Enquêtes

Blaye

Vendredi 22 octobre 2010

Blaye ouvre la voie au développement


Pôle économique de la haute Gironde, terminal du port de Bordeaux, Blaye se donne aujourd’hui les moyens d’une nouvelle stratégie urbaine. Les différents outils mis en œuvre, PLU, PLH, ZPPAUP, doivent permettre de développer et rééquilibrer, pour l’avenir, l’offre en logements.

 

 

L’agglomération de Béziers regarde l’avenir avec sérénité

A une quarantaine de minutes de Bordeaux, sur la rive droite de la Gironde, Blaye représente le deuxième pôle économique de la haute Gironde. Au pied de sa citadelle, dominant et verrouillant jadis le fleuve à l’approche de Bordeaux, fortifiée par Vauban et classée à ce titre au patrimoine mondial de l’UNESCO, la ville s’étire le long des voies de communication. A côté d’une activité tertiaire dynamique, Blaye conserve une activité portuaire non négligeable, aujourd’hui spécialisée dans le commerce de céréales. Ses installations sont en effet celles de l’un des six terminaux du grand port de Bordeaux. Mais sa réputation tient surtout à ses vignobles, près de 5 000 hectares, avec l’AOC premières côtes de Blaye.
 
Créer des zones constructibles

La question du logement, et plus généralement la politique d’urbanisme, doit aujourd’hui s’inscrire dans la révision, en cours, du PLU, souligne Lionel Wintersheim, adjoint au maire délégué à l’urbanisme. «Nous sommes confrontés, en termes d’aménagement, à plusieurs problèmes. Le premier concerne la faiblesse des liaisons entre les quartiers anciens et nouveaux. Ensuite nous ne disposons que d’un faible potentiel en matière d’espace disponible, donc de peu de réserves foncières. Nous devrons prendre en compte cet élément pour ouvrir si possible à la construction, dans le cadre de la révision du PLU, de nouveaux terrains, en faisant muter certains zones actuellement inconstructibles ». Les quartiers nouveaux, en l’occurrence, concernent de vastes secteurs pavillonnaire construits à partir des années 50 en périphérie de la ville, à partir de constructions érigées par l’armée américaine pour loger les troupes à la fin de la deuxième guerre mondiale.
Les logements des employés de la centrale nucléaire de Braud-Saint-Louis ont ensuite pris le relais. « Aujourd’hui, nous sommes arrivés à la limite d’occupation de ces secteurs » indique Lionel Wintersheim. «Il existe deux gros lotissements, le Clos Lamartine et le Château Noël, aménagés depuis quatre ou cinq ans, mais ils sont actuellement pratiquement pleins… ».
Si les besoins sont réels, la crise se traduit tout de même, reconnaît le maire-adjoint, par une baisse sensible des demandes de permis de construire.
   
Zone de protection du patrimoine
 
«Les ménages désireux de faire construire ont du mal à trouver du terrain. Il est donc important de trouver une solution au problème du foncier. Ceci-dit nous avons aussi un retard important en termes de logements sociaux. Le problème du logement doit donc faire l’objet d’une approche globale…».
Une approche qui passe par la mise en place par la communauté de communes du canton de Blaye d’un programme local de l’habitat. Le PLH devrait ainsi permettre de trouver un équilibre entre le marché libre et le développement de logements sociaux.
Autre élément à prendre en compte, la nécessaire rénovation de l’habitat ancien en centre ville, parfois dégradé. Une intervention d’autant plus délicate qu’une grande partie du centre ancien se trouve dans le périmètre de classement de la citadelle Vauban. Afin de se doter d’un outil opérationnel adapté, la Ville est en train de créer une ZPPAUP (zone de protection du patrimoine urbain, architectural et paysager).
Un dispositif qui permet, grâce à une convention avec la fondation du patrimoine, de bénéficier éventuellement de subventions pour des interventions sur des bâtiments privés ou publics.
Confrontée au développement de l’agglomération bordelaise, avec
l’inévitable développement d’une demande de personnes désireuses de se loger à meilleur prix que dans la métropole régionale, Blaye est amenée par ailleurs à poser la question des transports. Si des lignes de bus assurent la liaison avec Bordeaux, une hypothèse souhaitable, et souhaitée, réside dans la mise en service d’une liaison ferroviaire.
Une hypothèse qui impliquerait cependant la création d’une vingtaine de kilomètres de voie ferrée supplémentaire.

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