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Emmanuel Macron à Toulouse : quel « Logement d’abord » ?

Mardi 12 septembre 2017
Souhaitons que le gouvernement sache garder la barre haute pour un secteur de l'économie qui fonctionne et permet de gagner de la croissance et de créer de l'emploi tout en permettant également aux "plus petits" de se constituer un patrimoine en faisant fonctionner le crédit bancaire. Fasses que Neptune nous entende et que le "logement d'abord" soit un pendant symbolique de la célèbre chanson du grand Georges.

Sec fluctua nec mergitur ?

Le déplacement du Chef de l’Etat, lundi 11 septembre, à Toulouse, destiné à apporter de nouvelles pistes sur la politique du logement a-t-elle définitivement écarté les zones d’ombres qui inquiètent les professionnels ? Accompagné de Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des Territoires, Emmanuel Macron a été accueilli par Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, président de Toulouse Métropole, Carole Delga, Présidente du Conseil régional d’Occitanie et Georges Méric, président du Conseil départemental de Haute-Garonne. Annonces et premières pistes.

 

Peut-on avancer que la visite d’Emmanuel Macron, à Toulouse, le 11 septembre, n’aura pas réduit les craintes que certains peuvent exprimer sur l’avenir du secteur du logement neuf ? Il convient de préciser que le Chef de l’Etat s’est rendu à Toulouse dans un but déclaré : celui de s’exprimer sur l’hébergement d’urgence. Il s’est d’abord rendu au centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) le Touril, en plein centre-ville de Toulouse, dont la mission est d’assurer l’accueil, le logement et l’accompagnement des femmes en grandes difficultés, seules ou avec des enfants. Cette visite s’est poursuivie par la participation d’Emmanuel Macron à une table-ronde  où figuraient notamment Franck Biasotto, Président de Toulouse Métropole Habitat et adjoint au maire chargé du logement et Daniel Rouge, adjoint au maire de Toulouse, en charge des affaires sociales, de la solidarité et de la santé publique. Pour le Gouvernement, il s’agit de décliner sa volonté de loger les personnes sans domicile. On dénombre actuellement 82 000 personnes sans logement et 440 000 en privation de logement personnel. Dans ce contexte le « Logement d’abord » vise à favoriser la sortie des personnes des hébergements d’urgence et leur entrée vers le logement de droit commun. Emmanuel Macron a ainsi annoncé la production et la mobilisation de 50 000 places de logements supplémentaires, dont 10 000 en pension de famille et 40 000 en intermédiation locative sur la durée du quinquennat. Par ailleurs il a confirmé l’augmentation de la production de logements très sociaux (PLAI) en les portant à 40 000 logements par an dès 2018.

 

Des mesures bientôt annoncées

 

C’est donc bien le volet social de la politique du logement qui a été mis en avant par le Président de la République. Or, les autres volets pourraient être connus demain, lors du Conseil des ministres, avec des mesures qui auront un impact sur le marché du logement neuf.  Ainsi, la fiscalité de la Loi Pinel pourrait connaître quelques ajustements selon les secteurs, alors que ce dispositif est clairement avancé comme l’un des moteurs du logement dans le secteur de la construction neuve. Les modalités de calcul de l’APL pourraient être revues afin d’en réduire l’enveloppe globale, notamment dans le parc social, où la baisse, voire la disparition des APL, inciterait les bailleurs du parc aidé à réviser leurs loyers à la baisse. De son côté, les critères d’accès au PTZ pourraient être, eux aussi, légèrement modifiés. Quant à la simplification des normes de construction pour « libérer » la construction de logements privés, demandée depuis longtemps par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), il a suscité une protestation de France Nature Environnement (FNE) qui réclame « la protection des citoyens de (certains) risques », notamment en lien avec les sites d’implantations des logements. Comme chacun l’aura compris, rien n’est encore clairement fixé et le paysage du logement dans le secteur libre, mais aussi social, devrait en savoir plus dans les heures et les jours qui viennent.

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