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Pyrénées-Orientales : le logement social dans tous ses états !

Dimanche 15 janvier 2012
Tous les acteurs de la vie politique et du monde de l'immobilier au coeur du logement social pour une production de qualité sur les secteurs qui en ont le plus besoin. En locatif pour une grande part mais aussi avec les mécanismes de l'accession sociale dont le PSLA (location accession).

Logement social : tous les acteurs sur le pont

La forte demande de logements sociaux, liée à la croissance démographique, mobilise d’importants moyens dans les Pyrénées-Orientales.

Le logement social est une priorité dans les Pyrénées-Orientales. Avec quelque 8 700 logements, l’Office HLM départemental 66, le plus important du département, en  produit 300 à 400 nouveaux logements neufs chaque année et consacre un budget de 8 millions d’euros consacrés à la rénovation et à l’entretien de tous les sites placés sous sa responsabilité. De son côté, l’OPH Perpignan Méditerranée, qui couvre 36 communes et gère un parc de 6 200 logements, en a livré 131 en 2011 mais en compte actuellement 246 en cours de construction, 393 en cours de conception et chiffre à plus d’une centaine le nombre de logements à l’étude sur sept communes (Canet, perpignan, Saint-Nazaire, Llupa, Canohès, Bompas, Villeuneuve de la Rivière).

C’est indéniable. La production de logements locatifs sociaux s’accroît sur l’ensemble du département, notamment « dans les communes où les tensions sur le logement sont vives », constate l’Observatoire Départemental de l’Habitat de l’agence d’urbanisme catalane. C’est le cas en plaine, sur la commune d’Alénya qui a enregistré une forte croissance démographique. « Son parc LLS qui ne représentait que 3,7% des logements occupés en 2002 se porte aujourd’hui à 8,3% », note l’observatoire dans son dernier rapport. Dans le Bas Conflent, aussi, la forte demande pousse des communes à augmenter leur parc : ainsi, la commune de Vinça a doublé sa production avec un parc social qui est passé de 3,7 à 11,4% et Prades a augmenté de moitié son stock de logements sociaux. Dans le Vallespir, des petites bourges des Fenouillèdes ont trouvé la solution du logement social pour enrayer le déclin démographique en proposant aux jeunes populations des logements à prix abordables. D’autres sont aussi engagées dans un rattrapage de leur retard. Enfin, certaines communes se sont véritablement engagées dans une démarche de rattrapage : c’est le cas de Pollestres et de Toulouges. Le premier bailleur de logement social du département, l’Office 66, confirme cette tendance : « Nous avons une vocation de service public, explique Ségolène Neuville, sa présidente. Nous sommes ainsi étendus sur l’ensemble du territoire des Pyrénées-Orientales et nous travaillons avec les maires de 124 communes ! ». Cerdagne, Capcir, les trois Vallées, toute la côte est concernée : « La plupart des demandes provient de la Plaine du Roussillon et de la Côte Rocheuse, ajoute la président de l’Office 66. Pour être au plus près du terrain et réaliser un suivi personnalisé des familles et ainsi éviter des situations de surendettement, nous avons ouvert des agences sur Perpignan, Prades, Ceret ou Saint-Paul-de-Fenouillet ».

Demandes et types de production

La demande est réellement forte sur le département. On en dénombre 5 000 pour le seule Office départemental et à 7 000 de façon globale. Comment expliquer ce phénomène ? « D’abord, le solde démographique est positif, analyse Ségolène Neuville. Ensuite, le logement privé affiche des niveaux de loyers ou des prix d’acquisition trop élevés pour les actifs. Enfin, nous enregistrons de nombreuses demandes de locataires logés par d’autres organismes sociaux ». Sur l’ampleur du phénomène, le directeur général de l’OPH Perpignan Méditerranée, Philippe Maréchaux, ajoute : « La demande reste la même : près de 80 % des habitants peuvent prétendre à un logement social et cette tendance ne baisse pas ». Quel est le type de production proposé par ces organismes ? « Sur les 350 logements annuels, la grande majorité concerne du PLUS, note Ségolène mais les PLAI représentent 80 à 100 logements. Quant au PSLA, nous en réalisons un peu, surtout à la demande des communes ».

La VEFA est aussi toujours à l’ordre du jour et les promoteurs privés actifs, à l’instar d’Icade Foncière Développeur : « Pour 2012, sur notre production de 280 logements, nous avons une part importante de logements sociaux. C’est le cas sur la Zac de Bompas où 150 logements sociaux sont concernés à I3F, l’OPH et Arcade, explique Daniel Para-Bruguière, Directeur de l'Agence Icade de Perpignan. Je compte également une autre opération à Perpignan, en copromotion avec Agir, pour laquelle 47 logements ont été vendus en bloc à I3F. Cette production de logements sociaux nous permet de disposer d’une activité régulière».  Cette activité en VEFA, l’OPH Perpignan Méditerranée la développe en partenariat avec les promoteurs. Comme le souligne Philippe Maréchaux, « nous menons cette démarche de partenariat dans le cadre du PNRU II. Elle permet d’élargir notre offre, aux promoteurs de répondre à leurs obligations de production et aux maires de satisfaire à la demande en matière d’habitat ». Pour l’OPH Perpignan-Méditerranée, l’effort se concentre sur le PNRU, avec 727 logements à réhabiliter sur la période 2012-2014 pour une moyenne d’investissement de 8 000 € par logement. Outre le Bas-Vernet et Canet, l’OPH réfléchit à d’autres opérations de location-accession « pour permettre aux ménages à revenus modestes d’accéder à des logements à faible consommation énergétique ».

Pour autant, des nuages planent-ils en 2012 ? « Nous avions programmé 500 logements en 2012 mais la hausse de la TVA va nous coûter 600 000 €/an, regrette Ségolène Neuville. Ce frein s’ajoute au surcoût des logements en BBC, même si le Conseil Régional apporte une aide substantielle. Le point positif est que la demande, même importante, reste stable et que nous maintiendrons notre production ».

Le Programme National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés

Le PNRQAD de la ville de Perpignan concerne le quartier de la gare qui compte près de 3 700 logements, quartier de faubourg de la fin du 19e siècle. Il présente une typologie de logements très variée, favorable au développement d'une réelle mixité sociale.

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