Enquêtes

Caracassonne

Mardi 15 mars 2011

Carcassonne : “l’objectif du PLU est de dresser un cadre strict…”


Michel Cornuet, adjoint au maire de Carcassonne, en charge de l’environnement et du développement durable

 

Immobilier Mode d'Emploi : Comment percevez-vous le marché de l’investissement locatif à Carcassonne ? 

Michel Cornuet : Cette ville a été meurtrie à coups de logements en « de Robien », comme à Montauban ou Agen. Il s’est construit n’importe
quoi, n’importe où et n’importe comment. Le territoire de la commune est vaste avec un centre-ville dense et de nombreuses exploitations environnantes. Depuis 15 à 20 ans, certains ont confondu la carte de la commune et celle de la ville. L’ancien POS permettait tout et c’est pourquoi le PLU, en cours d’enquête publique et qui devrait être approuvée à l’été 2011, modifiera cette approche. De nombreux logements locatifs sont à un niveau de prix qui ne correspond pas au niveau de la demande et alors que ces logements sont en partie vacants, nous avons à gérer jusqu’à 1 200 demandes de logements sociaux par an. Cette dualité est grave. Certains opérateurs privés aimeraient bien transférer leurs opérations à des bailleurs sociaux mais ils n’ont aucun intérêt à gérer des programmes mal localisés. La volonté du PLU est de construire dans les interstices et, quand le noyau urbain sera construit, il sera évolutif, vers le secteur est, dans le secteur du nouvel hôpital. La commune ne dispose pas de réserves foncières et nous sommes obligés de passer par les opérateurs privés, ce qui implique de dresser un cadre strict. C’est l’objectif du PLU.
Immobilier Mode d'Emploi : Projetez-vous de réaliser un écoquartier à Carcassonne ? 

Michel Cornuet : Le concept de développement durable n’a jamais été pris en compte sur la commune. Il ne s’agit pas de réaliser un écoquartier mais d’appliquer plutôt à chaque nouvelle opération des règles qui font sens : la localisation du projet, les raccords, la problématique des déplacements doux, le concept d’énergie… Nous avons mis en place un important programme de rénovation urbaine avec des bailleurs sociaux qui tiennent compte de ces paramètres. C’est le cas avec la SA Audoise et Ariégeoise pour la rénovation thermique de 350 logements dans le quartier du Viguier, à l’ouest de Carcassonne, où la chaufferie va s’alimenter avec du bois issu de la Montagne Noire. La rénovation intégrera des travaux d’isolation de tous les logements avec une double peau et le changement des huisseries. Nous serons alors proches du niveau BBC Rénovation. Un autre programme concerne la réalisation de petits programmes entre 20 et 40 logements en diffus, en remplacement de barres. Ce projet Delteil verra la réalisation de 25 logements collectifs à côté du quartier des Capucins, dans une dent creuse à proximité du centre-ville. C’est un projet global, pour une livraison fin 2013, qui comprend, outre des logements sociaux, un gymnase, une maison de quartier et des espaces verts soignés.

 


Immobilier Mode d'Emploi : Comment la communauté d’agglomération appréhende-t-elle le volet du logement ? 

Michel Cornuet : Hormis Carcassonne et Trèbes, la grande majorité des communes du carcassonnais sont rurales, ce qui nous oblige à mener une réflexion entre deux espaces différents.  Que faire pour éviter que rural devienne le futur dortoir de la ville centre ?
La communauté d’agglomération est confrontée à la réforme territoriale et nous sommes en phase de réflexion et de projet pour imaginer notre développement. 
Nous avons un domaine vinicole de qualité et, sans effort, le tourisme attire 4 à 5 millions de personnes par an. C’est dans le cadre de cette réflexion qu’une réunion, qui est passée inaperçue, s’est tenue avec Jacques Bascou, député-maire de Narbonne. Nos deux villes se regardent depuis mille ans en chiens de faïence, dans une rivalité constante et peu en a importé les couleurs politiques. Or, et c’est nouveau, les deux agglomérations se parlent, se rencontrent et abordent la question de la gare TGV ou de l’aéroport.
Tandis que l’ouest audois entre dans l’orbite du Grand Toulouse et que Narbonne et Béziers se rapprocheront tôt ou tard, Carcassonne, forte de ses 47 000 habitants, doit désormais se positionner.

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