Dossiers

Les tendances d'habitat dans les villes futuristes

Lundi 27 mai 2019

Comment vivrons-nous dans les villes du futur ?

 

Dans la ville comme dans les foyers, le numérique a pris une importance considérable, aidé par deux évolutions majeures : la collecte de données et l’émergence du Smartphone.

Le numérique accélère la transition et l’émergence de nouveaux modes de vie : des logements de plus en plus connectés, pour des citoyens de plus en plus connectés.

L’augmentation constante du coût de la vie, la volonté pour le plus grand nombre de faire des économies, la prise de conscience écologique et, ne l’oublions pas, l’engouement pour les nouvelles technologies connectées, ont fait émerger le besoin d’interagir avec son logement, pour contrôler et réguler ses consommations.

Les prix de l’immobilier et le manque de place dans les grandes villes sont autant de facteurs qui contribuent à l’émergence de nouveaux modes d’habitats à travers le monde. Des espaces partagés aux immeubles forêts, de nombreux architectes et urbanistes, parfois sous la direction de collectivités, imaginent la vie citadine de demain. À ce titre, les villes d’aujourd’hui tendent de plus en plus vers l’intelligence. La Smart City, impulsée par le développement de l’intelligence artificielle et la collecte de données, appelée “data”, a pour objectif de faciliter la vie au quotidien et d’assurer un service public au plus près des besoins des citoyens, tout en maîtrisant ses propres ressources.

 

Les projections de villes futuristes

Les grandes villes se lancent toutes dans une course à l’intelligence, d’où l’utilisation croissante de l’appellation “Smart City”. Soutenue par l’arrivée de l’Internet des objets, cette nouvelle définition de la ville change la façon dont les services municipaux sont pensés.

 

La Smart City, intelligente et ultra connectée, est une ville qui collecte les données générées par ses habitants et ses infrastructures pour améliorer la qualité de vie des habitants et optimiser les ressources.

Les premières applications concrètes sont visibles aujourd’hui : l’arrivée de la 4G dans les métros par exemple (Toulouse est la 1ère ville à en être équipée en France) ou encore des compteurs d’électricité connectés dans les foyers, eux-mêmes reliés à un réseau électrique intelligent qui optimise la production et distribution d’électricité en temps réel dans toute la ville (appelé “Smart Grid”)...

Ce modèle de ville entend aussi répondre au phénomène d’urbanisation croissante, qui pose la problématique de la répartition des personnes et des ressources. L’Organisation des Nations Unies estime qu’en 2050, dans le monde, 2 personnes sur 3 vivront dans les villes en  raison des changements démographiques observés actuellement et de la croissance démographique globale.

Des architectes, urbanistes et chercheurs réfléchissent et proposent de nouvelles façons de construire (plus haut, plus petit ou sur l’eau), de vivre ensemble et en harmonie avec une “nature citadine”.

 

Le Biomimétisme

 

Le biomimétisme, que certains appellent aussi bio-inspiration, consiste à imiter des modèles, systèmes et éléments de la nature dans le but de résoudre des problèmes humains complexes. Dans l’architecture, il se traduit par la conception de bâtiments en s’inspirant des formes de vie animales ou végétales qui, par des processus évolutifs, ont su s’adapter à leurs milieux. Si Antoni Gaudi est le pionnier en la matière avec la Sagrada Familia à Barcelone, le projet Ecotone à Paris se présente comme le premier grand projet globalement biomimétique en France et le plus grand bâtiment en bois d’Europe. Avec une livraison prévue pour 2023, ce bâtiment, dont la façade est couverte de végétaux, est conçu pour être à 95% autonome en énergie grâce à une combinaison de sources d’énergie (panneaux solaires, éoliennes urbaines, unités de méthanisation pour recycler les déchets organiques, dispositifs de récupération de la chaleur des eaux usées). Son design tout en verre et en transparence vise en outre à se fondre dans le paysage.  Grand de 82 000 m², il prend des airs de termitière géante.

