Enquêtes

Nord-Ouest, les habits neufs de la métropole

Samedi 7 janvier 2017

Territoire en fort développement, le nord-ouest de l’agglomération, autour de Blagnac, bénéficie aujourd’hui de la plus forte production de nouveaux logements. Un dynamisme à la mesure d’un pôle économique, avec l’aéronautique, de première importance

Le groupe Airbus vient d’inaugurer, courant septembre, sa «Ladership University ». Situé à proximité immédiate de l’usine Lagardère, ou sont montés les A380, cet établissement, dédié à la formation des cadres de l’avionneur, fait suite à la récente ouverture du siège du groupe aéronautique, toujours sur la commune de Blagnac. Au delà de leurs valeurs symboliques ces réalisations apportent une manne non négligeable aux entreprises du bâtiment. Mais elles témoignent surtout de l’importance d’un secteur industriel essentiel pour l’ensemble de l’économie locale, régionale, voire nationale. Si Toulouse est aujourd’hui la capitale européenne de l’aéronautique, c’est pour une bonne part à Blagnac, certes à parité avec sa voisine Colomiers, qu’elle le doit. D’autant que la montée en puissance de cet acteur économique majeur s’accompagne d’autres installations comme celles des sièges régionaux d’Akka Technologie ou du groupe Safran, toutes deux sur la ZAC Andromède. Elles confortent le potentiel en termes d’emplois, non seulement de Blagnac, environ 40 000 pour cette seule commune, mais aussi de tout un territoire, au nord-ouest de l’agglomération toulousaine dont il constitue sans conteste, si l’on ajoute encore la présence d’une plateforme aéroportuaire qui demeure l’une des premières en région, le pôle majeur de développement.
Rien d’étonnant, dans ces conditions, que ce territoire, qui recoupe en gros celui de l’ancien SIVOM Blagnac Constellation, sur les cinq communes de Blagnac, Beauzelle, Aussonne, Cornebarrieu, Seilh et Mondonville, soit devenu celui qui connaît la plus forte urbanisation. Avec deux opérations majeures d’aménagement, Andromède, sur les communes de Blagnac et Beauzelle, et Monges-Croix du Sud, sur celle de Cornebarrieu. Deux opérations qui répondent aux orientations définies par Toulouse Métropole, avec un principe-clé: rapprocher les lieux résidentiels des lieux d’activité. En toute logique la plus forte production de nouveaux logements s’inscrit ici au cœur du premier bassin d’emplois de l’agglomération. 5 800 logements sont prévus à terme sur l’ensemble des deux quartiers Andromède et Monges, plus de 2 500 sont déjà livrés et environ 800 sont actuellement en cours de commercialisation ou vont prochainement l’être. Des programmes d’envergure.
Quelques exemples : Urbis avec la troisième tranche de « Play Time », plus de 120 logements, Pragma avec « Oh Résidence », 150 logements, Kaufman & Broad avec « Le Cassiopée », appartements et villas, Green City et Colomiers Habitat avec « Le Clos d’Agate », 101 logements, Sporting Promotion, 101 logements, Promologis et Zélidom avec « Le Parc de Cybèle », 66 logements en locatif et accession sociale à la propriété sur Monges-Croix du Sud etc.
   
Des programmes à forte valeur patrimoniale
 
Ces réalisations ne sauraient cependant occulter celles d’autres programmes, de moindre envergure, qui s’inscrivent, en dehors de ces nouveaux quartiers, ainsi que l’indique le maire de Blagnac, Bernard Keller, dans la volonté de valorisation du tissu urbain existant, en particulier, dans la logique des «contrats d’axe » le long de la ligne de tramway : route de Grenade deux programmes de 27 et 18 logements vont ainsi être réalisés par Flogui, 35 logements par Eiffage Immobilier, et Green City a déposé un permis pour 106 logements. «Blagnac fait l’objet d’une demande très importante », souligne Stéphane Aubay, son président.
«Disposer d’un foncier a proximité du centre ancien représente une opportunité précieuse ». Un centre ancien que la Ville s’attache donc à valoriser avec le projet «Blagnac Centre 2020 », qui intègre à côté du patrimoine historique, des programmes neufs qualitatifs et bien intégrés. BDP Marignan vient ainsi de lance la commercialisation du programme « Coeur de Blagnac » une cinquantaine de logements, rue Fonsorbes, à deux pas de l’Hôtel de Ville.
« Une situation qui assure à ce programme une réelle valeur patrimoniale » affirme Christophe Brochet, directeur régional de BPD Marignan. Les interventions en matière de logements peuvent aussi s’inscrire dans le cadre d’une opération de renouvellement urbain. C’est le cas du quartier des Barradels, avec les opérations de démolition-reconstruction initiées par deux opérateurs du logement social, Promologis et la Cité Jardins, qui concernent respectivement 180 et 196 logements. A Beauzelle la Cité Jardins vient par ailleurs d’inaugurer une résidence dédiée à l’accession sociale à la propriété de 70 logements.
 
Une urbanisation maîtrisée

Avec les deux vastes opérations d’urbanisme en cours sur leur territoire, les communes de Blagnac, Beauzelle et Cornebarrieu, qui sont en outre les plus proches, au contact direct de la ville centre de la métropole, concentrent en toute logique la majeure partie de l’offre en nouveaux logements. Mais si les communes en deuxième couronne, soucieuse de conserver un environnement naturel qui représente un avantage et un argument qualitatif majeur, voire une activité agricole péri-urbaine dont le maintien est préconisé par le projet territorial métropolitain, et amenées aussi à respecter les préconisation du SCOT, font l’objet d’une urbanisation plus limitée, elles n’en sont pas moins concernées par certains projets. Sur la commune de Seilh, un projet d’aménagement sur le site de Laubis, sélectionné dans le cadre du concours européen d’urbanisme Europan, avait été un temps remis au placard.
Revu et corrigé il est de nouveau à l’ordre du jour, avec un début de réalisation, sous réserve, d’ici deux à trois ans. 600 logements, à côté de commerces et d’équipements publics pourraient ainsi voir le jour dans une logique de forte  intégration environnementale.
A Mondonville par contre une opération d’aménagement du centre-bourg est aujourd’hui résolument entrée en phase opérationnelle. Après la réalisation d’une médiathèque, d’un nouvel Hôtel de Ville et d’un vaste espace public, la construction par Kaufman & Broad d’un ensemble de 125 logements, avec 25% de logements sociaux confiés à la Cité Jardin, est désormais en cours pour une livraison prévue dès la fin 2017. Dés la fin de cette année débutent par ailleurs les travaux d’un équipement majeur à vocation métropolitaine et régionale. Le PEX, futur Parc des Expositions, quelques 70 000 m2 couverts, sur les communes d’Aussonne et Beauzelle, devrait ouvrit ses portes à l’horizon 2020.
Un équipement structurant qui ne manquera pas, souligne Bernard Keller, au delà de sa vocation strictement économique, d’irriguer l’ensemble du territoire du nord-ouest en contribuant encore à son attractivité et son développement.

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