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Littoral audois : Gruissan à la loupe

Samedi 24 mars 2012
Gruissan, une des stations phares du littoral Audois au coeur du Massif de la Clape a su conserver son esprit de village tout en ayant une image jeune et très dynamique. Immobilier Mode d'Emploi a rencontré Didier Codorniou son Maire, également Vice-Président de la Région Languedoc-Roussillon. Quelques beaux projets immobiliers pour sa commune, beaucoup d'humanisme et d'idées pour l'enfant du pays qui s'exerce avec talent à la politique depuis de nombreuses années déjà.

« Une situation financière saine et des projets ambitieux »

Didier Codorniou, maire de Gruissan et Vice-Président du Grand Narbonne, Vice-Président de la Région Languedoc-Roussillon

 

IME : Quelle est votre politique en matière de logement ?

Didier Codorniou : Les trente-sept logements sociaux de Croix-de-Planasse, en label Effinergie, constituent non seulement une opération emblématique sur Gruissan, en phase avec l’urbanisation de la commune, mais aussi une démarche originale pour répondre à la forte demande. En effet, nous ne sommes pas dans les quotas de logements sociaux car nous partons de très loin. Cette opération représente 80 % de notre parc social. Si cette 11e rangée de chalets est exemplaire, il serait nécessaire d’en réaliser entre 250 et 300 pour être conforme aux 20 % du parc. Sur La Plage des Châlets, la commune a porté un projet de 30 logements et nous avons enregistré 240 demandes ! C’est dire ! La commune, qui compte 4 671 habitants – et une fréquentation touristique de 60 000 à 80 000 personnes – va voir le lancement d’autres opérations ambitieuses. C’est le cas du quartier de Mateille, une opération privée de 222 appartements en démarche de haute qualité, dont deux tranches sur quatre sont déjà vendues. La plus importante des opérations à venir est celle de la Sagne, sur une superficie de 40 ha, où la commune possède 1/3 des terrains, le reste appartenant à plus de 120 propriétaires. Il s’agira d’un éco-quartier où l’on souhaite réaliser 20 % de logements sociaux sur les 25 ha urbanisables. Le projet a été validé par les propriétaires mais est en attente d’une modification du règlement sur le volet littoral du Scot. Nous avons bon espoir que ce dossier se débloque entre juin et septembre et, à terme, ce sont entre 1 200 et 1 500 logements qui y seront réalisés. Cet objectif est conforme au cadre du PADD de la collectivité, avec un positionnement aux alentours de 6 000 à 6 500 habitants à l’année.

IME : Quel est le positionnement de Gruissan avec ce type de projet ?

Didier Codorniou : Ces projets nous font entrer dans la dimension sociale du logement et de l’économie de l’agglomération, notamment par rapport au Schéma régional de développement durable, avec Sète, le Cap d’Agde, Béziers et Narbonne. Gruissan va apporter son souffle en matière de démographie mais aussi dans le secteur de l’économie touristique, qui représente pour l’Aude, 850 M€. Il s’agit aussi d’un positionnement sur le Grand Narbonne, avec le projet de LGV et nous nous trouvons au sein des communes les plus dynamiques avec Saint-Pierre-la-Mer et Fleury, Narbonne-Plage ou Leucate.  Nous avons ainsi connu la plus forte croissance démographique de l’Aude au cours de ces dix dernières années et la commune affiche une répartition intéressante de sa population : 51 % d’actifs, 37 % de retraités et 11,5 % de non actifs. De nombreux cadres employés dans le secteur tertiaire et travaillant à Narbonne, Béziers , voire Montpellier, s’installent ici. Nous comptons même des actifs exerçant leur activité à Toulouse. Ces nouveaux arrivants bénéficient pleinement de la proximité de l’autoroute et de l’aéroport. Il n’est pas question de transiger sur la qualité des réalisations et je fais valoir la typicité de notre commune qu’il est hors de transformer comme une station quelconque.

IME : Comment voyez-vous l’avenir de Gruissan ?

Didier Codorniou : Comme toutes les communes du littoral, nous avons connu des difficultés avec la crise économique. Cependant, nous avons une situation financière saine. Nous n’avons pas d’emprunt toxique, disposons d’un autofinancement confortable, de l’ordre de 2 à 3 M€ par an sans avoir recours à l’emprunt et nous avons renégocié nos emprunts à un taux de 2,37 %. L’endettement par habitant est bien inférieur à la moyenne des stations du littoral et la capacité de remboursement de la dette est estimée à 1,8 année. Et nous n’avons pas hésité à faire le pari de l’investissement au cours des trois dernières années. 

Notre priorité en 2012 consiste à renforcer la sécurité des biens et des personnes, en consacrant plus d’un M€ à ce poste, avec la mobilisation de 160 personnes pour l’été. En matière d’environnement et d’amélioration du cadre de vie, nous avons obtenu le label Une Fleur, qui est une démarche durable menée avec une réelle politique de plantation de plantes méditerranéennes. Nous avons obtenu le label 3@ grâce à l’environnement informatique mis en place sur la ville. Nous sommes aussi très attachés au patrimoine de notre commune et nous avons obtenu le label Patrimoine remarquable du XXème siècle. L’écoquartier sera la dernière grande opération de Gruissan et nous voulons développer harmonieusement la commune sans subir la croissance démographique.

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