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Interview de Jean-Pierre Moure, président de Montpellier Agglomération

Lundi 10 juin 2013
Les détails de la politique urbaine de Montpellier expliquée par Jean-Pierre Moure, président de Montpellier Agglomération.

Jean-Pierre Moure, Président de Montpellier Agglomération

« Grâce à une réelle politique urbaine, nous restons très offensifs »

Dans un contexte de crise, Montpellier Agglomération affiche un budget de 900 M€. Quelle est la place du logement pour la collectivité que vous présidez ?

Jean-Pierre Moure : Le budget logement reste une priorité. En 2012, nous avions l’objectif de permettre la réalisation de 5000 logements. Entre l’accession, le secteur libre et le logement social, nous avons atteint une production de 5 438 logements, dont environ 1 800 logements sociaux, alors que nous étions plutôt à un niveau de 1 200 jusqu’ici. Sur 5 ans, nous sommes arrivés à atteindre une production annuelle quasiment conforme aux orientations du PLH, soit 4 975 logements. Nous sommes en train de tout mettre en œuvre pour que le marché évite un effet de ciseau et c’est pourquoi nous travaillons à la recherche de nouvelles formules qui correspondent mieux à l’état de la demande.

Quelles sont les principales orientations en matière de logement ?

Jean-Pierre Moure : Le PLH 2013-2018 entérine le passage à 30 % de logements sociaux sur l’ensemble des communes ainsi que de 20 % à caractère abordable. Les PLU sont compatibles avec le SCOT et les conditions sont donc réunies pour traduire dans les faits une vraie politique urbaine, notamment avec des opérations symboliques. C’est OZ Montpellier Nature Urbaine, un espace de 350 ha dont 200 ha d’espaces verts préservés, avec des logements, des parcs, des jardins familiaux mais aussi un quartier d’affaires de dimension européenne avec plus de 350 000 m2 de bureaux pour la réalisation d’un pôle tertiaire supérieur. Les lancements commerciaux débuteront entre 2014 et 2015, avec le point d’orgue de l’implantation de la gare TGV. C’est l’Eco-Cité, un projet urbain « de Montpellier à la Mer », qui concerne les communes de Castelnau-le-Lez, Montpellier, Lattes et Pérols». Ce sont 1 500 logements qui y seront réalisés. Je pourrais encore citer le projet de l’EAI, celui de la Restanque, la 5ème ligne de tramway…

Vous évoquez régulièrement un investissement de 5 Mds € de Montpellier Agglomération. A quoi correspondent-ils ?

Jean-Pierre Moure : La Communauté d’Agglomération de Montpellier a obtenu effectivement la mobilisation de plus de 5 milliards d’euros autour de son schéma global de développement et de déplacements pour le contournement ferroviaire grande vitesse Nîmes-Montpellier et la construction de la gare TGV à moins de 3 heures de Paris et à quelques minutes de l’aéroport et de l’autoroute. Ces financements concernent aussi l’optimisation de la desserte express régionale avec les pôles multimodaux d’échanges Saint-Roch/Castelnau-le-Lez/Sablassou et Baillargues ainsi que le déplacement de l’autoroute A9 qui permettra de réaliser le contournement Ouest et la déviation Est de Montpellier.

Comment abordez-vous cette année délicate ?

Jean-Pierre Moure : Nous sommes dans un contexte de tension, mais les résultats sur Montpellier sont satisfaisants, notamment par rapport aux objectifs de logements sociaux. Il faut garder à l’esprit que 6 000 personnes arrivent chaque année sur l’agglomération de Montpellier. La croissance démographique est ainsi deux fois plus importante ici que dans les autres métropoles françaises. Dans les périodes de crise, il convient de rester offensif et de bien prendre la mesure de la difficulté des ménages pour les accompagner. C’est tout le sens des 900 M€ de budget de cette année. Dans ce contexte, Montpellier Unlimited n’est pas une marque pour le principe et s’inscrit dans un prolongement et se hisse à la hauteur du potentiel de ce territoire.

Vous allez créer un schéma directeur des temps. De quoi s’agit-il ?

Jean-Pierre Moure : Nous sommes effectivement un territoire pilote dans le cadre de la refondation de l’école et des rythmes scolaires. Si nous modifions le temps des enfants, ce sont le temps des services et celui de l’entreprise qui vont être également impacté. Le temps prend une valeur économique et culturelle. Nous allons passer par un certain nombre d’étapes, comme le plan de déplacement d’entreprises, le PDU pour en dégager une valeur « temps ». L’objectif de la réforme est de démarrer dès la rentrée 2013/2014 et de prendre en compte que c’est bien désormais le temps qui importe et non pas la distance. Ceci implique de penser moyen de transports intégrés, accessibilité, modularité. C’est d’autant plus important qu’au regard de notre position géographique, de nos pôles de compétitivité, nous avons la capacité de faire partie des dix à douze métropoles nationales.

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