 

L’économie de partage

 

Dans un monde où l’économie du partage (ou économie collaborative) se développe, comme le partage des longs trajets en voiture (Blablacar) ou de son appartement pour les vacances (AirBnB), il devient désormais naturel de voir naître des formes de partage d’espaces de vie et de travail. Aujourd’hui, il existe une palette de nouvelles façons de vivre en communauté allant de “l’habitat participatif” aux “lieux collaboratifs”. De manière générale, elles fonctionnent sur la mise en commun, plus ou moins poussée, de ressources.

L’habitat participatif est une démarche citoyenne où des personnes se regroupent pour concevoir ensemble leur logement et leurs espaces mutualisés. Ce mode de vie réussit le pari de combiner à la fois la maîtrise de l’urbanisation, la lutte contre l’exclusion ou encore le développement durable.

Le principe ? Chaque futur acquéreur définit ses propres besoins pour son logement et sa situation dans le programme ainsi que la surface de son logement et les pièces qu’il souhaite mettre en commun avec le reste de la communauté. Les charges de ses espaces sont partagées entre les habitants qui les utilisent et des règles de fonctionnement sont définies pour en assurer le fonctionnement.

 

La résidence “Aux 4 vents“ (Groupe des Chalets avec le collectif ABRICOOP), dans le quartier de La Cartoucherie à Toulouse, est la plus grande résidence d’habitat participatif de France.

Autre déclinaison du concept d’habitat participatif, le co-living. Les résidences de ce type séduisent principalement les étudiants et les jeunes actifs. Ici chacun dispose d’une chambre privative ou en collocation et profite d’espaces partagés (cuisine, salon, bureau, salle de sport…).

Le tout s’intègre dans un écosystème plus large de services et de loisirs (conciergerie, évènements/ animation de la communauté, services de ménage, room service…). Ce mode de vie est aussi très flexible et sans engagement : il est possible d’y vivre au mois ou à la semaine. Pas de bail, donc moins de contraintes !

 

À deux pas du Vieux Port à Marseille en France, sur plus de 4 000 m², le premier immeuble de co-living en France est signé The Babel Community alors qu’aux Etats-Unis, le co-living est déjà bien répandu.

Common, par exemple, propose des appartements en co-living selon la ville souhaitée, le budget et la durée de séjour.

 ur un autre registre, celui du co-working, le leader mondial WeWork a développé son concept d’espaces de travail partagés ultra-flexibles dans le monde.

À l’échelle d’une ville, Séoul est l’un des exemples les plus concrets. La capitale hyper-connectée de la Corée du Sud entend convertir ses 10 millions d’habitants à l’économie collaborative à travers son projet de Sharing City (“ville de partage”).

Une plateforme web regroupe aujourd’hui tous les acteurs et tout ce qui est à partager (voiture, outils, logement, vêtements ou encore jouets).

La ville est particulièrement bien connectée aux nouvelles technologies, ce qui permet un meilleur échange entre les Séouliens.

Ici, la 4G est partout, même dans les transports en commun, et la ville peut se targuer d’avoir la connexion internet la plus rapide du monde.

 

La vie souterraine

 

Pour pallier le manque de logements dans les centres-villes, répondre à la forte densité dans les grandes métropoles ou encore réagir aux changements climatiques, de nombreux facteurs contribuent au développement de la construction souterraine.

L’urbanisation souterraine est l’une des stratégies adoptées par la ville de Montréal, au Canada, dans le but premier d’éviter les intempéries de l’hiver. Le “Montréal souterrain” ou réseau piétonnier souterrain de Montréal (RÉSO) est un réseau de ville souterrain couvrant 32 kilomètres de tunnels. Il permet de relier de l’intérieur le métro à plusieurs édifices tels que des bureaux, des complexes résidentiels, des centres commerciaux, des universités ou des hôtels.

