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Narbonne, Tête de pont et base arrière des métropoles du Sud

Lundi 10 juin 2013
Entretien exclusif avec Jacques Bascou, maire de Narbonne et Président du Grand Narbonne sur le lancement du quartier ESt avec la Zac Les Berges de la Robine.

 Narbonne, tête de pont et base arrière des métropoles du Sud

Quartier des Berges, pôle santé, pôle universitaire, Musée de la Romanité, gare TGV… Jacques Bascou aborde l’ensemble des sujets qui feront l’actualité de Narbonne en 2013.

A quoi correspond le lancement du quartier Est avec la Zac Les Berges de la Robine ?


Jacques Bascou : Par son attractivité due à ses atouts naturels (carrefour historique, climat, patrimoine, environnement exceptionnel, qualité de vie, potentiel de développement à la confluence de trois métropoles) Narbonne connaît une croissance démographique régulière. Jusqu’ici, il y avait eu une tendance qui consistait à répondre à cette demande par un étalement urbain. Nous en payons aujourd’hui les conséquences, avec des problèmes de transport, des demandes de services publics difficiles à satisfaire, et une forme de désocialisation et d’enfermement propre aux zones pavillonnaires. Le quartier des Berges de la Robine est un projet qui se situe à 800 mètres de la place de la Mairie et répond à mon souci de reconcentrer la ville à l’intérieur de ses rocades dont le dernier chaînon (au nord-est) sera réalisé en 2015. Ce quartier des Berges, s’inscrira entre le stade, le Théâtre et le futur Musée de la Romanité. Il comprendra 1000 logements (dont 25 % en habitat social), des bureaux (8000 m2), des commerces de proximité et un espace hôtelier. Au-delà du canal de la Robine, le quartier sera connecté avec un parc paysager dédié aux loisirs de nature et un projet de port fluvial porté par la Chambre de Commerce. Ici c’est la qualité de vie méditerranéenne qui sera privilégiée, avec bien sûr tous les critères d’un éco quartier ce qui nous a déjà valu une subvention exceptionnelle du Conseil régional, au titre des « nouvelles formes urbaines durables ». La Ville vient de désigner un groupement pour l’aménagement de cette future ZAC : il est formé de la société d’économie mixte d’aménagement ALENIS et de Languedoc-Roussillon Aménagement.
Que vont apporter des projets comme le Musée de la Romanité, le pôle universitaire ou le pôle santé à Narbonne ?
Jacques Bascou : Ces projets ont en commun de développer les atouts naturels et l’attractivité de Narbonne. Le musée de la Romanité (ouverture prévue au printemps 2016) c’est la mise en valeur d’un patrimoine exceptionnel dans un musée signé par Norman Forster, un des pus grands architectes du moment. Là, c’est la renommée internationale que nous visons, avec l’implication de la Région ! Le pôle universitaire va s’enrichir à la rentrée prochaine d’un IUP neuf dédié au Droit de l’Urbanisme et de l’Immobilier. Ce sont des formations uniques en France qui attireront de nouveaux étudiants et permettront à nos jeunes de se former sur place. Le Pôle de santé, formé par l’unification des cliniques existantes sur la zone voisine de Montredon-des-Corbières, c’est la possibilité donnée à Narbonne et au Grand Narbonne, de disposer de soins de qualité sur le territoire. Culture et patrimoine, éducation, santé… Ajoutez un bon réseau de transports et un climat ensoleillé et vous avez là les ingrédients qui feront la différence demain dans la compétition entre les territoires…
Entre la gare TGV et l'aire narbonnaise, quelle histoire est-elle en train de s’écrire ?
Jacques Bascou : Le TGV c’est la grande affaire et le grand espoir de demain. La gare à Narbonne, que nous défendons au sein d’une « union sacrée » avec les institutions politiques et économiques audoises, aura un effet démultiplicateur sur le développement de Narbonne et du territoire. Elle ne conditionne pas nos projets, mais elle nous permettra indéniablement de gagner du temps. C’est pourquoi le consensus, dégagé en octobre 2012, pour positionner une gare à Narbonne a suscité une grande satisfaction et beaucoup d’espoir. Reste maintenant à confirmer la ligne Montpellier-Perpignan parmi les priorités du gouvernement.

