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Interview du Maire de Nîmes Jean Paul Fournier sur les projets de la ville en 2013

Lundi 10 juin 2013
Nîmes est à la traine en matière de logements mais n'abdique pas pour autant. Parmi d‘autres projets, le Mas du Lombard, Hoche-Sernam ou la Zac du Puits du Roulle feront l'actualité de 2013.

Jean-Paul Fournier Sénateur Maire de Nîmes, président de la Communauté d’agglomération Nîmes Métropole

Nîmes est à la traine en matière de logements mais n’abdique pas pour autant. Parmi d‘autres projets, le Mas du Lombard, Hoche-Sernam ou la Zac du Puits du Roulle feront l’actualité de 2013.

« Nous ouvrons de nouveaux secteurs à la construction en 2013 »

Qu’a changé l’approbation du Plan de prévention risque inondation (PPRI) de Nîmes, grand sujet de préoccupation en matière d’habitat ?

Jean-Paul Fournier : Le PPRI a contraint les possibilités de production de logements neufs. Ceci nous amène à réfléchir sur les hauteurs d’immeubles et sur de nouvelles zones, vers la garrigue, le plateau de Garon. C’est d’autant plus important que le ministre de l'Intérieur a arrêté le choix de Nîmes-Garons pour réinstaller la base avions de la sécurité civile (BASC). Cette décision permettra à l'horizon 2016, de préserver la capacité d'action des avions bombardiers d'eau, en leur offrant des infrastructures adaptées. Et nous aurons surtout 500 nouvelles familles à accueillir dans le secteur ! C’est dire l’enjeu. De façon plus générale, l’étude qui a été réalisée à notre demande sur l’évolution de l’agglomération à l’horizon 2030 imposera la construction de 40 000 logements qui devront être réalisés avec les révisions des PLU.

Pour l’instant, la production de logements neufs est particulièrement faible sur ce territoire. Ce phénomène va-t-il perdurer ?

Jean-Paul Fournier : La morosité actuelle n’est pas propre à Nîmes. Nous allons libérer des secteurs en 2013. Intra-muros, cela correspondra au lancement de 300 à 400 logements. Des projets phares vont connaître un développement en 2013. C’est le cas du Mas de Lombard, dans le secteur de l’Est Nîmois. Il représente un espace d’environ 100 Ha en limite Est de l’urbanisation actuelle de la ville dont 20 ha sera urbanisé du fait des contraintes inondation, ce qui permettra de densifier. Le Mas Lombard est idéalement situé, à environ 10 mn du centre ville ce qui permet de concevoir un nouveau quartier relié au futur réseau de transport d'agglomération et privilégiant les modes doux. Le Mas du Lombard permettra de répondre à la demande et aux besoins en logements neufs sur l’Agglomération Nîmoise, recensés dans le cadre du PLH, en créant environ 1 000 logements diversifiés et des équipements publics utiles à l'ensemble du secteur. Avec l’écoquartier universitaire Hoche, nous avons engagé un vaste programme urbanistique tendant à rééquilibrer le centre-ville vers l’est. Il s’appuie sur un projet de campus universitaire qui à l’emplacement de l’ancien hôpital Gaston Doumergue, ce nouveau cadre de vie proposera également des logements, des commerces et des espaces de nature en ville, piloté par l’urbaniste Antoine Grumbach. La rentrée universitaire 2013 sera assurée et l’ensemble du chantier sera terminé entre 2015 et 2016. La Zac du Puits du Roulle, vers la route de Sorgues est en cours d’achèvement et permet la reconstruction de logements sociaux dans le cadre de la rénovation urbaine du quartier d’habitat social de Valdegour. Parmi les projets également qui feront l’actualité de 2013, entre Courbessac et le Mas de Mingue, c’est le secteur Mas de Teste qui couvre 17 ha et où à terme, près de 400 logements, petit collectif, maisons groupées ou isolées, seront construites. Avec le triangle de la gare, nous allons installer cette année un complexe cinématographique et 200 logements restent à réaliser sur le site. Puis, à long terme, à l’horizon 2018/2019, vient le projet de la gare TGV de Manduel.

Vous avez reçu la Marianne d’Or du développement durable. Pour quelles raisons ?

Jean-Paul Fournier : C’est effectivement dans le cadre du Conseil constitutionnel, en présence de Jean-Louis Debré, que j’ai reçu, en décembre, au nom de la Ville de Nîmes, la Marianne d’Or du développement durable, pour le projet du quartier Hoche-Sernam. C’est un « plus » qui prouve que nous sommes attentifs à l’environnement. L’Etat avait déjà reconnu la qualité de notre projet, pour son souci du développement durable et du cadre de vie, en le distinguant au palmarès national « Ecoquartier ». Sur ce site de 6 ha, nous avons souhaité conserver des bâtiments inscrits au patrimoine. Nous avons créé des bassins de retenus d’eau, porté beaucoup d’attention à l’environnement, dans un secteur qui avait été très touché par les inondations en 1988.

Où en est le projet pôle métropolitain entre Alès et Nîmes ?

Jean-Paul Fournier : Les deux agglomérations représentent un nouvel ensemble de 380 000 habitants et 43 communes, soit la moitié de la population du Gard et un bassin de vie qui va du Rhône jusqu’aux Cévennes. Concrètement, ce pôle va être relié par le futur aménagement de la 2X2 voies qui aboutira à Nîmes et rattrapera l’autoroute. La gare d’Alès sera connectée à la future gare TGV de Manduel. Les hôpitaux, le musée de la Romanité, tout cela sera mis en lien. L’idée de la métropolisation des agglomérations est de pouvoir faire face à Marseille ou Barcelone et d’autres agglomérations se rapprochent de nous comme c’est le cas de Montpellier. Nous avons, ensemble, des projets structurants, des patrimoines et des paysages communs qui nous permettront de peser dans le cadre de l’évolution des territoires.

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