 

La vie sur l’eau

 

Les Pays-Bas connaissent très bien le phénomène des montées des eaux et sont très au fait des conséquences du réchauffement climatique. L’agence d’architecture Waterstudio développe depuis 12 ans déjà des projets sur l’eau, notamment aux Pays-Bas. Elle s’est donnée comme défi de trouver des solutions aux problèmes posés par l’urbanisation et le changement climatique : “Étant donné qu’environ 90 % des plus grandes villes du monde sont situées sur le front de mer, nous sommes parvenus à une situation où nous sommes obligés de repenser notre façon de vivre avec de l’eau dans l’environnement bâti”, explique l’architecte Koen Olthuis de l’agence Waterstudio.

 

La verticalité et les immeubles forêts

 

Bien que des projets de constructions souterraines et sous-marines existent, les modèles de développement en hauteur semblent être plébiscités dans un futur proche par les collectivités, urbanistes et architectes.

Plutôt que de construire toujours plus loin, grignotant les terres agricoles cultivables et les forêts, plusieurs pays en pleine explosion démographique portent leur regard vers le ciel.

La construction de forêts en verticalité est l’une des solutions adoptées par de grandes métropoles dans le monde afin de ramener la nature dans un environnement fortement urbanisé et de réduire la pollution.

Les arbres absorbent, en effet, une grande quantité de microparticules et de CO2 produits notamment par les voitures.

Dans le quartier milanais de Porta Nuova, à Milan, 2 tours de 110 et 76 mètres se dressent majestueusement au milieu d’un quartier en plein renouveau. Nommé le “Bosco Verticale” et imaginé par l’architecte et urbaniste italien Stefano Boeri, l’ensemble précurseur en la matière a été livré en 2015. Il est agrémenté de 20 000 plantes et arbres, soit l’équivalent de deux hectares de forêt sur deux immeubles. Les différentes variétés végétales ont été choisies et positionnées en fonction de leur résistance au vent et de leurs préférences en matière de luminosité ou d’humidité. Ce type de construction est également fortement plébiscité en Chine, dont les projets se multiplient.

Deux tours végétales similaires au “Bosco Verticale” de Milan sont en construction à Nanjing, dans la province chinoise du Jiangsu (Est de la Chine). Elles accueilleront pas moins de 1 100 arbres issus de 23 espèces locales ainsi que 2 500 arbustes et plantes grimpantes. Selon l’architecte Stefano Boeri, ces deux tours vertes absorberont plus de 35 tonnes de CO2 par an.

 

Les micro-appartements

 

La densité de population record fait grimper les prix de l’immobilier… Dans les grandes métropoles, où le prix au m² atteint des sommets, les micro-appartements proposent une alternative financière intéressante.

En Asie, notamment en Chine et au Japon, la pratique des appartements “capsule” est largement répandue.

Après les maisons-cages (lits superposés grillagés) d’après-guerre offertes aux ouvriers chinois venus travailler à Hong-Kong, de nouveaux appartements inspirés de ces derniers poussent dans la ville.

Sans fenêtre et pour 335€/mois, ces appartements “capsules” aux allures futuristes s’empilent dans des locaux sommaires. Les locataires disposent entre autre du Wi-Fi, d’un écran télévisé, de l’air conditionné, d’un verrouillage de la porte par une carte électronique (comme les chambres d’hôtel) et partagent ensuite la salle de bains et la cuisine.

 

En Occident, aux Etats-Unis, les micro-appartements existent déjà depuis 10 ans. Ils sont de véritables appartements dotés de presque tout le confort nécessaire. L’optimisation de l’espace et du rangement,  l’ergonomie de l’appartement ainsi que la fonctionnalité sont à la base de la réflexion de la conception de ce type de logement. Des solutions telles que des lits escamotables, du mobilier intégré et des mezzanines sont souvent utilisées. En plus de leur espace privatif, les habitants disposent d’aires communes (terrasses sur le toit, piscine, salon commun, salle d’entraînement, etc.), considérées comme le prolongement de leur appartement.

")