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Murétain. Une nécessaire maîtrise foncière pour une meilleure répartition de l'habitat

Mercredi 23 septembre 2015
Confrontée à l'une des plus forte expansion démographique de l'aire urbaine toulousaine, la communauté d'agglomération du murétain souhaite réguler l'urbanisation de son territoire en privilégiant les opérations d'aménagement structurantes.

Murétain. Une nécessaire maîtrise foncière pour une meilleure répartition de l'habitat

 

Le 16 juillet dernier Muret signait son contrat de ville en présence de Myriam El Khomri, alors secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville. L'occasion pour André Mandement, maire de Muret et président de la CAM (communauté d'agglomération du murétain) de rappeler les grandes lignes de la politique mise en œuvre en matière d'urbanisme et de logement. «Notre action s'inscrit dans la volonté de rétablir les grands équilibres entre les divers quartiers de la ville, et de définir, avec l'ensemble de nos partenaires, les actions à mener sur les quartiers prioritaires dans un objectif de requalification et de meilleure insertion non seulement en termes de cadre bâti, mais aussi de vie sociale et d'activités économiques ». Plus concrètement deux quartiers d'habitat collectif sont particulièrement concernés par cette démarche, le quartier Saint-Jean et le quartier centre-ouest. Les interventions, qui demandent encore à être précisées, doivent donc permettre de requalifier ces ensembles de logements sociaux et de les ouvrir vers les autres quartiers. En un mot de les réintégrer dans la ville au plein sens du terme. Parallèlement d'autres actions sont prévues qui concernent elles directement le centre-ville avec la requalification de la place de la République et l'aménagement des allées Niel.

Une opération de renouvellement urbain


Les deux projets, dans leur différence et leur spécificité, témoignent bien de l'axe directeur de la ville en matière d'urbanisme : jouer simultanément sur la valorisation de l'hyper-centre et des quartiers plus périphériques, qui concentrent de fait une part conséquente de logements sociaux. Le nord de la ville témoigne aujourd'hui éloquemment de cette stratégie à travers deux opérations majeures. L'entrée de ville bénéficie désormais d'une efficace mise en valeur avec la réalisation d'immeubles destinés à des locaux d'activités, d'un cinéma multiplex, de locaux culturels. Mais la réalisation emblématique, en matière de logement, réside dans une vaste opération de renouvellement urbain : la restructuration d'un ensemble d'habitat social, le Square Maïmat. Réalisée sous maîtrise d'ouvrage du groupe Promologis, opérateur historique du logement social sur le murétain, cette opération, lauréat du prix de l'architecture Midi-Pyrénées, implique après démolition des barres d'immeubles vétustes la construction de 221 logements locatifs sociaux et en accession sociale à la propriété, avec la réhabilitation d'une copropriété voisine d'une quarantaine de logements. L'aménagement des espaces publics, destinés à accueillir un marché de plein vent, étant assuré par la ville. Dans le cadre du lancement d'une deuxième tranche, un programme privé est prévu en parallèle des logements sociaux. Réalisé par AFC Promotion, un immeuble de 18 logements, destiné à être vendu en bloc à un investisseur institutionnel, commencera à sortir de terre avant la fin de l'année. Avec une conception par la même équipe d'architectes, et sur le même mode, que les logements de Promologis, l'agence Puig-Pujol. «Nous avons voulu rester en harmonie avec une architecture très contemporaine et très qualitative » précise Eric Miras, directeur régional d'AFC Promotion. «Nous souhaitions par ailleurs nous inscrire dans la dynamique impulsée par le maire à travers le renouveau du quartier nord ».

Préserver les zones naturelles


La politique de la ville en matière d'urbanisation et de nouvelles constructions s'inscrit plus globalement dans une double objectif qu'André Mandement ne manque pas de rappeler. Eviter le grignotage des espaces naturels, en particulier sur les côteaux en rive gauche de Garonne, particulièrement prisés, en limitant l'urbanisation extensive dont ils ont longtemps fait l'objet. Et ramener les constructions sur des zones susceptibles de permettre un aménagement programmé et contrôlé. Dans cette logique, à l'opposé géographique des opérations de restructuration des anciens ensembles de logements sociaux, au nord, c'est le sud de la commune qui est ici privilégié, dans le cadre d'un projet permettant de répondre à une demande importante en matière d'habitat. «Muret 2025 » concernerait ainsi l'aménagement d'une vaste zone sur des terrains situés entre la voie rapide et la Garonne, susceptible d'accueillir plusieurs centaines de logements. Un projet à long terme qui doit cependant faire l'objet d'une définition précise. Car aujourd'hui, reconnaît le maire, il convient de faire une pause après une phase une phase de construction tout azimuth dans les années 90 et au début des années 2000.
Cette problématique, qui implique avant tout de mettre en œuvre une véritable stratégie de maîtrise foncière, intéresse de la même manière, quoique à des degrés divers, les seize communes de la CAM. Un ensemble confronté, comme toutes les collectivités en première et deuxième couronne de l'agglomération toulousaine, à un afflux démographique particulièrement conséquent. Alors qu'elle comptait moins de 64 000 habitants lors de sa création, en janvier 2004, la CAM en totalise aujourd'hui plus de 90 000... Une progression qui s'explique autant par la volonté de bénéficier d'un environnement paysagé largement préservé que par la relative proximité de Toulouse, accessible par la voie rapide et désormais, depuis Muret, par un cadencement des liaisons ferroviaires, avec le potentiel d'emplois des zones d'activités du sud toulousain mais aussi des zones commerciales de Portet et Roques-sur-Garonne.

Opérations structurantes


Pour les communes directement en contact avec la ville centre de la métropole, comme pour Muret, réguler l'afflux potentiel de nouveaux habitants est devenu un impératif. Les constructions en diffus, si elles peuvent encore se poursuivre, ne doivent plus dominer le marché du logement neuf. La CAM manifeste ainsi clairement sa volonté de limiter les droits à construire dans les communes les plus excentrées, et de favoriser les opérations structurantes dans celles situées sur l'axe Muret-Toulouse. C'est le cas pour la ZAC Bordes Blanches, en préparation sur les communes de Pinsaguel et, dans une moindre mesure, de Roquettes, dans le cadre d'un futur écoquartier associant logements, activités tournées vers «l'économie verte », services et commerces de proximité. Ou pour le secteur de Ferrié-Palarin, à Portet, toujours dans le cadre d'une ZAC qui pourrait permettre la construction de plusieurs centaines de logements.
A côté de ces opérations d'envergure, qui demeurent encore dans les starting-blocks, des programmes de moindre ampleurs peuvent s'inscrire dans l'aménagement des centre-bourgs plus éloignés. Comme à Labarthe-sur-Lèze ou près de 500 logements peuvent voir le jour grâce à un ensemble d'opérations qui permettent de revitaliser la localité. Ou a Saint-Lys, ou le groupe HLM Les Chalets a récemment posé la première pierre d'un ensemble de 99 logements, associant logements logements locatifs sociaux et en accession sociale à la propriété, avec de petits collectifs et des maisons de ville, qui intègre une crèche et des services pour la petite enfance.
 

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