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Murétain, le sud toulousain organise la gestion de son territoire

Mercredi 7 décembre 2016

Répondre aux besoins liés à une expansion démographique marquée tout en respectant l’équilibre d’un territoire relativement hétérogène. Un objectif qui passe, pour le murétain, au sud de l’agglomération toulousaine, par une maîtrise foncière affirmée et des opérations publiques d’aménagement qui restent encore, pour certaines, à confirmer.

André Mandement, maire de Muret et président d’une communauté d’agglomération récemment rebaptisée Murétain Agglo, ne manque jamais de le souligner. Ce vaste territoire, porte d’entrée d’un Comminges dont la petite ville, sur les rives de Garonne, fût longtemps la capitale, connaît une progression démographique très conséquente, avec une population qui frise aujourd’hui 90 000 habitants et un millier de nouveaux venus, en moyenne chaque année. Et qui devrait encore s’accroître, dès le début 2017, avec la fusion, ou plutôt l’absorption, des six communes de la communauté Axe Sud (Frouzins, Seysses, Roques-sur-Garonne, Lamasquère) et six autres communes de la communauté voisine Côteaux du Savès et Aussonnelle (Sabonnères, Bragayrac, Saint-Thomas, Saiguède, Empeaux, Bonrepos-sur-Aussonnelle). Un ensemble qui comptera donc, avec les seize communes de l’actuel Murétain, la bagatelle de vingt-six collectivités.
Une situation nouvelle qui donne une acuité particulière à la nécessité évoquée de penser en amont un bon équilibre territorial en matière d’habitat. Il existe en effet de notables différences entre les communes les plus urbanisées, au contact direct de Toulouse, comme Roques, Portet-sur-Garonne ou Pinsaguel, ou qui bénéficient, comme Muret, d’une liaison rapide avec la ville centre de la métropole, et les communes les plus éloignées, telles Labarthe-sur-Lèze, ou désormais des communes des côteaux du Savès et des rives de l’Aussonnelle, dont le territoire demeure largement rural.
Le programme local de l’habitat en cours, qui détermine la stratégie de la communauté d’agglomération, prévoit la production de 600 logements par an, soit 3 600 nouveaux logements en six ans, avec l’objectif d’intensifier la production de logement sociaux et 10% d’accession sociale à la propriété.
Autre principe fort : «rompre avec ue politique d’ouverture foncière généralisée pour mettre en place une stratégie d’ouverture plus sélective et conforter les polarités ». Un principe qui semble s’inscrire dans les préconisation du SCOT de la grande agglomération, applicable au murétain. Un document qui suscite ici de grandes réserves, voire une franche opposition, ainsi que l’exprime André Mandement. En cause, la difficulté d’avoir la pleine maîtrise de la destination du foncier disponible.

Des programmes mixtes bien adaptés
 
En attendant une hypothétique sortie de Murétain Agglo du périmètre du SCOT, force est de constater que la mise sur le marché d’un foncier ouvert à la construction a connu, depuis quelques années, une réduction sensible. Le territoire du murétain ne manque pourtant pas d’attractivité. Et si les opérateurs, à l’exception des constructeurs de maisons individuelles et un bailleur social, Promologis, dont l’histoire à démarré historiquement à Muret, sont relativement peu présents, ils ne s’en désintéressent pas totalement pour autant. « Le murétain n’est pas notre cible principale mais nous avons du foncier à l’étude, en restant prudent, et nous étudions des opérations à Muret et à Roques » indique Jean-Marc Dubernat (Vinci Immobilier). Pour Christian Noailhac (Crédit Agricole Immobilier) « ce territoire est surtout propice, selon notre expérience, à des opérations en individuel groupé ».
Une opinion partagée par Baptiste Cazaux (Bouygues Immobilier).
« Pour le moment nous n’avons pas d’opération en cours sur ce secteur, mais l’on n’exclue pas de s’y développer, notamment avec des programmes associant maisons individuelles, logements intermédiaires et petits collectifs. Une formule bien adaptée, au delà des premières couronnes, qui permet en mixant les produits de toucher une clientèle plus large ». C’est bien sur la même base que Green City vient de lancer à Roquettes une opération de 93 logements associant villas et petits collectifs. « La proximité de la Rocade, des centres commerciaux, mais aussi de la zone verte du confluent Ariège-Garonne, représente pour ce secteur des atouts indéniables » affirme Stéphane Aubay. « Nous avons déjà réalisé trois opérations de ce type qui ont connu un réel succès ».

Des projets d’aménagement à confirmer

Sur la commune de Muret, cette volonté de maîtrise foncière se traduit concrètement par l’arrêt des constructions sur les côteaux en rive droite de Garonne et le projet de développer, dans le cadre du plan Muret 2025, une zone à urbaniser au sud de la commune, sur les terrains disponibles entre la voie rapide et la Garonne, susceptible d’accueillir à terme plusieurs centaines de logements et divers équipements publics. Un espace qui prolonge celui investi dans le cadre de l’opération d’aménagement « Porte des Pyrénées » qui implique sur 27 000 m2 la réalisations de surfaces commerciales et d’équipements de loisirs. Dans l’immédiat les principales opérations s’inscrivent à l’entrée nord de la ville, largement reconfigurée avec la création d’immeubles destinés à des activités tertiaires, d’équipements culturels, d’un cinéma multiplex.
Et non loin de cette entrée, une opération de requalification d’un quartier d’habitat social, le Square Maïmat, sous maîtrise d’ouvrage du groupe Promologis, qui impliquait pour la première phase la démolition-réconstruction de 221 logements, avec dans une deuxième phase la construction de 18 logements par AFC Promotion.
Deux autres opérations sont aujourd’hui à l’ordre du jour, qui témoignent de cette démarche de renouvellement urbain : la démolition-reconstruction prévue dans le cadre du contrat de ville, toujours par Promologis, de 180 logements dans le quartier Gasc-Moisand, et la réalisation par Procivis d’un ensemble de 104 logements sur le site des Jardins Fourtanier…
A l’exception de programmes de logements sociaux ou en accession sociale, comme ceux de Promologis à Muret ou un ensemble de 99 logements, collectifs et individuels, associés à un équipement public à Saint-Lys, quelques opérations privées témoignent donc de l’intérêt des promoteurs.
A l’exemple donc du Domaine Althéa de Green City à Roquettes, ou d’un programme de maisons individuelles, les « Villas Camaïeux », réalisé par LP Promotion à Frouzins. Mais les perspectives majeures, en matière de nouveaux logements, résident bien dans les projets opérations publiques d’aménagement, sous maîtrise d’ouvrage communautaire ou locale.
Sur les communes de Pinsaguel et Roquettes, la ZAC Bordes Blanche, 93 ha, a ainsi fait l’objet d’un avis favorable de la communauté d’agglomération, et sur la commune de Portet, l’aménagement du secteur Ferrié-Palarin devrait aussi permettre la réalisation de plusieurs centaines de logements. Des projets qui demandent désormais à être finalisés pour passer en phase opérationnelle.

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