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Perpignan poursuit son dévellopement urbain : entretien avec le maire Jean-Marc Pujol

Lundi 10 juin 2013
Perpignan poursuit son développement urbain : production de nouveaux logements neufs et réhabilitation de ses anciens quartiers.

Perpignan poursuit son développement urbain. Avec le quartier Pou de les Colobres, elle alimente une production de logements nécessaire au regard de la demande.

« Nous créons les conditions d’une qualité de vie »

Comment réagissez-vous au recul des ventes de logements neufs sur Perpignan ?

Jean-Marc Pujol : Nous avons bien conscience de la complexité de la situation et nous sommes en train de réfléchir de développer une offre complète de logements dans le cadre de la révision du PLU. Nous allons plus axer une partie de la production sur les logements à destination des primo accédants ainsi qu’à destination d’accession en résidence principale. La demande en pavillons est toujours forte et l’offre pas toujours au rendez-vous. Il est vrai que la part des investisseurs était très importante, comme dans beaucoup d’autres villes et qu’elle a reculé. Au regard de l’importance de la demande de logements et de la croissance démographique soutenue que nous constatons à Perpignan, nous venons de demander l’agrément auprès du Préfet de Région pour être éligible au dispositif de défiscalisation « Duflot ».

Quelle est l’opération phare prévue pour 2013 ?

Jean-Marc Pujol : A l’entrée Sud de la ville, Perpignan a engagé la réalisation d’un nouveau quartier emblématique : c’est le projet du Pou de les Colobres, qui apporte une réponse locale aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux du secteur. Il a été lauréat du premier appel à projet Eco-quartier dans la catégorie des projets d’avenir. Ce futur quartier participe aux grandes dynamiques démographique, sociale, économique et écologique de l’agglomération. A terme il devrait accueillir près de 4 000 habitants, 14 600 m2 d’activités et commerces et 20 200 m2 d’équipements. Il s’inscrit comme un site stratégique dans les objectifs des documents de planification d’échelle intercommunale. C’est l’affirmation d’une spécificité méditerranéenne au travers de trois axes majeurs. Il s’agit de créer les conditions d’une qualité de vie et d’usages, de rechercher la performance énergétique dans l’objectif d’un quartier à énergie positive et de maîtriser l’eau dans un climat méditerranéen en créant un chemin de l’eau à ciel ouvert et des espaces de rétention et d’infiltration paysagés.

Comment s’organise ce quartier du Pou de les Colobres ?

Jean-Marc Pujol : Le quartier est divisé en plusieurs sites, qui multiplient les fonctions complémentaires. Le secteur des coteaux est composé de grands macro-lots qui accueillent une mixité d’habitats sur des terrains en déclivité douce et particulièrement bien exposés. Il s’articule autour d’une grande coursive, installée sur une courbe de niveau entre coteaux hauts et de coteaux bas. Le village d’entreprises est directement accessible et en vitrine sur la voie de contournement Est. Cet emplacement économiquement porteur assure la transition entre le quartier et la zone d’activités du Mas Guérido de la ville de Cabestany qui le jouxte. Avec le front de rocade, un ensemble moderne de bureaux, de services et d’équipements, qui accueillera un futur collège, est positionné en tête de pont du quartier, directement accessible depuis le réseau de transports en commun (bus-tram) de l’avenue d’Argelès-sur-Mer. Enfin, avec le secteur de la promenade, au sud, le long de l’avenue Giraudoux, cet ensemble propose une mixité de fonctions et de logements, à dominante d’habitat collectif, coiffant de nombreux commerces en rez-de-chaussée. Ce quartier se caractérisera par une urbanité plus affirmée en miroir sur l’ensemble voisin du Moulin-à-Vent.

Combien de logements représentera à terme ce projet ?

Jean-Marc Pujol : Cette opération Pou de Las Colobres comprend une surface totale de 34.4 hectares, dont 14.4 de surfaces privées et le nombre total de logements répartis sur les différents secteurs est estimé aujourd’hui entre 1 200 et 1 400 logements pour une surface hors œuvre nette de 10.6 hectares environ. La ville de Perpignan s’inscrit ici dans un objectif de « Ville à énergie positive », et les exigences iront donc de la RT 2012 – 10 % à des bâtiments à énergie positive, suivant les opérations. Cette stratégie s’inscrit dans un démarche que nous voulons réaliste, non seulement par rapport aux réglementations thermiques en vigueur, au surcoût complémentaire inévitable de cette politique mais également par rapport au phasage opérationnel du quartier qui s’étalera sur huit ans. L’aménagement prendra la forme de logements collectifs, de logements intermédiaires ainsi que d’individuel groupé. Par ailleurs, nous poursuivons le développement des Zac du Foulon où deux lots dédiés à l’habitat mixte et collectif verront le jour cette année ainsi que de la Porte d’Espagne où sont présents Urbat et Icade.

Que va provoquer l’ouverture de la ligne TGV entre Perpignan et Barcelone ?

Jean-Marc Pujol : Bien que nous traversions une situation complexe au niveau économique, cette ouverture va donner un coup de fouet à l’économie locale et au tourisme, et dans une moindre mesure au secteur du logement. J’ai voulu orienter mon mandat sur la restructuration des quartiers, sur le renforcement des centres sociaux, sur des projets urbains de proximité. Nous ne sommes plus à l’heure des défis architecturaux et c’est le maillage de l’ensemble des parties de la ville qui devient une priorité. Il faut conserver à l’esprit que Perpignan reste, avec 120 000 habitants, l’une des toutes premières de villes de France dans le domaine de la croissance démographique, avec un apport de 1 500 habitants par an. Perpignan bénéficie d’un attrait tel qu’elle supplante parfois, dans les critères de choix d’installation, les communes de la Côte d’Azur. Ici aussi, nous créons aussi les conditions d’un développement de l’activité économique, comme le montre le développement du très intéressant projet Technosud 2, avec 14 ha dédiés aux énergies renouvelables, à l’écoconstruction, aux hautes technologies et à la biotechnologie.

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