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Toulouse : des projets « utopiques » pour penser la ville de demain

Vendredi 7 juin 2019
Pour la 4ème année consécutive, la FPI Occitanie Toulouse Métropole et des professionnels de l'immobilier ont accompagné les étudiants du Master en architecture dans un projet de fin d'études destiné à apporter des réponses aux enjeux de développement de l'agglomération toulousaine, dessinant ainsi les contours de la métropole de demain.

Cette année, c'est une profonde réflexion portée sur l'évolution des transports de la Métropole que les étudiants ont présenté hier à un public aguerrit, en présence de Stéphane Aubay, président de la FPI Occitanie Toulouse Métropole, de Laetitia Vidal, en charge de la communication de l'événementiel et de ce projet à la FPI, d'Uli Seher, responsable pédagogique et architecte DPLG, ainsi que deux urbanistes de renom Joan Busquets et Louis Moutard.

Une démarche de transversalité professionnelle

 

Au-delà de l’aspect pédagogique, ce module d’enseignement baptisé « Utopies » a pour but de créer une réflexion partagée entre professionnels de la promotion immobilière, enseignants et étudiants, afin de faire émerger des visions communes et des solutions innovantes aux défis du développement urbain.

 

D’autre part, il permet aux étudiants de mieux connaître la diversité des acteurs du secteur, notamment le rôle des promoteurs parfois mal perçu par la profession et leurs modes de travail, facilitant ainsi leur future intégration professionnelle : « nous voulons que les étudiants comprennent qu’architectes et promoteurs sont complémentaires », précise Stéphane Aubay, président de la FPI Occitanie Toulouse Métropole.

 

 

Les utopies « ferro-pheriques » ou la question centrale des transports en commun

 

Au programme de cette 4ème session « Les Utopies Ferro-phériques », ou comment réinventer les réseaux de transports, notamment ferroviaires et routiers, de l’agglomération toulousaine.

 

« Les réflexions doivent sortir de l’école », insiste Uli Seher, responsable pédagogique, qui précise également que les travaux de recherche peuvent, à plus d’un titre, nourrir les réflexion de la métropole sur la place du transport en commun. À l’heure de la création d’une future ligne de métro et d’un téléphérique ou encore de l’arrivée d’une ligne LGV, le sujet des infrastructures de transports est plus que d’actualité.

 

 

Les projets sélectionnés

 

Durant un semestre, 35 étudiants de Master 2 de l’ENSAT se sont donc interrogés sur des enjeux aussi essentiels que la connectivité des pôles multimodaux, le rôle sociétal de l’espace public ou l’urbanisme transitoire. Des échanges avec des habitants, des enquêtes avec des gestionnaires et l’observation d’usages illicites dans le territoire alimentent également leur réflexion.

 

Les résultats de ces travaux de fin d’étude à la fois prospectifs et innovants ont été présentés aux professionnels le 6 juin au Village by CA de Toulouse, en présence des urbanistes internationaux Joan Busquets et Louis Moutard.

 

 

1.     Pôle Multimodal Niel, par diplômant Cyril Hermosilla

Pour pouvoir assumer l’augmentation du transport en commun La Métropole Toulousaine de demain se dote de trois pôles gares principaux : La gare Matabiau, Les Arènes et le nouveau pôle multimodal de Niel. Une plus grande disponibilité foncière par rapport à Saint-Agne, une station de métro fantôme en son sous-sol aujourd’hui inexploité ainsi que la proximité du périphérique rend se projet niché dans la pente du terrain évident. Accompagné par la transformation du boulevard périphérique en boulevard urbain accueillant un tramway circulaire sur tout son tracé, ce pôle s’impose comme nouvelle centralité articulant activité, habitat et commerce avec la topographie paysagère de Pech David.

 

2.      Parc du Palays par la diplômante Lisa Camper

L’échangeur du Palays est aujourd’hui un des ouvrages routiers les plus complexes

de France posé sur une topographie artificielle séparant physiquement le campus universitaire Paul Sabatier, le Centre National d’études Spatiales de L’Ecole Nationale Supérieure Agronomie et de l’Innopôle de Labège. Grâce à la pacification du périphérique en boulevard urbain et le changement d’affectation radical de ses bretelles, un parc centipède en trois dimensions relie l’ensemble des entités bordées d’équipements de recherches

partagés. Ce projet de centre scientifique se glisse alors dans un parcellaire hors norme formé par l’ancien échangeur profitant d’une topographie et d’ouvrages aussi artificiels que réinterprétés.

 

3. L’îlot Culture par la diplômante Manon Jauzac

La pacification du boulevard périphérique toulousain en boulevard urbain sur sa trajectoire

ouest génère, en dehors de l’accueil d’un tramway circulaire pour une mise en réseau efficace des systèmes déjà en place, la valorisation de friches en bordure de route. En bordure du campus de l’INSA, au croisement avec le Canal du Midi, le boulevard s’est creusé d’une faille passant en dessous du Canal du Midi. Il s’agit alors d’un espace commercial, social et culturel qui amorce la topographie tout en exploitant cette nouvelle terre agricole pour la production. L’ancien périphérique se transforme alors en médiateur entre ville et campagne redonnant au Canal du Midi son rôle historique de transport de marchandise

agricole.

 

4. La pyramide d’Oncopole

La transformation du périphérique en boulevard urbain, l’activation de la route d’Espagne en tramway et la liaison de transports en commun avec les Arènes génèrent une nouvelle centralité au nord de l’Oncopole appelant une redéfinition des infrastructures routières et l’accueil d’un pôle de mobilité. Cet emplacement identitaire et clé en bordure de la Garonne et de son parc, avec une vue dégagée sur les Pyrénées sera la nouvelle centralité, entrée de ville faisant cohabiter commerces, restaurants, hôtels et hôtels d’entreprises

au-dessus d’un pôle de mobilité. Cette émergence pyramidale de 30 niveaux reflètera l’identité de la Métropole toulousaine sculptée pour une génération tournée vers la réintroduction de la nature en ville.

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