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Emmanuel Macron et la politique du logement

Mercredi 17 mai 2017
Statu quo, moratoire et continuité semblent être pour l'heure les maîtres mots de la politique du logement. Une attitude sage et rassurante pour un secteur sensible de l'économie. Un ministère pour l'instant qui est regroupé sous l'égide du Ministre de la cohésion et des territoires, Mr Richard Ferrand.

Des « bâtisseurs » à la tête de l’Etat ?

 

Tous ceux qui interviennent dans le secteur du logement s’interrogent sur les mesures que le nouveau Président de la république sera susceptible de prendre dans les prochains mois. Premières pistes.

 

Emmanuel Macron n’a pas de passé d’élu local et, et faute d’actions concrètes prises sur le terrain, il reste de se reporter à ses interventions, notamment lors de l’Orpi lab, le 28 novembre 2016, ainsi qu’au programme d’En Marche, ce dernier ayant constitué sa boussole au cours de la campagne présidentielle.

Dans le parc ancien, le chef de l’Etat se veut volontariste puisqu’il a annoncé la rénovation d’un million de logements mal isolés d’ici 2022 tout en promouvant la rénovation énergétique et thermique via un système baptisé « green deal ». Il est même favorable à l’ajustement des droits de mutations en fonction de la qualité de performance énergétique des logements.

Le logement à caractère social et, de façon générale la population modeste, n’est pas oublié. Outre une plus grande transparence sur l’attribution des logements sociaux grâce à un système de points basé sur des « critères objectifs » comme la taille de la famille ou le niveau de ressources, Emmanuel Macron souhaite tester un « bail de mobilité », d’une durée inférieure à un an, mais qui permettraient à des jeunes en CDD ou en période d’essai de CDI, voire à des intermittents, d’accéder à un logement locatif, « avec des droits plus restreints pour le locataire ».

 

  • Initier une vraie politique de déclenchement de l’offre, qui intègre une part de logement social, et non plus une politique de la demande, et favoriser ainsi une baisse des prix ;
  • Faciliter la mobilité, dans une société en perpétuelle évolution, notamment avec des politiques du logement différenciées selon les territoires et en construisant en zones tendues ;

Ont également été évoqués :

  • La confiance : Emmanuel Macron estime que les banques et les bailleurs ont besoin d’avoir des « mécanismes de garantie sur les impayés qui leur permettent de prendre plus de risquespour accompagner et accueillir les publics en difficulté ».
  • L’instabilité normative : il est selon Emmanuel Macron « nécessaire d’appliquer un moratoire pour évaluer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas et cesser de légiférer sans cesse ». C’est ainsi que, même s’il déplore le découragement des investisseurs et le risque de conservation prolongée du logement induits par l’encadrement des loyers, Emmanuel Macron souhaite conserver la mesure afin de l’évaluer. Elle sera supprimée si elle se révèle inefficace.

 

Un Premier ministre bâtisseur ?

C’est lui, par exemple, qui a eu l’idée de faire construire une résidence universitaire avec des conteneurs, comme on en voit aux Pays-Bas. Empilés sur 4 niveaux, pas moins de 100 studios pour étudiants sont installés depuis 2010 en lieu et place d’un parking. Plus récemment, il a piloté le chantier du palais des congrès, inauguré en décembre et envisage sérieusement d’équiper sa ville d’un téléphérique urbain, comme l’a fait Brest. Et il a rejoint Anne Hidalgo, maire de Paris, ainsi que Frédéric Sanchez, maire de Rouen, pour l’appel à projet «Réinventer la Seine».

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