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Le logement social en ordre de marche sur Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon

Jeudi 9 juin 2016
En 2010, souvenez-vous, la presse et les politiques tiraient à bout portant sur "les dodus dormants". Ce qui est sûr, c'est que ce qui était une image "grossière" hier ne reflète pas la réalité du jour tant le monde HLM est mobilisé pour mettre à la disposition de nouveaux logements ses trésors de guerre pour produire toujours plus. Au sein de notre grande nouvelle région Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon, la dynamique est bel et bien en marche.

Le monde Hlm prépare l’avenir du logement social en région

 

L’Union sociale pour l’habitat Midi-Pyrénées (USH Midi-Pyrénées) a organisé le 8 juin, à Toulouse, son assemblée générale lors de la semaine nationale des Hlm, sous la présidence de Jean-Michel Fabre. L’équation est simple : les acteurs Hlm des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ont attribué 32 565 logements en 2015 pour 124 000 demandes. Explications.

 

 

L’assemblée générale de l’USH Midi-Pyrénées a vu la présence de Jean-Louis Dumont, Président de l’Union sociale pour l’habitat, Denis Rambaud, Président de la Fédération nationale des associations régionales et, évidemment, à l’heure de la fusion territoriale, Robert Alric en qualité de Président de l’URO Habitat Languedoc-Roussillon. C’est dire que l’heure est à la réflexion sur les enjeux d’un secteur primordial : « Cette assemblée générale a été l’occasion d’un dialogue déjà engagé entre les deux unions régionales, de surcroît en présence de Denis Rambaud et Jean-Louis Dumont », explique Sabine Véniel-Le Navennec, directrice de l’USH Midi-Pyrénées. Et de rappeler les trois enjeux de l’activité du logement social : répondre à un flux migratoire conséquent et régulier sur l’ensemble du territoire, notamment sur les deux métropoles de Toulouse et Montpellier ; permettre une activité économique non délocalisable (20 000 emplois induits) ; construction dans le cadre des politiques publiques locales tout en accompagnant les ménages dans un parcours résidentiel manifestement en panne.

 

Une offre volontairement diversifiée

 

La région LRMP (dans l’attente de son nouveau nom) est face à une équation simple : D’un côté 32 500 logements sociaux ont été attribués et, de l’autre, on recense 124 000 demandes. Une attribution pour 3,8 demandes, est-ce une situation tendue lorsque l’on sait que les perspectives de production en 2016 sont de 14 210 logements ? « Notre grande région part avec un handicap, celui d’un parc social qui représente 10,3 % des résidences principales, soit à un niveau inférieur à la moyenne nationale », explique Jean-Michel Fabre, président de l’USH Midi-Pyrénées. Pourtant, il convient de relativiser la forte demande constatée : un tiers des demandeurs est en effet déjà dans le parc social et la demande est motivée par volonté de changement en raison, par exemple, d’une évolution de la taille de la famille. Un tiers des demandeurs réside dans le secteur privé et près de 28 % est logé par un tiers, dont une part significative de jeunes qui ne disposent pas de revenus suffisants.

 Si l’on ajoute une forte croissance démographique et le fait que 60 à 70 % des ménages ont des revenus en dessous des seuils donnant accès aux logements sociaux, l’effort à produire est important ». Produire oui, mais n’importe comment : « Certes, nous avons besoin de beaucoup de PLAI car les loyers sont plus faibles, mais nous diversions l’offre avec des logements en PLS et la production de PSLA (1487 cette année, soit 106 % de l’objectif) reste le seul moyen  de d’accéder à la propriété pour une partie des ménages tout en libérant des logements locatifs ».

 

Vers un nouveau paradigme social ?

 

Une offre croissante, une production soutenue. Les 71 acteurs du logement social en région ont aussi mené une réflexion sur leur rôle. Certes les promoteurs du secteur privé réalisent des logements sociaux pour le compte de bailleurs sociaux en VEFA via les ventes en bloc, mais jusqu’à quelle limite ? « Les bailleurs sociaux sont aussi des constructeurs qui aiment maîtriser la qualité de leurs logements, poursuit Jean-Michel Fabre. Autant l’intervention des promoteurs privés est cohérente lorsque sont mises en place des clauses de mixité sociale par les collectivités, autant nous devons conserver cette mission. Car, en cas de crise du secteur privé, tous les moteurs du secteur du bâtiment lié au logements risqueraient de s’arrêter, d’autant que la construction de logements sociaux pèse 30 % du CA de cette filière », rappelle le président de l’USH. Dernier point et non des moindres : comment concilier besoin de production, aménagement du territoire et l’arrivée d’acteurs du logement éloignés de ce territoire ? « Le message que nous faisons passer aux collectivités est le suivant : nous sommes aussi des aménageurs du territoire et le travail autour de la question de la gestion locative est essentielle », lance Jean-Michel Fabre. Sous-entendu, les acteurs locaux ne sont pas ici pour faire des « coups » et repartir dans la foulée. Enfin, les deux USH ont commencé à échanger sur leurs bonnes pratiques, destinées à se généraliser. Par exemple le Languedoc-Roussillon dispose d’un EPFL d’Etat qui intervient sur le logement social et la question de son élargissement se pose devant l’intérêt évident de cet acteur. Quant à Midi-Pyrénées, rompu aux clauses d’insertion dans la construction, la fusion des deux USH pourrait être l’occasion de le généraliser à l’ensemble des bailleurs sociaux. Une approche éclairée face à des défis colossaux.

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