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"L'immobilier au Coeur", le regard nouveau d'Alexandra François Cuxac sur l’industrie immobilière

Mercredi 19 avril 2017
C'est un long plaidoyer « pour une nouvelle donne dans la politique du logement en France », intitulé « L'immobilier au Cœur », qu'Alexandra François Cuxac, femme chef d'entreprise et président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) vient de publier, à quelques jours du 1er tour de l'élection présidentielle. Ce travail de plus de 110 pages est téléchargeable sur le site de la FPI http://fpifrance.fr/fr/content/limmobilier-au-coeur-alexandra-francois-cuxac.

« Il faut supprimer le ministère du Logement »

 

 

Ce n’est ni un livre blanc ni un manifeste de plus proposé aux candidats à l’élection présidentielle. Le secteur de la promotion privée, qui représente 33 Md€ de chiffre d’affaires, près de 150 000 logements en 2016 et 25 000 emplois directs, a d’autres ambitions que de ramener l’enjeu à de simples revendications corporatistes. Cet ouvrage présente une partie quasiment pédagogique, expliquant, souvent sous un angle critique, les politiques du logements sous leurs aspects les plus structurants, comme l’accès au foncier, la mixité sociale, le rôle des élus… Ce travail de recension et d’explication, souvent très instructif, se complète d’un volet de dix propositions, issues d’un travail collaboratif mené avec les adhérents de la Fédération des promoteurs immobiliers. Un outil précieux consultable par chacun sur le site de FPI France.

 

Un ministère des Territoires

 

Ce n’est pas la moindre des provocations ou le moindre des paradoxes apparents qu’il est donné de lire dans cet ouvrage. « Le paradoxe du logement, c’est qu’il est inaudible dans le débat politique national, mais obsédant dans les débats locaux : combien de maires battus parce que les électeurs n’aiment pas les chantiers ? Combien de maires élus en promettant l’arrêt des projets en cours ? ». La liste pourrait être longue de ces contorsions qui n’en finissent plus de miner le débat et les prises de décisions au niveau national. Alexandra François Cuxac propose, pour en sortir de supprimer le ministère du Logement, non pas pour « supprimer toute responsabilité ministérielle sur le sujet », mais tenir compte de deux réalités qui sont souvent occultées : que les promoteurs fabriquent plus « de la ville » que de logements et ils répondent de plus en plus à la mixité de fonctions en ville avec le développement d’une offre tertiaire. La proposition qui tend à proposer un grand ministère des Territoires (écologie, la ville, les transports et l’immobilier) est destinée à prendre conscience que l’immobilier doit cesser d’être considéré comme une dépense publique ou un objet régulé, mais plutôt comme « un véritable marché, une industrie créatrice de valeur, un facteur de qualité de vie… ».  

L’ouvrage de la présidente de la FPI ne se résume pas – et de loin – à cette mesure. D’autres, très fines, sont également avancées, comme le transfert au niveau intercommunal de toutes les compétences « urbanisme » et « habitat », « y compris la décision d’octroi ou de refus des permis de construire ». C’est ce qu’Alexandra François Cuxac appelle la territorialisation qui n’est pas sans cohérence avec son approche au niveau national sur la façon d’aborder la problématique de l’habitat.

 

Du « vivre ensemble » à tous les étages

 

Intéresser les collectivités locales à la TVA générée par la construction de logements neufs, réduire le poids règlementations et – surtout – en calculer le coût de mise en œuvre, créer un régime d’abattement dégressif sur la taxation des plus-values immobilières, lancer une procédure accélérée face aux recours abusifs, ce sont autant de déblocages des freins à la construction qui sont ici proposées et dont la mise en œuvre ne paraît pas insurmontables que propose l’auteur de cet ouvrage. Car, derrière, c’est l’essentiel, le cœur de l’enjeu qui est en jeu si l’on peut dire : maintenir les quotas de la loi SRU mais pas à l’échelle des programmes, créer une TVA modulable pour favoriser l’accession des ménages modestes et un statut du bailleur professionnel pour faire de l’investissement immobilier un métier et non plus, ce qui est si souvent reproché, un simple placement, un hochet fiscal en quelque sorte. « Mettons les choses à l’endroit », c’est le message, le fil rouge de « l’immobilier au cœur », la possibilité enfin de penser réellement et de réduire « le décalage croissant entre les revenus et le coût du logement ». Comme conclut Alexandra François Cuxac, dans un environnement électoral où le logement a été si peu évoqué, ou parfois de façon simpliste ou caricatural, « la vraie solution, in fine, c’est de créer de la valeur, de la richesse, de l’activité, de l’emploi, de la croissance, et d’organiser leur partage. C’est aussi en tant qu’entrepreneurs que les promoteurs apportent leur pierre à l’édifice ». 

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