Enquêtes

Grenade

Vendredi 14 octobre 2011
Au nord-ouest de l'aire urbaine toulousaine, la bastide médiévale met en place une stratégie adaptée à ses prévisions d'évolution démographique sans hypothéquer ses atouts et son rôle de référence dans un territoire à la ruralité affirmée.

Rémi André, Maire de Grenade : Une urbanisation contrôlée pour un développement équilibré du territoire

D’ici la fin de l’année le permis de construire d’un nouveau groupe scolaire sera déposé par la commune de  Grenade. En septembre 2014, selon le planning prévu, cinq  nouvelles classes devraient ainsi être ouvertes. Mais dés le début 2013 une nouvelle  crèche intercommunale, une vingtaine de lits pour les bambins, aura été inaugurée. Au même moment un centre de loisirs flambant neuf, pouvant accueillir 200 enfants, dont les travaux viennent de commencer, entrera en service. Points communs entre tous ces équipements, ils marquent une volonté de répondre à la croissance démographique de la commune, avec un nombre non négligeable de jeunes ménages, donc de jeunes enfants, mais aussi le fait de se situer, du moins pour les deux premiers, à l’entrée sud de la ville, près de la route de Toulouse. Un secteur, explique Rémi André, maire de la petite ville du nord-ouest de la Haute-Garonne, appelé à devenir le territoire d’expansion de la localité. «Nous avons jugé nécessaire de freiner une urbanisation qui se révélait quelque peu anarchique. Il fallait réfléchir à une nouvelle stratégie, permettant d’assurer une réelle cohérence à l’extension du tissu urbain en évitant le mitage de l’espace disponible. Beaucoup de lotissements, ou de pavillons en diffus, ont été construits à proximité de la route Grenade-Toulouse, sur le « plateau » au sud-ouest de la ville. Il convient d’assurer la liaison entre ce secteur et le tissu urbain plus dense. C’est l’un des axes de travail du  PLU en cours de révision. Mais tous les projets devront s’inscrire simultanément dans un démarche de mixité et de respect de l’environnement afin de ne pas hypothéquer nos atouts naturels, dans l’esprit de la charte de développement durable qui fait désormais office de document de référence ».

Un pôle d’équilibre territorial

Une stratégie qui justifie par ailleurs les travaux d’aménagement du chemin de Montagne, assurant la liaison entre la ville et le secteur susceptible de faire l’objet de projets futurs d’urbanisation.

La  maîtrise du développement urbain, et la mise en œuvre d’un plan global de déplacements constituent effectivement à cet égard le premier axe de la charte de développement durable. Une politique prospective qui s’inscrit aussi dans les perspectives offertes par les projets de la grande agglomération toulousaine et les opérations structurantes liées à ceux-ci.

La réalisation du futur parc des expositions, sur les communes d’Aussonne et de Beauzelle, mais aussi le prolongement de la « voie lactée », voie de liaison rapide, sous maîtrise d’ouvrage du conseil général, ainsi que la réalisation d’un nouveau pont sur la Garonne, et plus généralement l’ensemble des programmes d’aménagement du nord-ouest toulousain, avec les ZAC Andromède et Monges, assurent à Grenade une attractivité qui ne peut que s’affirmer dans les année à venir. « Nous nous situons dans l’aire urbaine toulousaine, nous bénéficions naturellement du dynamisme et du développement de celle-ci » explique Rémi André. «Mais nous avons aussi un rôle spécifique à jouer, dans le cadre du SCOT, en tant que pôle de référence sectoriel dans un environnement rural qui doit être préservé, sans oublier la proximité du Tarn-et-Garonne qui nous assure un rôle de transition au nord-ouest du département ».

Energies renouvelables et éco-construction

Mais en tout état de cause, le maire de Grenade en est conscient, les prévisions concernant l’accroissement de la population grenadine, environ 11 000 habitants à l’horizon 2030, implique dans les années à venir une production de logements susceptible de répondre à la demande. Mais l’avenir de Grenade se joue aussi dans le cadre de la communauté de communes Save-Garonne, dont Rémi André est le président. C’est ainsi dans une perspective de développement de l’ensemble du territoire intercommunal que s’inscrit le projet Valterra. Un projet qui se décline en trois volets. Le premier s’articule sur la création d’une ZAC de 120 hectares, sur la commune de Merville, en bordure du prolongement de la Voie Lactée, au débouché du futur pont sur la Garonne, et non loin du futur parc des expositions, dédiée aux énergies renouvelables et à l’éco-construction.  Les premiers aménagements devraient débuter d’ici deux ans. Le deuxième élément, qui a obtenu le label d’excellence rurale, concerne la création d’une filière maraichage et agriculture de proximité, avec des circuits courts de distribution, permettant de valoriser les espaces agricoles périurbains conservés. Rémi André milite enfin pour la création d’un pôle d’activité autour du cheval et des activités équestres qui pourrait trouver place autour de l’hippodrome de Grenade. Un projet qui exige cependant, précise le maire, la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés par cette activité.

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