Actualités

Le Plan Logement dévoilé

Jeudi 21 septembre 2017
Attendue la stratégie "Logement" du gouvernement. Retenons une belle avancée avec une feuille de route lisible pour les 4 années à venir. Certes, si cette stratégie ne peux faire l'unanimité, elle semble pour le moins assurer une bonne santé pérenne de l'immobilier neuf. J'achète mon 1er logement neuf fait le point pour vous.

Plan Logement : entre satisfaction, pragmatisme et inquiétudes

 

Le Gouvernement a tenu parole en présentant le 20 septembre les mesures contenues dans le Plan Logement. Même si les détails de ces engagements restent à préciser, le contour du Plan Logement est connu. Si certaines mesures étaient attendues, d’autres, redoutées comme le recul du dispositif Pinel ou du PTZ, seront bel et bien appliquées.  Pourtant, de la FFB à la FPI, les réactions sont divergentes.

 

Indéniablement, le Gouvernement a travaillé sa communication et présente le logement sous forme de trois piliers. Le premier « construire plus, mieux et moins cher » intègre l’abattement fiscal sur les plus-values  pour la vente de terrains en zones tendues « afin d’accélérer la libération du foncier et construire rapidement des logements ». Tout le monde semble satisfait d’apprendre qu’aucune nouvelle norme ne sera appliquée, que les recours abusifs contre les permis de construire seront encore plus sanctionnés. La création d’un bail numérique pour simplifier les démarches, d’un dispositif d’intéressement financier à la construction pour les collectivités, d’une simplification des normes, tout cela semble « pragmatique ».

Dans la foulée, le pilier « répondre aux besoins de tous » avec l’annonce d’un bail mobilité qui devrait faciliter la colocation, de la construction de 80 000 logements pour les jeunes actifs et étudiants, l’incitation à la mobilité dans le parc social, est de nature à donner le sourire à certains. Enfin, « améliorer le cadre de vie » fait aussi partie des priorités : doublement du programme de renouvellement urbain, connexion sur tout le territoire sont autant de bonnes nouvelles. « Les annonces du Ministre et de son Secrétaire d’Etat font preuve de bon sens et de pragmatisme : ces orientations stratégiques révèlent une véritable vision d’ensemble, que nous attendions depuis longtemps ! », s’est empressé de déclarer Bernard Cadeau, Président du réseau immobilier ORPI. Pour la FPI, cette « stratégie Logement », « fondée sur les attentes et les besoins des français », « se démarque par sa transversalité ». Alexandra François-Cuxac, la présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers, salue l’ensemble des mesures annoncées, notamment « la pause normative », mais aussi « la libération du foncier et la lutte contre les recours abusifs ». Pourtant, du côté de la FFB, si Jacques Chanu s’est aussi félicité « des annonces faites par les ministres Jacques Mézard et Julien Denormandie, il  déplore « que la question du bon phasage des mesures ait été, pour partie, ignorée ».

 

Quid du PTZ et du dispositif Pinel ?

 

Comme le souligne Jacques Chanu, il y a tout de même un hic dans ces annonces. Et notamment sur le PTZ que l’Etat estime mal « ciblé ». Le PTZ pour l’achat d’un logement neuf concernera les zones A, Abis et B1 pour une durée de quatre ans, avec « une souplesse de transition sur la zone B2 durant l’année 2018. Pour soutenir la revitalisation des secteurs détendus, notamment les villes moyennes, le PTZ pour l’achat d’un logement ancien à rénover sera recadré sur les zones B2 et C pour une durée de quatre ans ». Pour la LCA-FFB, « la mise sous soins palliatifs du PTZ en zone B2 durant l’année 2018 ne constitue qu’une transition pour une mort annoncée, qui sera extrêmement dommageable pour la production de logements et l’accession à la propriété des plus modestes. Dès 2019, les ménages modestes de la zone B2, privés d’aides, se verront contraints à un éloignement pour rejoindre des zones de foncier moins cher, soit un effet inverse à la volonté de recentrer les constructions dans les zones les plus urbanisées ». On remarquera aussi que la zone C a « brutalement » disparu du PTZ…

Pour les investisseurs, la soupe sera peut-être à la grimace, dans la mesure où le dispositif Pinel sera recentré sur les zones A, Abis et B1 pour quatre ans. La FFB regrette ainsi que le gouvernement n’ait pas retenu la même méthode que pour le PTZ en B2, à savoir une période de transition. Pour le président de la FFB, « l’appui de la profession dépendra aussi du détail des mesures. Il convient de lever au plus vite les incertitudes qui persistent, notamment sur le logement social, la transition énergétique et numérique, la lutte contre la fracture territoriale. Les marchés ont besoin de visibilité. Enfin, le débat sur les zones B2 et C ne saurait être clos avec le seul PTZ ancien ». Là encore, la FPI se démarque nettement des autres réactions lues ou entendues ici et là par d’autres organisations ou représentations du monde du bâtiment : « La prolongation en l’état pendant 4 ans du dispositif Pinel et du prêt à taux zéro en zones tendues est une très bonne nouvelle puisqu’ils sont indispensables dans ces territoires où la demande est très forte ». « Stratégie volontaire et pragmatique » pour la FPI, « véritable choc de l’offre » pour Orpi, « rupture de la cohésion des territoires et renforcement de la fracture territoriale » pour la LCA-FFB, « un signal très négatif » pour la FFB. Les investisseurs locatifs et les primo-accédants ne tarderont pas à indiquer qui avait raison.

")