Enquêtes

Biarritz

Vendredi 14 octobre 2011
Un nouveau quartier pour développer l'offre de logements et répondre aux attentes de tous les habitants malgré la rareté du foncier.

La ville associe mixité sociale et fonctionnelle.

A deux pas du centre-ville, le quartier Kléber sort de terre. Une opération qui privilégie la mixité fonctionnelle et sociale en associant programmes de logements, activités tertiaires, surfaces commerciales et équipements publics, dans l’esprit du développement durable.

Au mois de juin dernier, Biarritz Océan a été ouvert au public.  Plus qu’un simple équipement touristique,  Biarritz Océan représente un véritable espace emblématique de la vocation de la cité balnéaire.

Ce nouveau pôle d’animation regroupe en fait, sur le même site, deux entités, la Cité de l’Océan et du surf, et le Musée de la Mer. En inaugurant Biarritz Océan, Didier Borotra, maire de Biarritz, n’a pas manqué de le rappeler « cet équipement représente la première pierre d’un nouveau développement pour la ville, une mise en mouvement, une dynamique durable et partagée… ». Plus de 450 000 visiteurs sont attendus chaque année sur un site qui devrait donc encore renforcer, si besoin était, l’attractivité de Biarritz. Mais l’architecture futuriste des 3 000 m2 de la Cité de l’Océan, dessinée par l’architecte américain Steven Holl, offre également l’image d’une ville résolument ouverte sur la modernité. Ainsi Biarritz tisse le lien entre le XXIème siècle et les superbes témoignages, tels l’Hôtel du Palais, ou Villa Eugénie, de l’époque ou les têtes couronnées de toute l’Europe se donnaient rendez-vous près de la plage des basques.

Le tourisme fût, et reste, le premier atout, et la première ressource, 70% de l’activité économique, de Biarritz. Et le développement de la ville demeure intrinsèquement lié à celui-ci.

Construire la ville sur la ville

Mais le succès de Biarritz a forcément un corollaire. En substance le nombre de résidences secondaires, environ 10 000, soit quasiment la moitié du parc de logements de la commune. Et la création de nouveaux logements pour la population locale est largement hypothéquée par deux facteurs. Le prix du foncier tout d’abord, prohibitif pour les personnes les moins fortunées et la création de programmes immobiliers à un coût abordable, la densité de l’urbanisation actuelle ensuite. L’espace disponible est d’autant plus restreint que les contraintes géographiques et règlementaires, loi littorale, proximité de l’aéroport et de l’autoroute, zone Natura 2000, zone patrimoniale protégée, limitent d’autant les possibilités de nouvelles constructions. Dans ce cadre une des rares possibilités réside dans la «construction de la ville sur la ville ». C’est le cas du quartier Kléber, dont les travaux d’aménagement ont été lancés, la seule opération d’urbanisme en cours sur le territoire de la commune. Situé à deux pas du centre-ville, sur un espace de 4 hectares libéré par le départ du centre technique municipal, le quartier Kléber est de fait la dernière opportunité permettant d’envisager la réalisation d’un ensemble de logements de quelque envergure. Environ 400 logements doivent de fait voir le jour, dans le cadre d’une ZAC dont les travaux sont désormais en cours, d’ici à 2013 ou 2014.

Mixité sociale et fonctionnelle

Principe de base du nouveau quartier, une mixité sociale et fonctionnelle qui implique, dans sa conception, à plusieurs orientations fortes.

Les opérations de logements doivent ainsi intégrer simultanément locatifs sociaux, logements en accession sociale et logements destinés au marché libre. Le projet prévoit également la réalisation de commerces et de bureaux afin de susciter une véritable dynamique sociale et économique. Une attention particulière est attachée à la création d’espaces publics, de places, de jardins, dans un esprit qualitatif assurant une bonne intégration au tissu urbain existant. Plusieurs équipements publics doivent par ailleurs être créés, crêche, pôle médical, locaux associatifs etc. Concrètement, plus de 210 logements sociaux locatifs, une centaine de logements en accession sociale, environ 90 logements en accession libre et une résidence étudiante, vont être mis sur le marché, à côté de  2 150 m2 de bureaux, 1 000 m2 destinés au pôle médical et près de 1 900 m2 de surfaces commerciales. Les programmes de logements concernent essentiellement de l’habitat collectif, sous des formes diverses mais avec une architecture innovante, ainsi qu’un front de maisons de ville, destinées à l’accession sociale, qui assurera la liaison avec le tissu urbain existant. A l’entrée du quartier, une place s’organise autour des équipements pour créer un pôle de vie. Le quartier Kléber doit aussi offrir une qualité exemplaire en matière environnementale. Bâtiments BBC, récupération des eaux de pluies, végétalisation, espaces publics paysagers, choix de matériaux innovants et durables, création de circulations douces, piétons et vélos, priorité aux transports en commun. Une liaison avec le centre ville doit être créée, créant ainsi une nouvelle entrée de ville. Le plan d’ensemble a été confié à l’agence d’urbanisme et d’architecture Samazuzu, de San Sebastian. Les logements locatifs sociaux et en accession sociale seront réalisés par la société de HLM Erilia. Des opérateurs privés seront désignés, dans le cadre d’un appel d’offre, d’ici la fin de l’année pour les résidences destinées au marché libre.

")