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Anglet

Lundi 18 octobre 2010

Anglet, une ville ouverte, accessible à tous

Développer l’offre de logements en apportant une réponse adaptée à tous les besoins. Tel est le défi qui se pose aujourd’hui à la ville centre du BAB. Une politique urbaine qui repose sur deux piliers : favoriser la mixité et mettre en œuvre les principes du développement durable à l’exemple de l’éco-quartier du Maharin

 

© LE DOARE

 

Le PLU  d’Anglet est aujourd’hui en cours de révision. Le nouveau plan local d’urbanisme, déclare Jean Espilondo, maire d’Anglet, doit servir de cadre à une dynamique nouvelle de développement et répondre aux enjeux en matière de logement. « Un développement urbain maîtrisé, qui assure la diversité des fonctions urbaines et la mixité sociale, une gestion économe et équilibrée des espaces tout en assurant la maîtrise des déplacements et la préservation des milieux ». Mais le PLU, souligne le maire, doit aussi s’inscrire dans une démarche plus globale, un véritable projet de ville, dans lequel s’inscrivent désormais les réalisations en cours ou en projet.
Le problème majeur d’Anglet, lié certes à l’activité du pays basque, mais aussi à la difficulté pour les habitants du cru de trouver une solution dans la commune voisine,  Biarritz, demeure celui du logement. «Les jeunes ménages sont trop souvent obligés de s’éloigner pour se loger. En dix ans nous avons gagné 4 000 habitants supplémentaires, mais perdu dans nos écoles 500 élèves,  alors même que le population scolaire sur l’ensemble du pays basque reste stable. 94% des logements construits ces dernières années, avec des prix qui peuvent atteindre 4 200 euros le m2, ne sont accessibles qu’à 20% de la population.
Pour inverser cette tendance il faut donc construire, et construire pour tous ». Traduction de cette volonté, la ville se fixe un objectif de 2 100 logements supplémentaires à l’horizon 2015, soit 350 nouveaux logements par an, dont 150 logements locatifs sociaux ainsi que 90 logements en accession sociale ou à un prix abordable, d’ici là.
Afin de favoriser cette nécessaire accessibilité, 30% de logements sociaux sont imposés pour toute opération immobilière supérieure à 2 000 m2.

Construire la ville sur elle-même

Mais la commune, explique Jean Espilondo, dispose de réserves foncières très limitées. « Nous devons impérativement limiter l’étalement urbain. Ce qui signifie qu’une certaine densification est aujourd’hui nécessaire. Il faut savoir construire la ville sur elle-même ».
Une réflexion sur les secteurs à urbaniser à l’avenir s’impose donc. Elle devrait concerner en premier chef les bordures de la RD 810, l’ex RN 10, et le boulevard du BAB, un axe stratégique qui assure la liaison entre les trois villes de la communauté d’agglomération.
« Mais cette urbanisation ne peut faire l’économie d’une réflexion sur les transports et la mobilité. La création d’un transport en commun en site propre sur le boulevard du BAB s’avère par exemple indispensable ».
Une autre possibilité concerne la construction de logements, lorsque l’occasion se présente, sur des friches industrielles. C’est le cas pour le site de l’ancienne usine Baby-Relax ou trois programmes, par Bouygues Immobilier, la SAGEC et Alday, sont en cours représentant 500 logements livrés courant 2010 et 2011. Autre opération largement engagée, la ZAC de Hausquette, réalisée sous maître d’ouvrage de la communauté d’agglomération. Environ 5000 m2 de logements sont prévus sur 6 hectares à côté d’activités tertiaires et commerciales, selon le principe évoqué de mixité. Les premières livraisons sont en cours.

Une véritable cité jardin

Le projet phare, désormais en phase opérationnelle, concerne cependant le futur éco-quartier du Maharin. Dans la plaine traversée par le ruisseau du même nom, 250 à 280 logements doivent bientôt sortir de terre. A l’origine il avait été envisagé de construire entre 300 et 400 logements, mais une longue phase de concertation avec les habitants a permis d’affiner le projet. L’éco-quartier du Maharin, mis en œuvre par la SEPAC (Société d’équipement du Pays Adour) dans le cadre d’une maîtrise d’ouvrage déléguée répondra en tout point aux principes du développement durable.
« Le projet doit traduire la perception d’Anglet comme une véritable cité jardin, tout en privilégiant la mixité résidentielle, de la maison individuelle ou groupée au petit collectif » affirme Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire délégué à l’urbanisme. Une attention particulière sera ainsi attachée aux espaces publics et aux circulations douces, piétons et vélos, toute réalisation de voie de transit est exclue, les hauteurs seront limitées à R+3, plusieurs équipements publics sont prévus et les espaces verts paysagés, près de 4 hectares, tiendront une place conséquente.
La ville travaille enfin au montage d’une opération exemplaire sur les terrains « Hirigoyen », non loin du boulevard du BAB, dont elle assure désormais la maîtrise foncière. Une opération dédiée au logement social, ainsi qu’à l’accession sociale à la propriété qui contribuera à la mise sur le marché d’une offre à la portée de tous.

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