Pour répondre à la demande de logements, mettez-vous en place d’autres moyens ?

Jacques Bascou : Je vous l’ai dit, je souhaite reconcentrer la ville et développer un urbanisme centré sur la qualité de vie. Cela vaut pour le cœur historique où nous aurons à reconquérir par des politiques volontaristes certains îlots en voie de paupérisation. L’aménagement de nos promenades emblématiques du cœur de ville (la promenade des Barques et du Cours Mirabeau seront inaugurés en juillet 2013 ndlr) est un acte fondateur de cette reconquête qui réclamera des engagements publics et privés. C’est un sujet qui me passionne et pour lequel je me suis beaucoup investi en tant que député en refondant à l’Assemblée nationale, le groupe d’études des Villes d’art et d’histoire et à secteur sauvegardé. Je suis toujours ces problématiques au sein du bureau de l’Association des Villes d’art et d’histoire.
Cette reconcentration de la ville concernera tous les quartiers, avec des approches différentes. Dans les quartiers dits difficiles - quoique Narbonne n’ait pas sur ce plan de problèmes insurmontables - nous avons actionné le levier de la rénovation urbaine dans le cadre de l’ANRU. Tout l’ensemble de Berre-Cesse sera achevé début 2014, à l’ouest de la ville. Ici, avec nos partenaires, nous aurons investi plus de 22 M€ en cinq ans. Mon souhait est de renouveler une ou deux opérations de cette nature dans d’autres secteurs en difficulté. Avec pour objectif d’offrir aux Narbonnais une grande qualité de vie, quels que soient les quartiers où ils habitent.
Notre réflexion se porte également sur le traitement des secteurs urbains hérités du boum immobilier des années 60 et 70 et souvent occupés par une population vieillissante. Nous devrons nous interroger notamment sur la possibilité de construire en hauteur le long des boulevards et des avenues.

Comment appréhendez-vous l'année 2013 ?

Jacques Bascou : La situation est en effet difficile pour le secteur du bâtiment. Au contraire, dans la mesure de leurs possibilités, et pour autant qu’elles conservent la confiance des banques, ce qui est le cas de Narbonne et du Grand Narbonne, les collectivités jouent durant cette période difficile un rôle « d’amortisseur de crise ». Les collectivités que je préside poursuivront leurs plans d’investissements pour préparer la ville et le territoire aux défis du futur. La crise ne doit pas nous faire baisser les bras. Au contraire, ceux qui auront anticipé sortiront mieux armés de cette longue crise.

Qu'a changé l'arrivée de huit communes supplémentaires au sein de l'agglomération ?


Jacques Bascou : Cette intégration ne change rien dans la mesure où nous l’avions anticipée depuis des années à travers un Schéma de cohérence territoriale qui fut un des tout premiers approuvés en France. Nous avons ainsi établi un plan d’aménagement du territoire qui détermine les zones d’activités, les zones d’habitat et l’implantation d’équipements publics. Cette intégration s’inscrit donc dans une logique de réflexion sur le territoire qui n’est pas nouvelle.

 
Quelle place Narbonne est-elle en train de prendre au sein de la région ? 

Jacques Bascou : Narbonne possède toutes les caractéristiques des villes moyennes à forte attractivité, car elle permet l’épanouissement des modes de vie actuels. Sa position géographique reste évidemment un atout magnifique qui se bonifiera encore avec l’arrivée du TGV. La grande vitesse mettra Narbonne et son territoire à un jet de pierre de Montpellier, Toulouse et Barcelone. Cette proximité sera favorable à l’économie avec l’implantation d’entreprises ou de filiales en liaison avec les trois métropoles, ou encore avec l’installation de Montpelliérains, de Toulousains et de Barcelonais en recherche d’une qualité de vie unique à deux pas de leur lieu d’activité. Narbonne peut jouer tour à tour le rôle de tête de pont ou de base arrière des métropoles du Sud. Dans tous les cas, elle aura une place éminente, c’est ma conviction !


 

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