permet d’effectuer un retour sur la recomposition d’une partie de la ville. En matière d’accession, ce qui pose réellement problème c’est le niveau des acquisitions foncières et les prix de sortie qui ne correspondent pas au niveau de solvabilité des ménages. En cela, il convient de se pencher très rapidement sur de nouvelles techniques de construction dans un cadre où la réglementation s’est durcie. Nous allons être obligés d’inventer rapidement des modes constructifs moins onéreux pour permettre de voir se développer le segment de l’accession sociale.

A quel niveau s’engage Perpignan Méditerranée en matière de logement ?

Jean-Paul Alduy : Depuis la prise de gestion déléguée des aides à la pierre, soit de 2006 à 2012, PMCA a autorisé 3309 logements locatifs sociaux alors que les objectifs assignés par l’Etat était de 3083 LLS, avec une montée en puissance qui a permis d’aboutir à une moyenne de 650 LLS autorisés ces dernières années. En 2012, PMCA a permis de générer 922 logements autorisés (parcs public et privé), dont 605 logements locatifs sociaux autorisés, 57 logements en accession sociale (PSLA), 260 logements privés financés par l’ANAH (réhabilitation), 71 logements locatifs et 179 logements propriétaires occupants, dont 41 au titre de la lutte contre la précarité énergétique (FART). Ce sont plus de 4 M€ qui ont été gérées par Perpignan Méditerranée au titre de la gestion déléguée, 1,8 M€ de subventions d’Etat pour les logements PLUS et PLAI du parc public ainsi que 2 M€ de subventions ANAH pour les logements du parc privé. D'autre part, afin de répondre à la problématique foncière, avec un prix au mètre carré qui a triplé en 10 ans, Perpignan Méditerranée a créé en 2006 le FIF (Fonds d'Intervention Foncière), qui a permis de débloquer plus de la moitié des projets de constructions en diminuant le prix des terrains. Les 652 logements locatifs sociaux aidés et en accession sociale ont permis, dans le cadre du FIF, d’apporter une aide de 2 M€, soit une aide moyenne de 3 069 €/ logement. Enfin, Perpignan Méditerranée a permis de générer 66 millions d’€ de travaux générés répartis entre les parcs public et privé.

Quelles sont les orientations du Plan Local de l’Habitat ?

Jean-Paul Alduy : Il s’agit de répondre à l’enjeu de la croissance démographique tout en minimisant son impact sur l’environnement. Après la réussite du premier PLH dans la production nette de logements sociaux, nous souhaitons poursuivre nos efforts en recréant des trajectoires résidentielles, mais aussi en produisant des logements sociaux d’une qualité exemplaire. Enfin, cette orientation correspond à la volonté politique de Perpignan Méditerranée de renforcer les liens sociaux en apportant une réponse aux situations de mal-logement qui sont génératrices d’exclusion. Le PLH 2013-2018 est très ambitieux puisqu’il verra augmenter de 40 à 50 % le volume de constructions. Nous devons trouver les opérateurs et l’appareil de production devra s’adapter. Nous pouvons déjà compter sur l’Office HLM, rattaché à l’agglomération et qui fournit un rythme de 200 logements par an. Nous nous situons plutôt sur des petites opérations, ce qui est particulièrement exigeant. Nous avons aussi à relever un autre grand défi : la demande se situe plus sur le PLAI que sur le PLUS. Or, les PLAI sont très difficiles à sortir de terre. Quand les logements en Scellier se louent entre 8 et 9 €/m2, le PLS se situe entre 7 et 8 €/m2 et le PLAI entre 4 et 4,5 €/m2. C’est dans ce dernier segment qu’une très forte demande s’exprime ! C’est la raison pour laquelle nous avons fais de la politique sociale du logement une priorité pour 2013 au sein de PMCA. Nous gagnerons la bataille de l’habitat en y associant le transport et la mobilité, avec le projet de bus-tram.

De quoi s’agit-il ?

Jean-Paul Alduy : Avec plus de dix kilomètres de voies bus en coeur de ville, une fréquence de passage poussée à un bus toutes les 8 minutes en moyenne, une accessibilité totale à tous les types de passagers, le Bus-tram va offrir une desserte complète de la ville et révolutionner le transport dans l’agglomération.


PMCA lance des Zac communautaires. De quoi s’agit-il ?

Jean-Paul Alduy : C’est une première ! Nous sommes effectivement maître d’ouvrage sur deux Zac communautaires, en réponse à la demande de petites communes qui demandent l’aide PMCA. La Zac de Las Faïchettes, futur écoquartier situé à Peyrestortes, au nord de Perpignan, doit accueillir, à terme, environ 200 logements, dont les livraisons s’étaleront de 2016 à 2018. Le lancement de cette opération d’aménagement est prévu dans les prochains moins et comportera 25 % de logements sociaux et 5 % de PSLA. La seconde Zac est celle des Méravelles, à Le Soler, qui devrait aboutir à la livraison d’environ 400 logements, dont les livraisons s’étaleront de 2017 à 2019. En conclusion, bien que nous soyons inquiets en observant les tensions sur le marché du logement, nous nous battons sur de nombreux domaines, de l’incitation financière au développement d’une politique de réserve foncière, en passant par le lancement de Zac exemplaires.

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