Enquêtes

Bayonne

Vendredi 14 octobre 2011
Du centre à la périphérie, une stratégie cohérente d'urbanisme.

Avec Marinadour, la ville de Bayonne requalifie son entrée de ville avec un projet contemporain à deux pas du centre ancien.

Une offre de logements qui bénéfice de la réalisation en cours de l’éco-quartier du Séqué, dans une logique de mixité et d’insertion environnementale poussée.

Au début 2012 seront lancés les travaux de Marinadour. Dans le secteur de la tête de pont, sur la rive de l’Adour, le projet Marinadour représente aujourd’hui la plus importante opération d’aménagement urbain, après l’éco quartier du Séqué et exception faite de la requalification du quartier d’habitat social des Hauts-de-Bayonne. Jean Grenet, maire de Bayonne, en témoigne. «Cette opération représente un projet d’envergure pour la ville de Bayonne mais aussi pour toute l’agglomération. Elle incarne une vision de modernité qui marque la volonté de la ville de s’ouvrir sur l’avenir ». Sur un vaste terrain entre les Allées Marines et le boulevard du BAB, un vaste programme est ainsi en gestation qui implique, dans une volonté de mixité fonctionnelle, habitat, activités tertiaires, commerces, hôtel. Au total près de 40 000 m2 de SHON. La réalisation de ce programme, un investissement global estimé à 110 millions d’euros,  a été confiée  au groupe Kaufman & Broad. Pour le directeur sud-ouest de celui-ci, Jacques Rubio, l’enjeu est de taille. « À proximité immédiate du centre ville, Marinadour représente un véritable pôle de développement. D’autant que doit se créer dans la même zone un centre commercial autour de l’enseigne Ikéa qui va ajouter à l’attractivité du quartier. Nous avons conçu ce projet, à la demande de la ville, dans un esprit qualitatif très poussé, ce qui nous a amené à lancer un concours d’architectes auxquels ont répondu plusieurs grands noms, comme Busquets, De Portzamparc, Fortier, Buffi,  Michelin… ».

Ce sera au final le catalan Josep Lluis Mateos, un architecte de renommé internationale, associé au paysagiste Michel Desvignes  qui sera choisi. « Cette opération va permettre de transformer cette entrée de ville » souligne Jean Grenet. «Elle permet de mieux définir les enjeux, au regard des priorités de l’agglomération, en termes d’accès au logement et de mobilité durable ».

Environ 350 logements sont prévus sur le site, dont 30 % de logements sociaux ainsi que des logements destinés à l’accession sociale à la propriété, une résidence seniors, à côté de 6 000 m2 de commerces, des bureaux et un hôtel 4 étoiles. Les travaux doivent démarrer début 2012 pour une première livraison en 2014.

Un éco-quartier en périphérie

Le projet Marinadour représente une bonne illustration de la stratégie de la ville en matière d’aménagement urbain : valoriser le centre ville, tout en développant une offre en logements susceptible de répondre à une demande, sans cesse croissante, qui concerne pour une bonne part des personnes originaires de l’agglomération. Ce qui implique de créer de nouveaux quartiers dans le cadre d’une extension maîtrisée de la ville. Après la ZAC d’Arrousets c’est aujourd’hui le cas de l’éco-quartier du Séqué dont l’aménagement a été confié, toujours dans le cadre d’une ZAC, à la SEPA (Société d’équipement des pays de l’Adour). Primé dans le cadre du concours Ecoquartier lancé en 2009 par le ministère de l’écologie et du développement durable, l’éco-quartier du Séqué, à la périphérie nord de la ville, doit permettre, sur une quinzaine d’hectares et une dizaine d’îlots, la réalisation de 625 logements, dont 35% logements locatifs sociaux ou en accession sociale et 21% de logements à coûts maîtrisés avec un prix de vente entre 2 300 euros et 2 500 euros le m2. 1 600 personnes sont appelées à vivre sur le nouveau quartier.

L’ensemble des logements seront labellisés BBC. Le projet, conçu en concertation avec les futurs habitants, implique une forte insertion environnementale et paysagère. La gestion de l’eau et des déchets, recyclés, représentent d’autres points forts, ainsi que les circulations douces, piétons et vélos, avec une place limitée de la voiture.

Six architectes ont travaillés sur la conception des logements. Un architecte médiateur, Duncan Lewis, assurant la cohérence globale de l’organisation de l’espace et des divers programmes. Quatre opérateurs interviennent sur la première tranche, Anthélios,  SAGEC, la coopérative de HLM COL, Procivis, et le groupe Ezker, avec les premières livraisons dés la fin 2011.

Le renouveau des Hauts-de-Bayonne

Une autre opération majeure, de longue haleine, concerne par ailleurs la requalification du quartier d’habitat social des Hauts-de-Bayonne, ou quartier de Sainte-Croix. Cette opération, financée par  l’ANRU (agence nationale de rénovation urbaine), doit se poursuivre jusqu’en 2013 avec un investissement global de 80 millions d’euros. Elle concerne quelque 2 200 logements, mais aussi une restructuration et un aménagement des espaces publics. Cette opération de renouvellement urbain implique la rénovation de certains ensembles, par exemple les immeubles construits par Marcel Breuer, considéré comme l’un des maîtres internationaux de l’architecture moderne dans les années 60, ou la construction de nouvelles résidences, tels les programmes confiés à l’office public de l’habitat dans le secteur de Habas-les-Vallons. Une opération complétée par divers équipements publics, tels le nouveau centre nautique qui a été inauguré au début de l’année.

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