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Le marché de la Maison Individuelle

Lundi 10 juin 2013
Toutes les informations sur le Marché de la maison individuelle .

Le marché de la maison individuelle :Entre rêve et RT 2012, la maison trouve ses marques

La maison individuelle est toujours dans le cœur des futurs propriétaires. Le secteur a-t-il bien résisté l’an dernier et comment compte-t-il traverser 2013 en Languedoc-Roussillon ?

Les constructeurs de maisons individuelles ont moins souffert que les promoteurs et les ventes n'ont reculé que de 16%, quand celles des promoteurs ont accusé, au niveau national, un repli de 28%. Sur l’année 2012, le nombre de ventes brutes de maisons individuelles en diffus s’est ainsi élevé à environ 126 600 unités et enregistre. Pour le seul le 4ème trimestre de l’année 2012, le nombre de ventes brutes de maisons était en léger retrait de -1% seulement par rapport au dernier trimestre de l’année 2011, un bien meilleur résultat qu’au regard des comparaisons entre les derniers trimestres des années précédentes.

Le secteur résiste

Au niveau régional, la situation est plus tendue qu’ailleurs puisque les ventes ont chuté de 24 % en l’espace d’un an. Pourtant, à y regarder de plus près, la situation est bien différente d’un département à l’autre et la fin de l’année 2012 a été moins rude que prévue : « Nous avons connu un coup de fouet en fin d’année avant l’application de la RT 2012, à tel point que le nombre de logements individuels purs autorisés n’a reculé que de 0,6 % », explique Patrice Garrisson, président de l’Union des Maisons Françaises pour les Pyrénées-Orientales. A titre personnel (Toits d’Argent), le constructeur, qui construit en moyenne 25 maisons par an, a même réalisé 14 contrats en l’espace de deux mois ! Henri Leclercq, président de l’UMF pour le département de l’Hérault confirme également une amélioration de l’activité entre les mois d’octobre et décembre 2012 : « Ceci s’explique clairement par l’effet de levier qu’a induit la nouvelle réglementation thermique 2012 qui s’applique aux permis de construire depuis le 1er janvier 2013. D’une certaine manière, cet effet cache la réalité de la situation ».


La maison fait toujours rêver

Qui acquiert aujourd’hui une maison individuelle ? Une étude réalisée par Caron Marketing, apporte un premier éclairage. L’âge moyen d’accession est ainsi passé de 39 à 43 ans en quatre ans et montre une corrélation « évidente » avec la remontée de la secundo accession qui passe de 29% à 46% du marché. Près de 68% des acheteurs habitaient déjà en maison individuelle et 37% étaient des propriétaires occupants. Ceci met en relief le fait que le locataire en collectif ne représente que 23% du marché ! Entre 2010 et 2012, le marché de la primo accession a perdu 31 000 maisons (-34%) et celui de la secundo accession a gagné 14 000 maisons (+38%). Les maisons individuelles entrent-elles en confrontation avec le collectif dans l’ordre de choix de l’acquisition ? On peut en douter. A 92%, les ménages voulaient de toutes façons une maison, pas un appartement ... Le seul marché concurrent étant celui de la maison ancienne. Robert Criado, président gardois de l’Union des Maisons Françaises confirme certains de ces éléments : « Face à la forte dégradation du marché, le segment de la primo accession a encore plus fortement chuté ». Et de regretter le manque de soutien du secteur, « illogique, quand on veut produire au niveau national 500 000 logements sans se donner les moyens de permettre aux primo accédants de se loger ».

Vers une réduction des parcelles

Signe des temps confirmé d’année en année, la superficie des parcelles se réduit fortement, principalement pour s’adapter à l’enveloppe budgétaire des acquéreurs. « Plus nous avançons et plus nous assistons à une densification, voire à une ultra densification des parcelles, souligne Patrice Garrisson. Le temps des parcelles de 400 m2 est révolu et la parcelle standard dans les Pyrénées-Orientales est comprise entre 170 et 200 m2, avec des maisons qui s’adaptent à cette évolution, avec des deux faces ou des petits trois faces, type maison de ville ou maison à l’étage. Cette réduction des parcelles explique aussi l’importance de l’offre que nous observons ». Là aussi, la situation montre bien que l’on s’éloigne d’une pénurie foncière dans le domaine de la maison individuelle : « Depuis 22 ans, je n’ai jamais vu une telle offre, ajoute le président de l’UMF 66. On l’estime à 2000 parcelles et d’ici à six mois, celle-ci pourrait se hisser à un niveau de 3 000 parcelles à la vente, débloquées entres autres dans des Zac ». Tandis que des lotisseurs d’envergure tels que le groupe Angelotti ou GGL se développent dans les quatre coins de la région et que les collectivités s’organisent pour créer un partenariat avec les constructeurs de maisons individuelles, comme c’est le cas dans l’agglomération de Montpellier. Ce rapprochement s’opère également entre aménageurs et constructeurs. Des projets voient ainsi le jour à Saint-Brès ou à Prades-le-Lez : « C’est le signe de partenariats d’avenir, estime Henri Leclercq. C’est embryonnaire mais intéressant ».

A l’assaut de la RT 2012

La maison individuelle a franchi un nouveau pas vers l’excellence thermique et énergétique pour tous les dépôts de permis de construire depuis le 1er janvier 2013. La RT 2012 s’invite dans le rêve des Français. De quelle manière ? Pour Patrice Garrisson, rejoint en cela par l’ensemble des constructeurs, la RT 2012 a un surcoût qui peut atteindre jusqu’à 15 % : « Par exemple, un terrain à Canohès ou Elne va coûter 73 000 €, la maison 90 000 €, auxquels il faut ajouter 10 000 € de frais. A ce budget de 170 000 €, le surcoût de la RT 2012 va faire peser le budget de 12 000 € supplémentaires. Or l’acquéreur ne dispose pas de plus de solvabilité qu’auparavant. Mécaniquement, le prix du foncier va baisser ». Encore faut-il être prudent car, comme le rappelle Henri Leclercq, « il est toujours difficile d’établir une règle sur un marché géographiquement aussi disparate. Nous verrons mieux l’impact de la RT 2012 en avril ou mai. Il est en tout cas heureux que notre métier évoluent grâce à ces exigences ». C’est aussi l’avis de Robert Criado : « Comment aller à l’encontre de la RT 2012 ? Ce serait une erreur ! Elle est la suite logique des réglementations thermiques successives mises en place depuis 20 ans! ». Les constructeurs espèrent désormais que le PTZ + jouera son rôle à plein de soutien aux futurs propriétaires de maisons individuelles.
 

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