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Narbonne

Mardi 15 mars 2011

Narbonne : « Réfléchir et répondre à la progression de la population »


Jacques Bascou,
Député-maire de Narbonne et Président du Grand Narbonne

 

Immobilier Mode d'Emploi : Quelle est l’évolution démographique de Narbonne ?

Jacques Bascou : Narbonne connaît une forte croissance de sa population et, en l’espace de dix ans, nous avons enregistré une progression de 12 % des habitants, de 46 000 à 52.000. La population progresse de 600 à 700 habitants par an et en 2040, elle sera de 30 % plus importante qu’aujourd’hui. C’est pourquoi il est nécessaire de mener une réflexion en amont et c’est la raison pour laquelle le SCOT du territoire narbonnais a été l’un des premiers à être approuvé. La puissance publique et les élus doivent s’investir devant le phénomène d’héliotropisme et la difficulté à trouver des logements dans un contexte d’augmentation des prix de l’immobilier et du risque de voir certaines communes devenir des dortoirs. Avec 32 communes, dont Port-la-Nouvelle, et l’arrivée de huit nouvelles communes au 1er janvier 2012, l’agglomération de Narbonne répond aux orientations du SCOT.
Immobilier Mode d'Emploi : Quelle est la traduction de cette nécessité en matière de projets urbains ?

Jacques Bascou : Avec la Zac du Quartier Entrée Est, approuvé l’an dernier, nous disposons d’une trentaine d’ha où figurent le projet de stade rénové, le Musée de la Romanité mais aussi 800 logements réalisés dans un esprit de mixité d’ici sept à huit ans. C’est un projet que l’on porte sur plusieurs mandats qui est proche de la ville et à côté du canal de la Robine. Les études préalables ont été réalisées par l’équipe d’urbanistes et l’aménageur sera désigné courant 2011 pour un lancement de l’aménagement courant 2012. Narbonne est une ville qui s’est hélas étendue sans réflexion urbanistique car les terres disponibles étaient nombreuses. Avec le quartier Ouest, nous souhaitons créer, de l’autre côté de la voie du chemin de fer, un secteur qui sera complètement réalisé d’ici à une quinzaine d’années. Un certain nombre de points est lié à l’incertitude qui pèse sur l’implantation de la future gare TGV et sur la jonction avec la gare actuelle. Il a toujours été question d’une gare entre Montpellier et Perpignan et je pense que Narbonne est située à un carrefour pour assurer les liaisons vers Bordeaux et Toulouse. Par précaution, nous avons acquis un certain nombre de terrains et quoi qu’il en soit, un point de jonction est nécessaire avec Narbonne qui n’est pas la seule concernée puisque nous avons noué des relations avec Carcassonne. Laissant les vieilles rivalités de côté, nous avons décidé de travailler ensemble et si Carcassonne appuie notre projet de gare, nous la soutenons sur son projet de développement de l’aéroport. Dans le même sens, nous réfléchissons à développer le tourisme d’arrière-saison dans cette région.

Immobilier Mode d'Emploi : Quelles actions menez-vous sur le centre-ville ? 

Jacques Bascou : Narbonne fait partie des villes françaises bénéficiant d’un secteur sauvegardé qui concerne le centre Historique sur 73 ha. Nous avons deux opérations dans le cadre de la Loi Malraux et nous réfléchissons à réaliser de l’habitat social dans le centre. Bien que nous ayons, sur la commune, 21 % de logements sociaux, une partie du parc est dégradée. En matière de renouvellement urbain, le quartier de Bourg bénéficie, également, d’une Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat de Renouvellement Urbain permettant aux propriétaires de bénéficier d'aides incitatives pour la réhabilitation. En tant que Député, je fais partie d’un groupe d’études à l’Assemblée Nationale sur la restauration du patrimoine ancien avec des pistes comme celle d’une défiscalisation liée à la réalisation de logements sociaux en centre-ville ancien, au développement durable et à la mise aux normes de sécurité du centre-ville ancien.

 



Immobilier Mode d'Emploi : Quelles sont vos priorités  sur Narbonne ? 

Jacques Bascou : Nous sommes une équipe nouvelle et nous associons la population à la réflexion qui est menée. Trop de permis de construire ont été délivrés de façon inconsidérée et si l’on n’organise pas, on subit ! C’est en tout cas autour de cet axe que le territoire de l’agglomération s’organise. Nous menons une réflexion sur les transports avec des pistes sur une plateforme multimodale à partir du rail, des bus et en lien avec les déplacements doux comme avec une navette électrique. Nous avons des partenariats avec des villes comme Béziers ou avec Perpignan. Après le développement de Montpellier, c’est maintenant l’heure des villes moyennes et il faut compter sur nos propres forces dans le cadre d’un travail commun menée avec d’autres villes, comme ce sera le cas avec le Musée de la Romanité. Nos complémentarités ne pourront être valorisées que dans le cadre d’une réflexion globale.

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