Enquêtes

La maison individuelle en Midi-Pyrénées

Mercredi 19 octobre 2011

 

La maison individuelle,  choix patrimonial et qualité de vie

Traditionnellement plébiscitée par les français, la maison individuelle offre une solution en matière de logement bien adaptée à l’ensemble des marchés. Bien adaptée aux primo-accédants avec un prix très compétitif, elle est aujourd’hui l’objet de nombreuses innovations de la part de constructeurs qui ont désormais totalement intégré les normes énergétiques BBC.

> D’année en année toutes les enquêtes d’opinion confirment  un fait bien établi. La maison individuelle demeure le choix prioritaire des français désireux d’accéder à la propriété. Un choix plébiscité par près de 80% des personnes de moins de 35 ans. Une option qui s’explique par diverses raisons, désir d’intimité, qualité de vie et qualité d’usage, stratégie patrimoniale aussi qui institue la maison comme l’un des éléments majeurs d’une démarche d’investissement pérenne. Ce désir peut aujourd’hui, plus facilement peut-être qu’auparavant, trouver matière à satisfaction. Les efforts consentis par les professionnels et l’évolution des principes constructifs ont en effet permis de maintenir depuis plusieurs années, y compris dans un contexte d’augmentation sensible du prix des logements neufs, la stabilité de celui des maisons individuelles. En 2010 sur environ 450 000 logements neufs construits au niveau national, près de 240 500 étaient des maisons individuelles. La progression de ce type d’habitat connaissait ainsi une croissance de 16,6%, confirmant une nette reprise.

En 2011, après un début d’année favorable, le bilan semble aujourd’hui plus mitigé. Christian-Louis Victor, président national de l’Union des Maisons Françaises, indiquait récemment que la baisse sur un an, enregistrée au mois de mai, frôlait les 11%. Si elle se révèle sensiblement inférieure en Midi-Pyrénées, région traditionnellement favorable, comme l’ensemble du sud-ouest, à la construction individuelle, le tassement n’en est pas moins réel. « On notait à la fin du premier semestre une assez nette accalmie » souligne ainsi Gérard Abadie (Gérard Abadie Construction), président régional de l’UMF. « Mais si l’on constate un certain attentisme de la part des acquéreurs potentiels, la demande potentielle demeure forte».

Des prix contenus

Un constat qui prévaut pour l’ensemble des départements. Même si la  dimension rurale du territoire midi-pyrénéen, hors agglomération toulousaine, privilégie ce type d’habitat. Cyril Verdès (Maisons SIBA et Olmière Construction), installé dans le Tarn, en témoigne. « Le début de l’année était très positif. Les choses se sont inversées à la fin du second trimestre.

Actuellement on enregistre sur le département une baisse d’activité de l’ordre de 10% à 15% ».

Même observation pour Philippe Bonneviale (CTA Construction) à Rodez. « Au premier semestre l’activité dans l’Aveyron était encore en progression par rapport à 2010. Mais l’on ressent aujourd’hui une réelle morosité, de l’attentisme ». Ou pour Alain Gabas (Maisons France Tradition) à Tarbes. « La conjoncture est devenue très tendue. Le nombre de prospect à nettement chuté ».

Les raisons de cet état de fait sont bien connues. Baisse de confiance et situation économique des ménages, hausse, même encore relative, des taux d’intérêts, un certain renchérissement, tout de même, lié aux normes BBC, prêt à taux zéro moins favorable, notamment en zone C. « 10% des ménages qui ont décidé d’une construction l’an dernier ne seraient pas solvables aujourd’hui. Ceci dit plus de 50% des ventes sur le département concernent des primo-accédants » remarque Cyril Verdes. La maison individuelle demeure effectivement particulièrement bien adaptée à la clientèle des primo-accédants. Le prix d’une maison individuelle est  en effet, en règle générale, bien souvent inférieur à celui d’un logement en collectif, 120 000 euros  pour 90 m2 à 100 m2 en moyenne sur la région précise Gérard Abadie. Un prix souvent inférieur dans les départements périphériques.

« Sur le Tarn-et-Garonne le prix moyen, pour cette surface, en entrée de gamme, s’établit entre 90 000 et 110 000 euros » déclare Christian Hamon (Demeures Henri Pierre), installé à Montauban. « Et le prix des terrains n’a pas vraiment bougé, on enregistre même une légère baisse dans certains secteurs. Par ailleurs l’hypothèse d’une suppression du PTZ pour l’ancien peut jouer en  notre faveur ».

L’énergie, un enjeu majeur

Les constructeurs de maisons individuelles sont aujourd’hui en mesure de répondre aux demandes prioritaires de leurs clients. Et ils ont largement fait la preuve de leur capacité d’innovation. Matériaux, systèmes constructifs, aménagements intérieurs. « Les demandes concernent pour l’essentiel une chambre supplémentaire, ou un espace bureau dédié à la mico-informatique » explique Philippe Bonneviale. « Nos clients privilégient la surface de la zone vie, salon, cuisine » souligne Christian Hamon. « Pour le moyen et le haut de gamme les cuisines contemporaines, ouvertes, suites parentales, avec dressing et salle de bain, obtiennent la majorité des suffrages » précise Alain Gabas.

La problématique énergétique est naturellement devenue un enjeu majeur. Tous les constructeurs ont désormais intégré les normes BBC. La sensibilité des acquéreurs à cette question demeure cependant variable, même si le surcoût, non négligeable, est compensé par des efforts sur d’autres points, la réduction par exemple des parcelles, qui n’excèdent guère, désormais, 600 à 700 m2 en secteur urbain ou péri-urbain. « Les gens sont très sensibilisés à la question énergétique. Mais leur intérêt est dans une large mesure justifié par les aides accordées » remarque Christian Hamon.

Aujourd’hui les constructeurs ont une bonne expérience sur les pompes à chaleur qui demeurent le dispositif privilégié. Les installations de chauffe-eau solaires sont aussi devenues courantes. Par contre le photovoltaïque, impacté par la baisse du prix de rachat du kilowatt, est en recul sensible. Quant à la géothermie «on en parle, mais le coût est le plus souvent dissuasif » affirment quasi unanimement les constructeurs. La construction bois connaît des destins variables selon les régions.

Spécialisé dans ce domaine, Frédéric Carteret, société AMI Bois, installé près de Toulouse, intervient en Midi-Pyrénées et en Aquitaine. « On observe une croissance sensible : 5% des maisons neuves en 2005, environ 10% en 2011. Auparavant les gens se renseignaient, aujourd’hui ils veulent acheter. Et le coût, environ 12 000 euros pour 100 m2 est pratiquement identique à celui d’une construction classique, pour une maison particulièrement adaptée aux normes BBC ».

Mais dans tous les cas les acquéreurs doivent s’adresser, conclu Gérard Abadie, à un professionnel qui puisse, à l’instar des adhérents à l’Union des Maisons Françaises, leur offrir, dans le cadre du contrat dommage-ouvrage, toute les garanties quant à la bonne réalisation de leur projet.

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